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ALexeï Navalny à Berlin le 23/09/20

Sur la piste des empoisonneurs d'Alexeï Navalny

6 min
À retrouver dans l'émission

Les enquêtes croisées de médias russes, anglais, allemands et américains ont permis d'identifier 8 hommes, tous liés au FSB, qui composaient une équipe spécialisée dans l'utilisation de poison qui traquait Alexeï Navalny. En Inde, des ouvriers sous-payés dévastent leur usine de production d'IPhones.

ALexeï Navalny à Berlin le 23/09/20
ALexeï Navalny à Berlin le 23/09/20 Crédits : compte instagram @navalny - AFP

Les agents secrets russes ne sont plus ce qu’ils étaient.

... Ou si vous préférez la version plus positive : le journalisme d’investigation est vraiment devenu une arme redoutable à l’heure du "big data", et même la discrétion proverbiale des héritiers du KGB n’y résiste plus.

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On (re)parle là de l’empoisonnement dont a été victime l’opposant russe Alexeï Navalny à la fin du mois d’août et qui vient d’être quasiment élucidé grâce à une coopération internationale des enquêteurs russes de The Insider, anglais de BellingCat, allemands de Der Spiegel, et Américains de CNN.

Chose assez rare, l’équipe du bloggeur Navalny a été impliquée dans ce travail, et l’activiste a lui-même publié sa propre enquête vidéo ce lundi.

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"Salut c’est Navalny", annonce-t-il face caméra, je sais qui a essayé de me tuer, je sais où ils vivent, je connais leurs vrais noms et leurs fausses identités, j’ai même leur photo" ; et il montre ce trombinoscope de 8 visages, huit agents que le consortium de journalistes a clairement identifiés comme l’équipe, rattachée au FSB (les services de sécurité russes), qui était chargée depuis 2017 de suivre au plus près l’opposant à Vladimir Poutine, et de se tenir prête pour procéder à son empoisonnement quand le moment serait jugé propice. 

Ce qui est frappant, dans ce que publie par exemple Der Spiegel, c’est que cette équipe était menée par trois hommes en particulier, qui n’étaient pas de simples agents de filature : ils étaient docteurs en médecine, spécialisés dans le type de poison qui a failli tuer Alexeï Navalny. Pendant près de trois ans, ils ont suivi tous ses déplacements de plus d’une journée en dehors de Moscou, quand ils savaient que l’opposant devrait dormirà l’hôtel, ils prenaient des chambres dans les mêmes établissement que lui ; l’un d’entre eux avait même loué un appartement dans le même immeuble moscovite que sa future victime.

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Il y aurait donc eu une sorte de un piège meurtrier savamment installé autour de Navalny pendant toutes ces années ; et si l’enquête en question n’apporte pas la preuve du passage à l’acte du 20 août, elle démontre que les agents identifiés étaient en contact réguliers entre eux, avec les laboratoires qui produisent le poison Novytchok et avec leur hiérarchie au FSB. Tout cela est prouvé grâce à l’analyse de centaines de documents que les enquêteurs se sont procuré en ligne, en Russie : des factures téléphoniques détaillées, des données de voyage et de localisation des suspects. Ils ont aussi débusqué les traces laissées par certains des huit hommes eux-mêmes sur des comptes publics  sur les réseaux sociaux… et voila comment on arrive selon l’expression choisie par BellingCat à "traquer les traqueurs", à les identifier et à les exposer sur la place publique, sachant très clairement que la police et la justice russe ne feront jamais ce travail, elles qui n’ont lancé aucune enquête depuis fin août estimant qu’aucune trace d’empoisonnement n’avait été relevée sur le corps de Navalny.

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D’ailleurs ce matin, si certains titres de la presse russe d’opposition reprennent ces informations, la plupart des grands quotidiens s’en gardent bien. Il faut dire qu’il y a quelque chose de profondément humiliant, pour le pouvoir russe et ses services de sécurité censés être discrets et efficaces, à se retrouver comme ça jetés en pleine lumière médiatique. En la matière c’est l’américaine CNN qui enfonce le clou, avec cette séquence de son reportage :

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L’équipe de tournage se rend dans un immeuble de la banlieue de Moscou pour sonner chez l’agent identifié comme le coordinateur du groupe; ce dernier ouvre la porte et la journaliste lui demande si ce sont bien ses hommes qui ont empoisonné Navalny. On voit le visage surpris et inquiet du suspect qui bien sûr le répond pas et referme vite la porte… Mais l’image est franchement ravageuse pour la réputation du FSB et pour la présidence russe qui apparaît assez clairement comme le donneur d’ordre de cet empoisonnement. Mais faut-il le préciser, comme le fait CNN : ni le Kremlin ni la Loubianka n’ont souhaité commenter ces révélations…

En Inde, l’année se termine dans un climat social particulièrement explosif.

C’est le mot, avec les manifestations d’agriculteurs qui continuent de prendre de l’ampleur aux portes de New-Delhi, plusieurs nouveaux Etats ont rejoint le mouvement, une grève de la faim a été menée hier, la police juge la situation insoutenable, alerte The Indian Express… qui zoome pourtant ce matin sur une autre explosion de colère sociale : elle a eu lieu samedi matin près de Bangalore dans le sud de l’Inde.

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Cris de foule déchaînée, coups de masse et bris de verre : ce que vous entendez ce sont environ 2000 ouvriers indiens qui en quelques dizaines de minutes ont saccagé leur usine Wistron de fabrication d’Iphones, l’une des plus importante au monde pour Apple et se ssous-traitants montrés du doigts pour ne pas avoir payé comme ils le devaient ces milliers de travailleurs indiens. 

Les causes de ce déchaînement de colère, reconnaît le ministère régional du travail dans The Economic Times, ce sont bien les heures supplémentaires imposées et plus payées depuis des mois, ces heures de salaire retirées systématiquement des payes soi-disant à cause d’une erreur du logiciel comptable. Les ouvriers dénoncent des conditions de travail qui ne respectent même plus le minimum de dignité qui leur est dû, en particulier depuis le début de la crise sanitaire qui semble donner des prétextes aux employeurs pour couper arbitrairement dans les rémunérations.

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Apple a annoncé ce lundi avoir lancé une enquête interne, pour mettre de l’ordre dans les pratiques de cette usine de Karnataka... où le défoulement de colère ouvrière auquel on a assisté samedi a causé, selon le quotidien économique Mint, pour plus de sept millions de dollars de dégâts. 

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