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Manifestants face aux violences policières à Bogota le 13/09/20

Colère populaire en Colombie contre les violences policières

5 min
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Depuis la mort d'un Colombien sous les coups de la police, des manifestations réclamant l'arrêt des abus impunis des forces de l'ordre ont été sévèrement réprimées, faisant 13 morts et déclenchant un profond débat public. Des astronomes pensent avoir trouvé une trace de vie dans les nuages de Vénus.

Manifestants face aux violences policières à Bogota le 13/09/20
Manifestants face aux violences policières à Bogota le 13/09/20 Crédits : Juan Barreto - AFP

La force publique en question en Colombie.  

Les manifestations dénonçant ces brutalités criantes de la police colombienne secouent la capitale Bogota depuis mercredi dernier... depuis la mort de Javier Ordonez, père de famille de 48 ans dont le nom s'affiche aujourd'hui encore dans tous les journaux de Colombie. 

El Tiempo, par exemple, remonte pour nous le fil des évènements depuis "cet assassinat qui a plongé Bogota dans le chaos" : Javier Ordonez, ingénieur de formation qui avait repris des études de droit, était sorti de chez lui à la nuit tombée pour faire quelques courses, mais il a croisé la route de deux policiers qui l'ont controlé, puis bruquement plaqué au sol en l'écrasant sous le poids de leur corps, lui ont infligé plusieurs décharges continues de taser, et quelques coups également très violents sur la tête.  Sous les cris de témoins qui ont filmé et diffusé la scène, Javier Ordonez a crié qu'il souffrait, qu'il étouffait, il a supplié les policiers de relâcher leur étreinte, mais rien n'y a fait : quelques minutes plus tard l'homme mourait au commissariat où il venait d'être transféré. 

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Ensuite, poursuit El Tiempo, il y a eu l'indignation immédiate, créée sur les réseaux sociaux par la diffusion de la vidéo, dans un contexte colombien où ce genre de pratiques policières est malheureusement trop courant. Des milliers de personnes, le lendemain jeudi et les jours suivants, descendaient dans les rues pour dénoncer cette police qui se permet toutes les violences et qui, ce jour-là, est allée jusqu'à se permettre de tirer à balles réelles sur la foule.   

L'hebdomadaire La Semana estime qu'il y a eu plus d'une centaine de victimes dont au moins 13 morts. L'ampleur de ce bain de sang est telle que ce week-end le ministre de la Défense (en charge du dossier puisque la police en Colombie est militaire) a demandé pardon, publiquement, pour les abus commis par ses hommes... mais il a passé la plus grande partie de son discours à dénoncer les violences dont les policiers seraient victimes de la part des manifestants.  

D'autres dirigeants politiques, déplore l'éditorialiste d'El Tiempo Sandra Borda Guzman, ont aussi tenté de rejeter la faute sur les victimes, d'accorder le bénéfice du doute à ceux qui ont commis un massacre en accusant par exemple les groupes armés Farc et ELN, ennemis jurés du gouvernement de droite et boucs-emissaires bien commodes, d'être responsables de la flambée de violence. La technique est vieille comme le monde, elle est "perverse et anti-démocratique", écrit Sandra Borda Guzman, en ce qu'elle ne vise qu'à "délégitimer la mobilisation sociale en maintenant la société civile dans un état de léthargie et de peur, sans possibilité de s'organiser pour faire entendre sa voix". 

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C'est tout celà, qui est en jeu dans cette question des méthodes pratiquées en toute impunité par la police colombienne, et que la mort de Javier Ordonez ont fait surgir dans le débat public. Le journal en ligne Pulzo nous apprend ce matin que les assassins de Javier Ordonez avaient déjà fait l'objet de plaintes pour violences, sans être sanctionnés.  Au moins, précise la radio Caracol, on peut se satisfaire du fait que les deux agents, on l'a appris hier, seront jugés non pas dans le huis-clos complaisant d'un tribunal militaire mais devant la justice ordinaire.

Dans son édito en date de ce mardi, El Pais demande un réforme urgente et nécessaire des forces de l'ordre en Colombie, mal formées, livrées à elles-mêmes par un manque d'encadrement criant, et trop lourdement armées. Mais derrière tout ça, enfin, il y a le problème structurel de la violence armée en Colombie, pays censé avoir fait la paix avec la guerilla des Farcs depuis 4 ans, avec une population qui selon le quotidien espagnol aspire à la paix et à la démocratie, quand le pouvoir politique continue à se chercher des ennemis à combattre et ne semble pas prêt à lâcher ses armes.

Dans les pages "Sciences et espace" de nos journaux, il est beaucoup question de la planète Vénus ce matin. 

Oui car une fois de plus, des astronomes pensent avoir trouvé l'indice fracassant qui permet de penser qu'il y a peut-être de la vie ailleurs que sur la Terre, éternelle et passionnante question. 

Cette fois, depuis un article publié hier dans la revue Nature Astronomy, c'est donc vers Vénus que se tournent tous les regards, et plus précisément vers les nuages qui entourent notre voisine : une équipe de scientifiques basée au Pays de Galles affirme avoir détecté dans cette couche atmosphérique vénusienne des traces de gaz phosphine, un nom qui ne vous dit sans doute rien mais qui (en tous cas tel qu'on le connaît sur Terre) ne peutr être produit que par des organismes vivants. 

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La phosphine, en fait, précise la radio publique américaine NPR, c'est un gaz toxique, malodorant, fétide même puisque selon Clara Sousa-Silva du MIT son odeur n'était pas sans évoquer ce que pourraient sentir des "langes rances souillés par la progéniture de Satan". Plus prosaïquement, poursuit The Guardian, sur Terre on trouve de la phosphine dans les entrailles de certains animaux comme les pinguoins ou chez certains microbes qui survivent dans des milieux pauvres en oxygène. 

Tout ça pour dire... que ça ne doit pas sentir très bon dans les nuages de Vénus, mais que c'est (peut-être, restons prudents) la preuve qu'il y a de la vie, et donc de la pourriture autour de la planète. Le plus fou dans tout ça, conclut le magazine américain Mashable, c'est qu'un homme l'avait prédit, il y a plus d'un demi siècle : avant même que l'on envoie des sondes près de Vénus, le génial astrophysicien américain Carl Sagan avait compris que la surface de la planète était absolument hostile à toute vie mais que des microbres pourraient trouver des bulles propices à leur développement dans les 50 à 60 km de nuages qui entourent la planète. La puissance des télescopes et des calculateurs d'aujourd'hui semble lui donner raison une fois de plus.

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