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A l'appel de l'opposition des manifestants dénoncent la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso, le 3 juillet 2021 à Ouagadougou

Burkina Faso : arrestations sur fond de dégradation de la situation sécuritaire

6 min
À retrouver dans l'émission

Les militants de la société civile proches de l'opposition Pascal Zaïda et Marcel Tankoano ont été interpellés après avoir critiqué l'incapacité du gouvernement à répondre aux attaques djihadistes qui se multiplient au Burkina Faso.

A l'appel de l'opposition des manifestants dénoncent la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso, le 3 juillet 2021 à Ouagadougou
A l'appel de l'opposition des manifestants dénoncent la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso, le 3 juillet 2021 à Ouagadougou Crédits : OLYMPIA DE MAISMONT - AFP

L'arrestation de Pascal Zaïda relève de "l'acharnement" peut-on lire dans le journal burkinabé Wakat Séra. Pascal Zaïda est le président de la Coordination nationale des organisations de la société civile pour la patrie. Vendredi 13 août il a été interpellé à Ouagadougou, la capitale, pour "tentative d'atteinte à la sûreté de l'État", "déclaration subversive" et "incitation à la rébellion". Le pouvoir n'a pas beaucoup apprécié ses critiques, prononcées la veille lors d'une conférence de presse. Pascal Zaïda y dénonçait la "défaillance du système sécuritaire face au péril terroriste", l'impuissance du président Roch Marc Kaboré face aux dernières attaques djihadistes au Burkina Faso, allant jusqu'à dire "aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour faire tomber le pouvoir" et "si rien n'est fait, il y aura un soulèvement." 

L'opposition dénonce cette arrestation, Wakat Séra donne la parole à son chef de file, Eddie Komboïgo. Pour le candidat arrivé deuxième à la présidentielle de 2020 "il faut laisser les gens s’exprimer", et le Burkina Faso ne doit pas être un "pays policier mais un pays démocratique et de droit". DansAujourd'hui au Faso on lit qu'un proche de Pascal Zaïda, Marcel Tankoano "a été entendu par les services de police judiciaire avant d’être relâché" lundi 16 août. 

Si ces voix gênent autant le pouvoir c'est parce que les attaques djihadistes se multiplient ces dernières semaines au Burkina Faso.  Aujourd'hui au Faso les liste :  "Mercredi 4 août, une trentaine de personnes, dont 15 militaires, 11 civils et quatre volontaires pour la défense de la patrie, ont été tués dans une double attaque", "Quatre jours plus tard, douze soldats burkinabè ont été tués". Après l'arrestation de Pascal Zaïda, Ouagadougou veut aussi faire savoir que son armée riposte au nord et à l'est du pays. A en croire le chef d'état-major burkinabé, au moins treize djihadistes ont été tués dimanche 15 août dans deux opérations distinctes. Depuis 2015 le Burkina Faso dénombre plus de 1 400 morts dans ces raids et dans des violences entre civils. 

Alors à la lumière de la victoire des talibans en Afghanistan, Aujourd'hui au Faso s'interroge dans un article intitulé "quelques leçons vues du Sahel". "Soit, les lointaines plaines talibanes, sont à des milliers et des milliers de kilomètres du Sahel", écrit le journal qui remarque tout de même des des points communs entre l'Afghanistan et le Sahel : "la déliquescence de l’État : la corruption endémique, le clanisme, trop d’interventionnisme étranger,… la volonté d’un groupe de vouloir instaurer un État islamique". "Dans les 5 pays concernés par les effets pervers de la chute de Kadhafi", il y a quelques leçons à tirer estime Aujourd'hui au Faso : "Les moyens de guerre colossaux pèsent peu face à des combattants aguerris et connaissant le terrain. Aucun pays étranger ne veut que le Sahel devienne un bourbier pour lui, et à tout moment les alliés extérieurs peuvent plier bagages". En juin dernier Emmanuel Macron annonçait la fin de l'opération Barkhane pour 2022 et à terme une réduction de moitié des troupes françaises engagées dans la région.

En Argentine des manifestants dénoncent les passe-droits du président durant l'épidémie

Ils ont appelé leur mobilisation "la marche des pierres". Un rassemblement dans "le silence et les larmes" raconte le journal Clarin. Une grande tristesse et une profonde colère se dégagent du reportage du quotidien argentin. Lundi 16 août des familles de victimes du covid se sont rendues devant le palais présidentiel à Buenos Aires pour déposer des centaines de galets sur lesquels ont été inscrits les noms des morts de l'épidémie, on en dénombre près de 110 000 dans le pays. Interrogée par le journal, Catalina raconte qu'elle "a perdu, en peu de temps, son mari et son beau-père", en plein confinement , "J'ai l'impression qu'ils se sont moqués de nous" dit-elle.  

Car le président Alberto Fernandez est au cœur d'un scandale depuis la semaine dernière. Des photos de la fête d'anniversaire de sa femme l'été dernier ont été publiées dans la presse. Elles prouvent que le couple présidentiel n'a pas respecté les mesures sanitaires strictes alors en vigueur dans le pays.  

Après avoir nié, le président Alberto Fernandez s'est excusé vendredi dernier : "C'était une erreur, je l'assume et je demande pardon". "Ce n'était pas une erreur, c'était un crime", répondait une pancarte dans la manifestation d'hier raconte Clarin. On sent que l'exécutif fait profil bas en lisant La Nacion qui cite un proche du président : "Beaucoup de gens ont perdu un membre de leur famille ou un ami, c'est un moment de recueillement". Le quotidien rapporte que le gouvernement va construire un mémorial où seront conservées les pierres déposées pendant la marche. 

Le Mail & Guardian se souvient des mineurs de Marikana

Il y a neuf ans la police sud-africaine ouvrait le feu sur les mineurs de Marikana et 34 grévistes mourraient sous les tirs. "Marikana devrait hanter l'Afrique du Sud" écrit le Mail & Guardian. "Mais la réalité est que de nombreux Sud-Africains ont oublié" déplore l'hebdomadaire. En neuf ans personne n'a été jugé pour ce massacre. "Pourtant", écrit le Mail & Guardian "des dizaines de familles, de femmes, d'enfants et ceux qui travaillent encore sous terre se souviennent très bien. [...] les blessures sont toujours profondes". 

"Chaque année on nous raconte les mêmes histoires de réparation", témoigne Xolani Nzuza, l'ancien leader de la grève, qui défend toujours la cause des mineurs. "Tous les deux mois depuis des années, nous allons au tribunal et on nous dit que c'est reporté encore et encore. Cette affaire ne va nulle part." Dans les mines de platine de la région, on continue à mourir. Une bénévole qui aide les femmes au chômage de la  se désespère : "Un matin, vous voyez des gens rassemblés autour d'un autre corps. Chaque samedi, c'est pareil, quelqu'un est mort" 

"Le temps s'est arrêté" à Marikana raconte le Mail & Guardian, comme figé. "Les cochons, les chèvres et les gens empruntent toujours les mêmes rues boueuses" et habitent les mêmes cabanes. Les veuves pleurent leurs maris et on travaille à la mine pour les mêmes salaires de misère.

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