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Des médecins prennent en charge un blessé par balles à Khartoum

Soirée sanglante à Khartoum, les militaires nient avoir tiré sur la foule

7 min
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Cing manifestants et un soldat ont été tués par des tireurs en uniforme, au moment où les pourparlers entre civils et militaires sur la transition du pouvoir donnaient des signes encourageants. L'allemand Bayer paye la "mauvaise réputation" de Monsanto. Susan Sontag superstar, 15 ans après sa mort.

Des médecins prennent en charge un blessé par balles à Khartoum
Des médecins prennent en charge un blessé par balles à Khartoum Crédits : EBRAHIM HAMID - AFP

Pour la première fois en plus d'un mois de révolution inachevée au Soudan, des manifestants ont été tués par balle ce lundi soir.   Ce matin, la première chose que l'on peut dire, à la lecture de la Sudan Tribune, c'est qu'il y a donc 5 morts parmi la foule qui tenait hier soir, comme depuis plus d'un mois, le sit-in en plein centre de Khartoum, et un mort dans les rangs de l'armée soudanaise. 

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Une armée, qui se défend de toute responsabilité dans ces tirs... et renvoit la faute sur "des éléments perturbateurs qui se seraient mêlés aux manifestants". Et pourtant, la Sudan Tribune s'interroge ce matin, comme beaucoup de ceux qui ont assisté au bain de sang : les tireurs, nous expliqu-t'on, portaient des uniformes des forces armées soudanaises... ou des FSR, les Forces de soutien rapides, sortes de milices anti-émeutes dont les exactions sont craintes, de longue date, par les manifestants. Questions aussi sur le moment, où cette explosion de violence intervient, alors qu'elle avait pu être... assez miraculeusement, contenue depuis le debut du soulèvement populaire en décembre dernier. On avait aussi réussi à éviter le pire, il y a tout juste un mois, quand le dictateur Omar El Béchir avait été écarté du pouvoir, pour être remplacé par un gouvernement militaire.

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Il n'est donc pas anodin, note The Middle East Eye, de voir que les tirs, à balles réelles sur la foule, sont intervenus au moment, hier, où se tenaient des négociations, entre les forces civiles qui mènent la révolution, et les militaires qui se sont accaparés le pouvoir.  Hier soir, les deux parties étaient ressorties optimistes, des pourparlers : elles s'étaient mises d'accord sur la structure du futur pouvoir transitionnel au Soudan en attendant la tenue d'une élection libre.  

On avançait donc dans le bon sens, à croire la BBC, mais le plus dur restait à faire ce mardi : il faut encore s'entendre sur la durée de la transition, (les généraux veulent des élections dans deux ans, l'opposition politique préfèreraient quatre). Ca promet aussi d'être tendu sur le partage du pouvoir, entre civils et militaires. A l'heure qu'il est on ne sait pas si  ces discussions, décisives pour l'avenir du Soudan, vont pouvoir avoir lieu, après ce qu'il s'est passé hier soir.  

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Mais déjà, le commandement militaire a dit cette nuit sa volonté de ne plus laisser les manifestants bloquer le centre-ville de Khartoum. Dès hier, c'est Al Jazeera qui  l'a constaté sur place, les milices FSR ont violemment dispersé des barricades érigées sur l'avenue du Nil, un haut-lieu de la Révolution. Un début de  répression déjà violente, des vidéos en attestent. "D'accord pour que le sit-in continue, dit en substance l'armée, mais il faut que la circulation, la vie normale, reprennent à Khartoum". 

Un discours qui a de quoi troubler, à peine quelques heures après ces tirs d'hommes en uniformes sur la foule, et donc ces 6 morts déplorés ce matin. .

Dans la presse allemande, le retour de cette grande question : mais que diable le groupe Bayer allait-il faire dans la galère Monsanto ?  

Petit rappel :  le géant de la chimie allemande Bayer,a racheté l'an dernier l'américaine Monsanto qui produit le désherbant RoundUp au glyphosate ; depuis les ennuis s'accumulent, l'action Bayer en bourse connait d'importantes turbulences à la baisse, et ça ne devrait pas s'arranger aujourd'hui. 

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Les nouveaux ennuis arrivent en fait de Californie, où la Justice vient de reconnaître la responsabilité du RoundUp dans les cancers dont souffre un couple d'Américains. Le San Francisco Chronicle a suivi le procès, et il nous livre le verdict : Bayer, désormais propriétaire de l'herbicide honni, va devoir verser 2 milliards de dollars aux septuagénaires Alva et Alberta Pilliod.

