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Campagne massive de tests Covid-19 à Pékin le 15 mai 2020

Covid-19 : les autorités de Pékin reconnaissent que la situation y est "extrêmement grave"

5 min
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Après 50 jours sans nouvelle contamination, Pékin déplore depuis une semaine plus de cent nouveaux cas de Covid-19, poussant les autorités chinoises à déployer les grands moyens pour tenter d'éviter une nouvelle vague épidémique. En Inde, les 15 million d'habitants de Chennaï vont être reconfinés.

Campagne massive de tests Covid-19 à Pékin le 15 mai 2020
Campagne massive de tests Covid-19 à Pékin le 15 mai 2020 Crédits : STR - AFP

En Chine la métropole de Pékin est placée en état de siège face à la crainte d'une deuxième vague de coronavirus.

"En mode guerrier" face au retour de l'épidémie : c'est le titre de l'édito du Global Times, ce journal anglophone chinois qui dispense la parole officielle à l'étranger. Pékin, placée "en situation exceptionnelle", selon la nomenclature d'Etat, se donne trois jours pour juger si oui ou non, elle est devenue une nouvelle Wuhan, un nouveau foyer de coronavirus qu'il conviendrait de confiner entièrement. 

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Pour le moment, on en est pas là : "Pékin ne sera pas une seconde Wuhan", assure en grand titre le Beijing Ribao. Mais il ya tout de même des analogies, reconnaît l'épidémiologiste Wu Zunyu interviewé par le quotidien de la capitale : les tout premiers cas ont été détectés, dans les deux cas, sur des marchés alimentaires, des "lieux de promiscuité, de chaleur et d'humidité qui seraient selon le médecin propice au dévéloppement du virus". 

Des lieux de passage, aussi, et c'est bien le problème, comme nous l'indique ce matin le Beijing Ribao  : en cinq jours depuis que le foyer s'est déclaré au marché de gros de Xinfadi, des cas de personnes contaminées ont été détectées dans tous les 6 districts de la ville. Ce sont notamment, précise The Financial Times, des personnes qui ne sont pas directement liées avec le marché de Xinfadi, ce qui veut dire que le virus circule malgré la consigne qui a été donnée dès la fin de semaine dernière de placer en quarantaine stricte toute personne qui a fréquenté le marché les jours précédents.

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Pour le moment, on parle de 106 cas avérés en 5 jours : à ce stade, il est encore trop tôt pour décrêter le confinement total de quelques 20 millions d'habitants de Pékin.... mais la municipalité de la capitale a déployé les grands moyens pour éviter à tout prix d'avoir à en arriver là. Les journaux chinois regorgent depuis lundi de photos de ce stade pékinois transformé en centre de tests où des équipes en blouses médicales intégrales effectuent à la chaîne des prélèvements sur des citoyens alignés en files bien disciplinées.  

Plus de 100 000 membres de ces équipes de contrôles anti-Covid19 ont été déployés dans la ville, affirme The Global Times, qui précise aussi, tant qu'on en est aux chiffres, que Pékin et ses banlieues auront testé en à peine une semaine environ 300 000 personnes liés de près ou de loin au marché de Xinfadi.

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Il faut dire, avec le journal japonais Nikkei Asian Review, que la Chine joue gros, politiquement, dans la manière dont elle arrivera à gérer cette nouvelle alerte au coronavirus. A l'intérieur de ses frontières, il faut rassurer une population qui jusque-là a fait confiance aux méthodes radicales de son administration mais pourrait commencer à les contester, en cas par exemple de confinement à Pékin ; d'ailleurs la Nikkei Asian Review note que la police militaire a été déployée autour du marché désormais fermé de Xinfadi, signe que le pouvoir chinois craint des troubles politiques.

Et puis sur le plan international, Pékin tient à prouver au monde qu'elle est un modèle en matière de containment du coronavirus. "Il en va, analyse le journal japonais, de la soi-disant supériorité du communisme chinois sur les démocraties occidentales".

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Dans ce contexte, devoir confiner Pékin, ville beaucoup moins docile politiquement que Wuhan par exemple, serait un risque fort pour le pouvoir chinois, estime Anne Fifield pour The Washington Post qui constate que plusieurs hauts-responsables du parti communiste dans la capitale ont été subitement démis de leurs fonctions ce lundi, reconnus coupables d'avoir "failli dans leur mission de protéger la population pékinoise" contre le retour tant craint de l'hydre Coronavirus.  

De Chine nous passons en Inde, où là par contre on reconfine sans trop d'états d'âme.

Décision annoncée lundi par le gouverneur de l'Etat de Tamil Nadu dans le Sud-Est de la péninsule : la ville de Chennaï et ses banlieues, soit 15 millions d'habitants au bas mot, retournent à la case confinement "intense" pour au moins 12 jours à compter de ce vendredi. Le Times of India nous explique que Chennaï, capitale de l'Etat de Tamil Nadu, est devenue en quelques jours l'un des épicentres de la pandémie en Inde avec 33 000 cas détectés et une courbe qui est encore en pleine croissance. 

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Pourtant, note The Hindu, les autorités régionales avaient exclu la semaine dernière encore tout reconfinement strict ; leur volte-face précipité donne forcément l'impression qu'elles ne maitrisent plus vraiment la situation, elles assurent le contraire. Il y a sans doute là une conséquence d'un déconfinement engagé trop vite dans une Inde où la Covid-19 était loin d'être sous contrôle, et gagnait même en puissance dans certaines régions. 

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"Le pic épidémique, note cette fois le quotidien suisse Le Temps, ne devrait pas être atteint avant plusieurs semaines, et pourtant le système de santé indien est déjà débordé par l'afflux des malades". De Pékin à Chennaï, l'Asie nous démontre donc que la pandémie est loin d'être maîtrisée, et que l'ère des grands confinements n'est pas encore derrière nous.

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