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Les forces de sécurité déployées en Inde après le vote du 8 février pour le Parlement de New Delhi. Le dépouillement est en cours le 11 février

L'Inde et les Etats-Unis, Mody et Trump, rencontre de deux dirigeants nationalistes

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L'Inde s'apprête à annoncer les résultats des élections au Parlement de New Delhi, qui devraient voir une défaite du parti au pouvoir le BJP de Narendra Modi, alors que le Premier ministre et homme fort du pays recevra le président américain dans deux semaines.

Les forces de sécurité déployées en Inde après le vote du 8 février pour le Parlement de New Delhi. Le dépouillement est en cours le 11 février
Les forces de sécurité déployées en Inde après le vote du 8 février pour le Parlement de New Delhi. Le dépouillement est en cours le 11 février Crédits : Rajat Gupta - Maxppp

New Delhi achève le décompte des millions de bulletins de vote glissés samedi pour élire le gouvernement local. Tous les titres suivent le dépouillement pas à pas et un constat partagé du Hindu au Times of India. Ce sera une défaite pour le BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi. Sur les 70 sièges en jeu, son rival de l'AAP devrait en rafler plus d'une cinquantaine. L'Indian Express rapporte que le quartier général de l'AAP à New Delhi s'est paré de rubans pour fêter la victoire annoncée mais il ne devrait pas y avoir de célébrations trop voyantes, en raison d'un climat toujours très tendu et exacerbé par le nationalisme que porte haut le BJP. 

Appels au meurtre

Certaines voix s'inquiètent même du retard pris dans le décompte, de l'imposant déploiement de sécurité dans la ville, et des assurances du BJP que les sondages sortie des urnes prédisant sa défaite seront démentis. Mais même s'il ne l'emporte pas, le parti du Premier ministre devrait faire un peu mieux qu'en 2015 quand son rival avait raflé 67 des 70 sièges, estime The Hindu. Le quotidien rappelle la très agressive campagne du parti du chef du gouvernement, qui a jeté toutes ses forces dans la bataille, certains ministres n'hésitant pas à appeler au meurtre de leurs rivaux. 

Car ce qui est en jeu, explique l'Indian express, c'est bien plus que 70 sièges dans la capitale, il s'agit de savoir si un jeune parti (l'AAP, le parti de l'homme ordinaire) qui a fait campagne sur l'éducation et la santé peut survivre, l'enjeu c'est un référendum sur la politique gouvernementale, il s'agit de voir si le nom de Modi est plus fort que la colère provoquée par la loi sur la citoyenneté.  La campagne s'est en effet déroulée sur fond de manifestations ininterrompues contre la loi sur la citoyenneté, qui cible les ressortissants musulmans.

L'Inde qui s'apprête à accueillir Donald Trump  C'est l'autre grand titre de la presse indienne ce matin, ce sera dans deux semaines les 24 et 25 février. Donald Trump et son épouse se rendront notamment à Ahmedabad, dans le Gujarat, écrit The Hindu, une étape spécialement concoctée pour rendre hommage à l'homme fort Narendra Modi, dont c'est l'Etat d'origine. On ne sait si le couple présidentiel se rendra également au Taj Mahal, se demande le Times of India, ce symbole d'amour et de paix, poursuit le quotidien qu'admire tellement Donald Trump qu'il a baptisé Taj Mahal Trump, l'une de ses propriétés d'Atlantic City. 

L'Inde pour contrebalancer l'influence de la Chine

Ce sera en tout cas la première visite du président américain en Inde, se félicite le journal, et l'un de ses rares déplacement bilatéral en solo avec son épouse. L'Inde et les Etats Unis devraient signer un accord commercial, assez limité reconnaît la presse indienne, qui met surtout l'accent sur les contrats militaires attendus. Près de 5 milliards de dollars pour l'achat par l'Inde d'un système de défense anti-aérien et d'hélicoptères. L'énergie sera également au menu, ajoute le Times of India, de zéro il y a une dizaine d'années, les achats indiens d'énergie aux Etats-Unis se montent aujourd'hui à 6 milliards de dollars et devraient atteindre les 10 milliards dans les deux ans. 

Qu'est ce qui est donc en jeu avec cette visite ? Au-delà de la similitude entre les deux dirigeants, deux hommes forts s'embarrassant peu du respect des droits de l'homme, écrit le site américain Axios, c'est une relation spéciale que devrait inaugurer Trump. Et c'est important, estime Axios, car l'Inde pourrait être à l'Amérique en Asie ce que fut le Royaume Uni en Europe au XXème siècle : l'allié le plus fiable parmi les grandes puissances. 

L'Inde présente aussi l'avantage, explique un chercheur cité par le site américain, de résister à l'agressivité chinoise. New Delhi snobe les Routes de la Soie chères au président Xi et tente de contrebalancer l'influence de Pékin en Asie du sud. Mais Trump ne perd pas pour autant de vue la scène politique intérieure. Il s'invite même dans la primaire démocrate. Ce n'est pas nouveau mais il fait preuve dans l'exercice d'une ferveur dépassant de loin celle de ses prédécesseurs écrit le Washington Post. Il était dans l'Iowa le mois dernier avant les caucus, le voilà dans le New Hampshire. 

La dynastie Trump

Si le monde a les yeux rivés sur ces Etats nous devons y être, explique au Post l'un des proches du président. Trump qui serait très heureux de voir que les analyses sur sa machine électorale supplantent dans les gros titres les primaires démocrates. Ce n'est pas tout à fait le cas mais il est vrai, écrit le Washington Post, que le président a réussi à s'imposer dans le champ de bataille boueux et encombré du parti démocrate, un parti désuni quand le sien est plus que jamais rassemblé derrière lui. Certes, poursuit le quotidien, les Démocrates jouent de sa présence pour dénoncer ses pratiques de division de la société, ses mensonges, comme l'a fait par exemple Bernie Sanders, mais l'image que dessine le Post est cruelle. Cette image, c'est celle de centaines de personnes qui font la queue dans le froid, patientent plusieurs heures pour assister au meeting de Trump à Manchester dans le New Hampshire, c'était la même chose à Des Moines le mois dernier, rappelle le Washington Post. Et lorsqu'il fait monter son fils Donald Trump Jr sur scène, la foule scande "forty-six" (46) rapporte The Hill 46 pour 46ème président. Trump, le 45ème, se voit à la maison Blanche pour un mandat de plus et prépare donc la succession.... Selon un sondage rapporté par The Hill, un tiers des Républicains se disent déjà disposés à voter pour Donald Trump Junior s'il se présente en 2024.

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