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Marcus Rashford, un des trois joueurs anglais cibles d'injures racistes après avoir loupé son tir au but en finale de l'Euro.

Le fléau du racisme dans le football ressurgit en Angleterre

5 min
À retrouver dans l'émission

Depuis la défaite de l'Angleterre dimanche soir en finale de l'Euro de football, les joueurs noirs de l'équipe nationale sont victimes de racisme sur les réseaux sociaux. Le gouvernement britannique est taxé d'hypocrisie sur le sujet.

Marcus Rashford, un des trois joueurs anglais cibles d'injures racistes après avoir loupé son tir au but en finale de l'Euro.
Marcus Rashford, un des trois joueurs anglais cibles d'injures racistes après avoir loupé son tir au but en finale de l'Euro. Crédits : JOHN SIBLEY - AFP

Il faut croire que les instincts les plus vils ressurgissent encore davantage dans la défaite. Tout commence dimanche soir. L'Angleterre s'incline chez elle face à l'Italie en finale de l'euro de football, au terme de la séance de tirs aux buts. Durant cette séance, Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka, trois jeunes joueurs noirs ratent leur penalty, précipitant la défaite de leur équipe nationale. Il n'en fallait pas moins pour que plusieurs centaines, sûrement plusieurs milliers de supporters les prennent pour cible, notamment sur les réseaux sociaux, au point que la police britannique a ouvert une enquête sur les commentaires offensants et racistes dirigés contre ces joueurs. Comme le rapporte CNN, Twitter  déclare avoir supprimé plus de 1000 tweets au cours des dernières 24 heures, ce qui n'a pas empêché le ministre britannique de la Culture et des Sports, Oliver Dowden, de s'en prendre violemment aux groupes de réseaux sociaux, les appelant à s'attaquer davantage au racisme en ligne. Un appel accompagné d'une menace : à défaut d'une réaction, le nouveau projet de loi sur la sécurité en ligne infligera à ces groupes des amendes pouvant atteindre 10% de leurs revenus mondiaux annuels.

Un gouvernement qualifié d'hypocrite

Dès hier les membres de gouvernement de Boris Johnson ont pris la défense des joueurs, sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels. Des propos clairs mais des propos qui font un tollé outre-manche, symboles d'une hypocrisie sans nom selon plusieurs observateurs du football et de la politique anglaise. Pour comprendre cela The Guardian nous fait remonter au début de cette compétition décidément très politique. Avec les nombreuses polémiques autour des joueurs anglais, qui avaient décidé de poser un genou à terre au début de chaque rencontre, en soutien au mouvement Black Lives Matter mais aussi en signe de combat contre le racisme en général. Un geste souvent accompagné de sifflets de la part de nombreux spectateurs anglais. Et le gouvernement britannique s'était alors bien gardée de critiquer l'attitude des supporters. Boris Johnson avait toujours habilement fuit la question. La Ministre de l'Intérieur, Priti Patel, avait même déclaré : "les supporters ont le droit de siffler ce geste politique". Des propos qui ressortent aujourd'hui dans les médias britanniques,  et qui font dire à un autre joueur anglais et noir, Tyrone Mings : "Vous ne pouvez pas attiser le feu au début du tournoi en qualifiant notre message antiraciste de geste politique, et ensuite prétendre être dégoûté lorsque le racisme refait surface".

Marcus Rashford, symbole d'un Euro teinté de politique

ABC News de son côté fait un focus sur Marcus Rashford, un des trois tireurs victime de racisme, jeune joueur violemment passé de héros à zéro, et symbole s'il en est de la tournure politique qu'a pris cet Euro de football. A Manchester une fresque le représentant a été vandalisée dans la nuit de dimanche à lundi. Une fresque pour honorer ce joueur de 23 ans, après qu'il ait obtenu l'hiver dernier du gouvernement une aide de près de 180 millions d'euros pour venir en aide aux enfants défavorisés à l'approche de Noël. Un tour de force qui lui avait valu d'être décoré par la Reine Elisabeth II, qui l'avait alors fait Membre de l’ordre de l’Empire britannique. Sa fresque a donc été vandalisée telle l'idole qu'on brûle. Et pour couronner le tout GB News publie un message privé envoyée hier par une députée conservatrice à ses collègues  : "Ils ont perdu. Rashford aurait-il dû passer plus de temps à perfectionner son jeu et moins de temps à faire de la politique ?

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Mais pour trouver tout de même une note positive, citons cet édito paru dans le Financial Times, qui préfère voir le verre à moitié plein.  Selon la rédaction du journal, le fait même que cet épisode de racisme ait capté l'attention des médias est paradoxalement un signe de progrès à la fois dans le football anglais et dans la société au sens large. "Au cours des dernières décennies, les dérives racistes étaient monnaie courante sur les terrains de football anglais et ont été, honteusement, ignorés par les autorités du football et par les commentateurs de télévision" est-il écrit. Ils font cette fois la Une depuis dimanche soir.

Le dernier vétéran afro-américain survivant d'Omaha Beach

Pour finir, un hommage rendu par la presse américaine à Henry Parham décédé à l'âge de 99 ans. Il était le dernier vétéran afro-américain survivant du débarquement. Ses funérailles ont eu lieu hier, avec les honneurs militaires pour celui qui a foulé le sable d'Omaha Beach un certain 6 juin 44. Son unité, le 320e Anti-Aircraft Barrage Balloon Battalion, était la seule unité ségréguée, entièrement noire à débarquer sur les plages de Normandie le jour J. Un bataillon d'environ 700 hommes qui a hissé des ballons de barrage conçus pour détruire des avions allemands raconte le New York Times. De nuit, ces ballons étaient attachés au sol par des câbles équipés de charges explosives. Longtemps invisible, Henry Parham avait profité d'un coup de projecteur de Barack Obama en 2009 pour raconter au plus grand nombre l'histoire de son bataillon. Il est devenu en 2013 chevalier de la Légion d'honneur française. Depuis sa retraite, en dehors de son devoir de mémoire Henry Parham officiait comme bénévole dans les hôpitaux locaux de l'Administration des anciens combattants.

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