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Musée Bombardier au Québec

Le Québec pleure déjà la perte de Bombardier Transport

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A peine annoncée l'ouverture de négociations avec Alsthom pour la cession de la branche ferroviaire de Bombardier, la presse québécoise déplore la perte de ce fleuron industriel. Dans l'Ouest canadien, le combat d'Amérindiens contre une projet de gazoduc paralyse la circulation des trains.

Musée Bombardier au Québec
Musée Bombardier au Québec Crédits : BIBIKOW WALTER / HEMIS.FR - AFP

Plusieurs sujets retiennent notre attention ce matin dans la presse canadienne.  

Le premier d'entre eux, c'est la vente annoncée hier par la société Bombardier de sa branche ferroviaire à son concurrent français Alstom. Si, vu de chez nous, ça ressemble à une belle victoire entrepreunariale, pour les Canadiens et plus précisément pour les Québécois il y a quelque chose de déchirant à voir disparaître ce que Radio Canada qualifiait hier soir dans son JT de "fleuron industriel". La première chaîne publique y allait au passage de sa nécrologie, en forme de success-story québécoise pur sucre : 

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Le succès des trains Bombardier va se confirmer dans les années 90, avec la conquête des marchés européens, puis l'Asie, nous conte encore Julie Emond  de Radio Canada. Bombardier Transports croît tellement qu'elle n'arrive plus à suivre : les retards de livraisons s'accumulent, la dette explose... jusqu'à l'issue officialisée hier, le rachat par son concurrent de toujours Alstom. 

C'est donc "le bout de la ligne, pour Bombardier Transport", comme le titre The Montreal Gazette ; c'est surtout la fin d'une "longue saga politique", pour Charles Lecavalier dans Le Journal de Montréal qui nous rappelle à quel point le gouvernement québécois a maintes fois mis la main à la poche pour soutenir son champion... et l'un des principaux employeurs de la province.  

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Bombardier, que l'on a longtemps pensée "too big to fail", "trop importante pour échouer", était dans l'imaginaire collectif, une vitrine industrielle pour le Québec. Alors l'annonce de la disparition de sa branche ferroviaire s'accompagne dans la presse d'une vraie dimension patriotique : on lira notamment toujours dans Le Journal de Montréal le parallèle que fait l'éditorialiste Réjean Parent avec d'autres pertes de fleurons québécois ces dernières années, la fonte de l'actionnariat provincial par exemple dans Le Cirque du Soleil ou Les Rôtisseries Saint-Hubert, une chaîne de restaurants spécialisés dans le poulet et la poutine (ça ne vous dit sans doute rien mais pour les Québécois c'est un vrai pilier de l'identité nationale populaire). 

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Moins sentimental, tout de même, le sérieux quotidien Le Devoir revient sur la lente descente aux enfers de Bombardier, avec coup sur coups ces derniers jours l'annonce de sa sortie de l'aviation commerciale en partenariat avec Airbus et donc la cession de sa branche ferroviaire. Le Devoir qui pose aussi, forcément, la question des emplois à l'usine québécoise de la Pocatière, au nord de Québec : le maintien des 365 salariés là-bas dépend presqu'exclusivement de commandes publiques de métros et tramways pour l'agglomération de Montréal. Le gouvernement provincial a donc encore le pouvoir de les sauver, c'est en tous cas ce que veut encore croire le principal syndicat de la province, interrogé par Le Devoir.   

Dans la presse canadienne anglophone, cette fois, on revient largement sur l'embarras du Premier ministre fédéral Justin Trudeau face à une autre crise du rail. 

Explications à lire dans les pages du Globe and Mail : depuis une dizaine de jours, le trafic des trains est paralysé à travers tout le Canada ; paralysé par des petits groupes de personnes qui se rassemblent, sur des passages à niveau ou des ponts, pour empêcher toute circulation.  Ils ne sont jamais très nombreux, mais comme il n'y a quasiment qu'une seule voie ferrée qui traverse le pays d'Est en Ouest et qui transporte tout le fret, les conséquences de ces blocages sont potentiellement collosales pour toute l'économie canadienne.  

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Le mouvement est parti de l'Ouest, de la province de Colombie-Britannique et ce n'est pas un hasard : c'est là, dans la région de Vancouver, qu'une communauté d'Amérindiens, la Première Nation Wet'suwet'en, se mobilise contre un projet de gazoduc. Le Coastal GasLink doit traverser ses terres ancestrales pour acheminer le gaz naturel des Montagnes Rocheuses vers l'Océan Pacifique et l'exporter vers l'Asie.  

Le chantier a commencé, les Wet'suwet'en ont d'abord tenté d'arrêter les engins mais la police montée a dégagé leurs campements. Sauf que, d'autres Premières Nations ailleurs au Canada, en Ontario ou au Québec, ont pris le relais, en solidarité, et utilisent depuis l'arme absolue, celle donc du blocus ferroviaire. 

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L'affaire est grave, nous dit La Presse : suffisament pour que Justin Trudeau annule ce lundi un déplacement dans les Caraïbes pour convoquer hier une réunion de crise avec ses ministres concernés. Il en est ressorti "les lèvres serrées", appelant à une "solution rapide et paisible", mais apparemment conscient qu'il n'a pas vraiment de prise sur ce mouvement : son gouvernement a beau répêter que les opposants au gazoduc sont ultra-minoritaires, que les représentants élus de la Nation Wet'suwet'en ont approuvé le lancement du chantier... le Premier ministre rechigne à envoyer les gendarmes pour lever le barrages tant il sait que l'opinion est plutôt en empathie avec ces combats autochtones doublés de considérations écologistes. 

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A celà, ajoute Radio Canada, se superpose un débat juridique complexe sur le droit (ou non) des communautés amérindiennes à refuser de tels projets sur leurs terres. Le droit canadien, par la Loi sur les Indiens qui date de 1876 (!!) a instauré des Conseils de bande élus pour représenter les communautés. Eux ont pour la plupart approuvé le passage du Coastal GasLink, mais les chefs héréditaires Wet'suwet'en, qui n'ont eux aucune existence légale mais conservent une forte influence traditionnelle, s'opposent mordicus au gazoduc. La situation semble inextricable. Ecoutez ce qu'en disait, toujours sur Radio Canada, Serge Otsi Simon : il est le grand chef des Kanésataké, une Première Nation célèbre au Québec pour avoir résisté à plusieurs projets industriels sur ses terres.  

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Voilà on le comprend les racines du conflit sont profondes... et Justin Trudeau se retrouve face à un casse-tête à fort risque politique. C'est la conclusion de John Ibbbitson dans The Globe and Mail : "chaque jour supplémentaire que dure le blocus ferroviaire entame un peu plus la crédibilité du Premier ministre", déjà très critiqué pour son incapacité à décider quand il le faut.

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