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Ursula von der Leyen

Ursula von der Leyen face au vote incertain des eurodéputés

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Le Parlement européen vote ce soir pour ratifier a nomination de l'Allemande Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission, et l'issue du vote est loin d'être certaine. Aux Etats-Unis, le parti républicain tarde à condamner les attaques racistes de Donald Trump contre 4 élues démocrates.

Ursula von der Leyen
Ursula von der Leyen Crédits : CLEMENS BILAN - Maxppp

L'Allemande Ursula Von der Leyen est face au choix des eurodéputés ce mardi, et l'issue du vote est encore très incertaine. 

Celle qui vient de présenter sa démission du poste de ministre de la Défense en Allemagne a besoin de l'approbation d'unee majorité au Parlement européen, pour devenir la première présidente de la Commission Européenne. "Ursula Von der Leyen n'aura pas de deuxième chance", titre son compatriote Der Spiegel :  il n'y aura qu'un seul vote, soit l'histoire européenne retiendra son nom pour au moins 5 ans, soit elle retombera dans le relatif anonymat où elle se trouvait il y a encore deux semaines. 

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Et deux semaines, c'est court pour rencontrer et tenter de convaincre toutes les familles politiques d'Europe, surtout comme le rappelle Der Spiegel, que Von derLeyen n'était pas candidate aux élections européennes... ce sont les chefs d'Etat européens qui l'ont choisie, un peu par défaut il faut bien le dire, parce que... comme l'explique Foreign Policy, "si elle est loin d'être parfaite, l'Allemande est la moins pire des alternatives", surtout quand on sait que l'alternative en l'occurence c'est la frange montante des populistes et des eurosceptiques au Parlement européen. 

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Du coup, on revient à l'analyse de Maria Störh dans Der Spiegel : les eurodéputés, seuls représentants élus du peuple européen parmi les institutions de l'UE, rechignent à valider une présidente de Commission qui a été choisie en faisant fi du vote exprimé par les citoyens du continent il y a un peu moins de deux mois.  Les Verts et les Socialistes ont déja dit qu'ils voteraient contre Ursula Von der Leyen. Il est donc possible que sa nomination soit rejettée ce soir, et dans ce cas-là, "les dirigeants européens auront un mois de crise pour tenter de se mettre d'accord sur un nouveau nom". 

Mais pour éviter d'en arriver là, nous dit le site Politico Europe, Ursula Von der Leyen hier a multiplié les promesses tous azimuts, "elle a promis la Terre pour gagner son poste" : pour convaincre les Verts, elle s'engage à durcir les objectifs de réductions des émissions de gazs à effet de serre, à créer une "taxe carbone frontalière", à transformer en partie la BCE en une "banque du climat" ; elle promet aussi de piloter dès l'an prochain deux ans de conférences sur "l'avenir de l'Europe" ; elle se dit en faveur d'une réécriture des traités pour permettre aux eurodéputés de proposer des directives, etc. 

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Bref, il y en a un peu pour tout le monde,  et ça semble marcher : les dirigeants socialistes portuguais et espagnols, au moins, ont appelé les leurs à valider la candidature de l'Allemande. Mais les sceptiques restent nombreux, et le vote de ce soir se fera à bulletin secret : tout peut donc encore arriver, comme dans une bonne série américaine. D'ailleurs c'était la métaphore choisie par Bloomberg dans son édito de lundi qui posait ainsi la question : "Ursula von der Leyen parviendra-t-elle à dominer le Game of Thrones européen ?"

Nous ouvrons à présent la presse américaine... avec ce mot qui s'étale sur toutes les Unes : Raciste !  

... Et c'est bien Donald Trump qui est qualifié de "raciste" par une grande partie des journaux et sites d'info des Etats-Unis : s'il en restait, les doutes ont été levés par les tweets du président le week-end dernier, dans lesquels il visait sans les nommer quatre jeunes élues démocrates, issues de l'immigration, déclarant que "plutôt que de "continuellement critiquer les Etats-Unis et défendre leurs ennemis, elles feraient mieux de "retourner dans leur pays ravagés par le crime et la corruption".  

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Eh oui, on en est là, semble déplorer The New York Times, et l'on est encore à plus d'un an de la prochaine présidentielle : Trump en est déjà à puiser dans le fonds du sac réthorique pour se livrer à des sorties aussi ouvertement racistes et empreintes de nationalisme blanc. C'est "épuisant autant que dégoûtant", insite l'éditorial du New York Times, d'autant que ce n'est que la confirmation d'une idéologie déja à l'oeuvre depuis deux ans à la Maison Blanche.   

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Alors bien sûr, nous explique à son tour The Washington Post, la stratégie du président est claire : Donald Trump veut flatter les instincts les plus déplorables de son électorat, il veut affaiblir les Démocrates en les assimilants aux yeux de la population à leurs représentantes les plus à gauche et les plus clivantes. Et puis Trump, avec ses tweets fracassants, cherche aussi à faire diversion d'avec son piètre bilan politique. 

A partir de là on peut, avec les journaux américains, se poser la question : faut-il ou non donner de l'écho à ces dérapages contrôlés sur les réseaus sociaux ? Le débat journalistique est rapidement écarté : on parle tout de même là du 45e Président des Etats-Unis, et la vraie question posée par les éditorialistes, c'est surtout  celle du peu de réprobation que ces sorties clairement racistes  suscitent depuis deux jours dans le camp républicain.

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 Car "Trump est raciste", lira-t'on sur The Daily Beast, mais là où il n'a pas tort c'est qu'il n'est pas le seul à l'être dans ce pays, et il y a encore du monde pour le soutenir malgré ça, voire même grâce à ça. Il suffit de voir pour s'en convaincre comment des médias comme Fox News ou The Washington Examiner continuent de concentrer leurs attaques sur les 4 élues démocrates de couleurs prises pour cibles, plutôt que sur les propos de Trump. 

Ces médias sont ceux que Matt Ford, dans The New Republic, appelle les "déplorables du président", cette cour de journalistes et de politiques qui ne voient pas le mal, qui se gardent bien de prendre leurs distances, quand le racisme s'étale pourtant de manière incontestable. 

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Au coeur des débats depuis dimanche aux Etats-Unis, il y a donc l'attitude de chacun face à ce racisme, une sorte de moment de vérité qui met la pression en particulier sur l'électorat et les élus républicains, jusque-là très timides sur le sujet.  Examen de conscience, enfin, pour chacun des citoyens américains : The Daily Beast écrit en titre que "Si vous soutenez encore Trump, alors vous êtes aussi raciste que lui", et dans son édito du jour,  le quotidien le plus lu en Caroline du Nord The News and Observer pose la question "Républicains, êtes-vous vraiment OK avec un président si ouvertement raciste ?"

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