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Manifestation réprimée par la police à El Bosque, Chili, le 18 mai 2020

Le confinement et la faim ravivent la contestation sociale au Chili

5 min
À retrouver dans l'émission

L'accélération de l'épidémie de Covid-19 au Chili a poussé les autorités à décrêter un confinement total dans la capitale Santiago, confrontant les habitants des quartiers les plus pauvres au désoeuvrement, à la faim et à la colère. La crise actuelle sooenra-t-elle la fin des "malls" américains ?

Manifestation réprimée par la police à El Bosque, Chili, le 18 mai 2020
Manifestation réprimée par la police à El Bosque, Chili, le 18 mai 2020 Crédits : Pablo Rojas - AFP

Dans la presse chilienne, il y a un mot qui s'étale en grandes lettres dans la nuit de Santiago.

Ce mot, c'est "hambre", la faim en espagnol, écrit en lettres de lumière sur l'un des plus hauts immeubles de la capitale chilienne.  

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Cette image, je l'ai trouvée en Une du site internet du quotidien La Tercera, lequel m'a expliqué que cette projection pirate n'était pas seulement un happening d'art contemporain mais bien un geste politique lié à la situation que traverse le Chili.

Hier lundi, le pays a vu ressurgir la contestation sociale qui l'a enflammé pendant des mois depuis octobre dernier, avant d'être mis sous cloche par la pandémie de Covid-19. Le Chili a été relativement épargné depuis mars, mais les choses se sont accélérées ces derniers jours : dans El Pais, j'apprends que 4 ministres du gouvernement décrié de Sebastian Pinera et 135 collaborateurs du Sénat ont été placés en quarantaine à cause d'un foyer de contamination au cœur même du pouvoir politique. Et bien au-delà, la région de Santiago du Chili a été placée vendredi pour la première fois en confinement total pour tenter de freiner justement l'accélération de l'épidémie.

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Sauf que, nous dit cette fois El Mostrador, ce qui a remis le feu au poudre de la colère populaire, c'est une autre épidémie, une "épidémie de pauvreté et de faim", on y revient. Les premières barricades ont été érigées lundi matin dans le quartier pauvre d'El Bosque, où les habitants d'une rue ont voulu dire qu'ils ne pouvaient pas rester chez eux sans emploi, sans revenu et sans rien à manger, que le gouvernement ne faisait rien pour les aider... ou qu'en tous cas les 2 millions et demi de rations alimentaires promises par l'Etat n'étaient pas arrivés jusqu'à eux. 

Des barricades se sont donc élevées et incendiées, des pierres ont été lancées sur les policiers, lesquels qui ont rapidement déployé la manière forte, canons à eau et gazs lacrymogènes, pour disperser cet embryon de révolte de la faim.

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Ensuite, comme il fallait s'y attendre, les images de cette répression ont attisé la colère dans les autres quartiers pauvres de la capitale... et en fin de journée, même le centre de la métropole (où, on le rappelle, tous les habitants sont confinés chez eux) s'est mis à vibrer au son d'un impressionnant concert de casseroles. 

C'est à ce moment-là qu'on a pu voir apparaître l'inscription lumineuse « Hambre » sur la façade de gratte-ciel, explique la BBC qui fait le parallèle avec d'autres moyens de contestations confinés qui émergent ailleurs en Amérique Latine : en Colombie, les habitants des quartiers défavorisés qui souffrent de la faim ont pris l'habitude de mettre du linge rouge à leur fenêtre pour appeler à l'aide et  dénoncer cette situation ; au Salvador, les concerts de casseroles sont également devenus quotidiens depuis le début de la crise sanitaire, et ce n'est pas (seulement) pour remecier les soignants ; au Brésil, les habitants de la plus grande favela de Sao Paulo ont bravé les consignes de distanciation pour manifester et demander plus de soutien de la part des autorités locales.  Et à chaque fois tous le répêtent : "_ce n'est pas contre les quarantaines que nous protestons mais contre la misère et la faim dans lesquelles nos dirigeants nous abandonnen_t".  

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Au Chili, le président Pinera a beau avoir promis deux millions et demi de paniers alimentaires de première nécessité aux foyers les plus en difficulté, le journal universitaire UChile, cela ne changera rien aux profondes fractures qui déchirent le pays, fragilisé par l'effondrement de son système social et économique ces dernières décennies. Le désœuvrement, le désespoir et la faim existaient déjà dans les quartiers pauvres de Santiago mais le confinement les a rendus invivables, "une bombe à retardement" que la peur du virus à elle seule ne suffit plus à contenir.

Et pendant ce temps aux Etats-Unis, on assiste à l'effondrement d'un des symboles de la société d'abondance des années 1950...

Ce symbole, c'est le « shopping mall », le centre commercial où l'on peut acheter tout de dont on a besoin et bien plus encore. Ces grands magasins qui ont cristallisé l'essor du commerce de masse après la seconde guerre mondiale, qui ont modifié à la fois les paysages urbains et les habitudes de consommation des Américains, les "malls" donc, sont à l'agonie selon le New York Times qui leur consacrait en fin de semaine dernière un passionnant dossier.  

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Passionnant et même presqu'émouvant : il faut dire que les chaînes de  grands magasins étaient déjà mal en point depuis quelques années, concurrencées principalement par la vente en ligne ; mais la crise liée au coronavirus est en train de tuer celles qui survivaient jusque-là, à tel point, explique également le magazine Fortune, que si les Américains guettent la réouverture des boutiques avec le déconfinement progressif dans chaque Etat et chaque ville, nombre d'entre eux risquent d'avoir la surprise de voir leur galerie commerçante préférée garder portes closes... et pour toujours.  

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Le New York Times prend pour exemple, dans une nécrologie digne de celle que l'on pourrait consacrer à une grande figure de l'histoire nationale, la faillite confirmée ces derniers jours de la chaîne JC Penney. elle vient s'ajouter à celles, avant elle, de ses concurrentes J. Crew et Neiman Marcus. Autant de noms qui s'affichaient fièrement sur les enseignes déployées dans chaque ville moyenne des États-Unis, sur les photos en noir et blanc d'une époque bénie qui illustrent l'article du Times

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Mais JC Penney n'était pas seulement une marque, elle comptait 800 magasins à travers le pays, et employait 85 000 personnes. Sa banqueroute nous donne un aperçu de l'ampleur de la crise sociale qui est en train de prendre corps aux États-Unis. 

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