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Soldats israéliens sur l'Esplanade des mosquées, Jérusalem le 10/05/21

Israël avait-elle besoin d'une telle démonstration de force ?

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La répression violente de rassemblements palestiniens sur l'Esplanade des Mosquées lundi, a fait 500 blessés et précipité l'escalade des tensions avec Gaza ; la presse israélienne s'interroge sur la stratégie de Benjamin Netanyahou.

Soldats israéliens sur l'Esplanade des mosquées, Jérusalem le 10/05/21
Soldats israéliens sur l'Esplanade des mosquées, Jérusalem le 10/05/21 Crédits : Ahmad Gharabli - AFP

Cinq cent blessés ce lundi sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem, dans une nouvelle confrontation entre manifestants palestiniens et policiers israéliens : la stratégie mise en place par ces derniers pose question à la presse d'Israël... 

Avec une idée qui revient beaucoup dans les colonnes du quotidien de gauche Haaretz :  l'idée d'une "démonstration de force" de la part de la Sécurité israélienne, d'une "volonté de montrer les muscles", quitte à déclencher (et c'est exactement ce qui est en train de se passer depuis lundi soir) l'engrenage des violences entre tirs de roquettes du Hamas sur Jérusalem et raids aériens meurtriers en représailles, sur la bande de Gaza. 

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En réprimant très violemment les rassemblements de Palestiniens dans le coeur religieux et contesté de Jérusalem-Est - alors que se télescopaient hier le Ramadan et les célébrations de la conquête par Israël de l'est de la ville pendant la guerre des Six jours - en allant jusqu'à jeter des grenades à l'intérieur même de la Mosquée al-Aqsa, affirme Nir Hasson dans Haaretz, la police israélienne a clairement "une responsabilité dans l'escalade des tensions, tout comme cette même police, si elle faisait preuve de retenue au milieu de cette poudrière, pourrait avoir une responsabilité positive dans le (désormais illusoire) retour au calme". 

Mais cette même police, poursuit le journaliste, a préféré, sur ordres du gouvernement Netanhayou, disperser, gazer, poursuivre et frapper, blesser, et répandre de la skunk water (littéralement "eau de putois"), ce produit à l'odeur atrocement putride qui est envoyé sur les foules à coup de canons à eau et dont l'odeur imprègne la vieille ville depuis des jours.

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Cinq cents blessés côté palestinien et dix-sept dans les rangs de la police, rien que ce lundi : ça n'empêchait pas le commissaire en chef de Jérusalem d'expliquer à la chaîne Channel 12 que ses hommes avaient sans doute fait preuve de "trop de retenue" mais que désormais ils allaient "ôter le gant de velours" qu'ils gardaient jusque-là.   

Place à la main de fer, donc : Benyamin Netanyahou n'a pas dit autre chose hier soir dans son discours pour les festivités du Jour de Jérusalem. Des mots déjà tellement entendus en pareille circonstance et cités par The Jerusalem Post : les "terroristes palestiniens" sont allés trop loin, ils ont "franchi la ligne rouge" en lançant des roquettes sur Israël, et ils vont "payer cette attaque au prix fort". Israël va répondre "avec la plus grande force, cela va prendre des jours" : les habitants de Gaza et de Jérusalem-Est sont prévenus. 

Ces paroles, cette posture qui consiste à mettre le feu aux poudres puis à s'ériger en défenseur des croyants de la Nation attaqués, elle, n'a rien de nouveau, c'est même d'après Mati Tuchfeld à lire dans Israel Hayom, l'une des plus éculées du petit manuel politique de la droite israélienne quand celle-ci n'arrive plus à tenir son gouvernement, comme en 1999, 2005 et 2016. Dans le même quotidien conservateur, on lira tout de même les certitudes inverses de Yoav Limor selon qui la provocation vient du côté du Hamas et que l'armée israélienne n'a d'autre choix que d'y répondre "avec une force disproportionnée" ; dans la même veine, et en appui des propos du Premier ministre, Nadav Shragai estime que "Jérusalem est mise à feu et à sang par des extrémistes palestiniens" et que la retenue israélienne, la peur de ses forces armées de faire des morts, est devenue "une faiblesse" dont profitent ennemis d'Israël.  

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"Tout cela aurait pu être évité", déplore en écho l'éditorial de Haaretz, selon qui l'énième l'échec de Netanyahou à former un nouveau gouvernement l'a convaincu qu'il n'avait d'autre choix, pour sauver sa peau, que de remettre le feu aux poudres palestiniennes, quel que soit le coût en vies humaines et en déstabilisation durable, de tout le Proche et Moyen-Orient.

En Birmanie la poésie s'est affirmée ces trois derniers mois comme l'un des moyens de résister au coup d'Etat militaire. Mais les poètes birmans en payent le prix fort. 

Déjà trois poètes engagés contre la junte militaire sont tués par celle-ci, dénombre l'agence Reuters reprise dans l'édition de lundi du Guardian. Le dernier en date s'appelait Khet Thi, et il est mort samedi, à l'hôpital où il avait été admis en urgence suite à sa détention et son interrogatoire par les forces de sécurité. 

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Le femme du poète affirme que quand le corps de son mari lui a été rendu, il avait été vidé de ses organes, pour que la cause de la mort ne puisse être établie... Elle accuse donc le régime d'avoir fait torturer Khet Thi, jusqu'à ce qu'il en meure. D'après ce que dit de lui le site d'info pro-dissident Myanmar Now, l'homme de 44 ans travaillait pour sa petite ville de Kalay, dans la région qui a porté au pouvoir Aung San Suu Kiy ; il vendait des gâteaux à la crème après le travail pour arrondir ses fins de mois, et depuis le coup d'Etat du 1er février, il était de toutes les manifestations pacifiques, déclamant ses poésies engagées contre la junte et la répression qui a fait des centaines de morts. 

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"Ils nous tirent dessus en pleine tête mais ils ne savent pas que la Révolution se niche dans nos coeurs", avait il par exemple écrit, et la phrase était devenue comme un hymne de la résistance birmane. Plus récemment, Khet Thi avait semblé durcir sa position à l'image d'une bonne partie du mouvement non-violent : lui qui se disait toujours "du côté de la plume et non du fusil" expliquait dans un de ses derniers textes son désarroi quand "les miens se font tirer dessus et je ne peux répliquer qu'avec des poèmes... Mais quand la voix ne suffit plus, il faut bien choisir son arme. Je ferai feu" moi aussi, annonçait-il : la répression et la torture l'en auront donc finalement empêché.

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