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Forcément, ça fait réagir Der Spiegel en Allemagne : c'est le troisième procès perdu pour le RoundUp, la troisième fois que le glyphosate est reconnu comme cancérogène par des juges californiens, et d'autres procès sont déjà prévus : en fait le groupe Bayer reconnait qu'il fait face à 13400 plaintes contre le seul RoundUp. 

Voilà pour les comptes à rendre en Justice, mais Bayer doit aussi gérer la "mauvaise réputation" de Monsanto... enfin surtout ses mauvaises pratiques : la Frankfurter Allgemeine Zeitung revient sur ce scandale, né en France, et désormais étendu à toute l'Europe : des listings de personnes publiques, poklitiques, journalistes, fichés par Monsanto selon leur opinion supposée sur le glyphosate, et selon la possibilité ou non de les influencer, des les "éduquer" selon le terme choisi par la société.  

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C'est immoral, c'est illégal, et c'est le genre d'affaire qui ne plaît pas du tout à l'opinion allemande. "La mauvaise réputation de Montsanto n'a pas fini de faire de l'ombre à Bayer", écrit donc la FAZ, quand la Neue Zurker Zeitung, à Zurich, en tire cet enseignement : quand on rachète une entreprise, il ne faut pas seulement se renseigner sur son catalogue de produits, mais aussi sur son image dans les médias et les cadavres cachés dans ses placards. Le fait que les dirigeants de Bayer aient appris seulement dans la presse française vendredi ces pratiques controverséesjuge, la NZZ, n'est "vraiment pas glorieux pour le groupe allemand" qui a d'ailleurs du faire des excuses publiques hier.

L'auteure américaine Susan Sontag connaît un retour en grâce remarqué dans la presse anglo-saxonne. 

Non pas qu'elle soit jamais tombée en disgrâce, elle qui était née en 1933 à New York, qui y est morte en 2004, mais qui est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris ; elle qui a milité pour les droits des femmes, des homosexuels, des peuples frappés par la guerre en Ex-Yougoslavie ou en Irak ; elle qui a signé de grands romans et essais, comme 'Sur la Photographie' ou 'Notes sur Camp'...  

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Eh bien c'est justement ce dernier livre, décrit par The New York Magazine comme un manifeste pour une esthétique de l'extravagance, qui lui a valu un retour sous le feux de la rampe la semaine dernière : l'essai avait été choisi pour inspirer le code vestimentaire du très prisé gala du Métropolitan Museum à New-York et les stars (vous pourrez le vérifier sur de nombreux portfolio en ligne) ne se sont pas fait prier pour y rivaliser, justement, de tenues extravagantes. 

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Mais dans The Guardian, aujourd'hui si l'on re-parle de Susan Sontag, c'est pour évoquer une biographie à paraître : son auteur, Benjamin Moser y affirme c'est en fait Sontag seule, qui  a écrit le livre le plus célèbre de celui  avec qui elle s'était mariée à l'âge de 17 ans,  l'universitaire Philipp Rieff.  

Ce livre, c'est une somme sur Sigmund Freud, "l'Esprit et le Moraliste" : il a valu la reconnaissance dans la gauche intellectuelle américaine à Philipp Rieff, alors donc, nous affirme-t-on soixante ans plus tard, que c'est sa jeune épouse et ancienne étudiante qui l'aurait intégralement rédigé.  

Quand elle était encore mariée à Rieff, Susan Sontag a été créditée à la page des remerciements du livre, c'est vraiment le moins... mais quand elle a demandé le divorce,  elle a du accepter de renoncer à toute propriété intellectuelle et comme tant de femmes de lettres elle s'est retrouvée invisibilisée, mise à l'écart pendant que Rieff récoltait les acclamations de la critique.  

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Alors bien sûr c'est ce même divorce, qui a permis à Sontag de faire ses propres choix de vie, de s'installer à Paris, de revendiquer son homosexualité, d'affirmer ses combats politiques et de devenir comme l'écrit The Guardian "l'une des pesonnalités litérraires les plus remarquables dans l'Amérique du 20ème siècle". Mais pour celà il  aura fallu se défaire d'une relation toxique et dévorante avec un homme, professeur d'université, fort de sa reconnaissance d'intellectuel et d'homme de gauche. 

A l'heure où la vague "Metoo" commence à peine à secouer le petit monde de l'université à travers le monde, Susan Sontag n'a décidemment pas fini de nous montrer le chemin. 

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