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John Bercow

Brexit : John Bercow s'affirme face à Theresa May en empêcheur de voter en rond

6 min
À retrouver dans l'émission

Le président de la Chambre des Communes britannique John Bercow fait obstacle à un nouveau vote sur l'accord de Brexit en exhumant une jurisprudence du XVIIe siècle. Condamnation d'un militant emblématique des droits humains en Tchétchénie. Le Pakistan mise sur le charbon pour son électricité.

John Bercow
John Bercow Crédits : House of Commons - Maxppp

A tous ceux qui penseraient que le débats sur le Brexit au Parlement britannique sont un peu trop simples à suivre, bonne nouvelle : un nouvel acteur sort de sa réserve et vient semer un peu plus encore la zizanie. 

Cet homme c'est John Bercow, le président, le "speaker" de la Chambre des Communes, rebaptisé "Ziggy" Bercow par John Crace dans son dernier billet politique du Guardian, tant l'ancien député conservateur, qui a accédé au perchoir il y a dix ans, est l'une des dernières rock star de la politique outre-Manche. 

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Et sa notoriété ne cesse d'augmenter, note The Times, depuis que l'Europe entière scrute avidement les retransmissions vidéo du Parlement britannique, pour tenter de comprendre quelque chose au cauchemar du Brexit. Dans ce grand mélange de protocole suranné, de foire d'empoigne et de casse-tête juridique, c'est vrai qu'on a facilement tendance à se raccrocher à la figure charismatique de Bercow, ses cravates colorées, ses sourires en coin, et sa voix de stentor quand il faut ramener le calme dans les débats.  

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Ce genre de compilations des meilleures vociférations de John Bercow, on en trouve des dizaines sur internet, tant l'homme est devenu un "meme" en quelques jours.

Mais "l'honorable gentleman" comme il est de coutume de s'appeler à la Chambre des Communes, n'est plus depuis hier un simple élément de décor : il a acquis, en une déclaration, une vraie épaisseur politique : John Bercow, érigé au rang "d'ennemi juré" de Theresa May par les Américains de Bloomberg, a donc décidé ce lundi d'exhumer des archives parlementaires  une jurisprudence vieille de plus de trois siècles, et qui empêche la Première ministre de soumettre à nouveau au vote son projet d'accord sur la sortie de l'UE.  

En faisant cela, analyse Bloomberg, le travailliste "vole au secours des détracteurs du Brexit", et il contrecarre complètement la stratégie d'usure d'une Theresa May qui comptait faire revoter une troisième fois les députés sur un texte qu'ils ont déjà repoussé par deux fois.  

Et voilà ce qu'en dit The Independent : avec cette prise de position fracassante, "John Bercow rend plus compliquée encore la mission déjà impossible de la Première ministre"... mais "il libère aussi  la nation britannique de ce supplice sysiphéen des votes sans fin à Westminster".  

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Ce qui va se passer à présent pour le Brexit? Plus personne ne se risque à le prévoir, mais c'était déjà le cas depuis une semaine. Theresa May se retrouve contrainte de modifier "substantifiquement" son projet d'accord avant de pouvoir le soumettre à nouveau au vote, mais ce qui est sûr, et c'est la conclusion du Daily Telegraph pour aujourd'hui, c'est qu'avec son coup d'éclat d'hier, "Ziggy" Bercow "a fait en sorte que le débat sur le Brexit ne tourne plus qu'autour de lui seul, et rien ne pouvait plus lui faire plaisir. Au moins, il y en a un qui s'amuse dans ce grand naufrage".

Dans la presse russe : un jugement qui pose question en Tchétchénie. 

Il s'agit de la condamnation à quatre ans de prison prononcée  militant des droits de l'homme, et dirigeant de l' ONG russe Mémorial en Tchétchénie. Oyoub Titiev, nous explique la Novaya Gazeta, a été reconnu coupable de "détention de stupfiants à grande échelle". Soit environ 200 grammes de marijuana  retrouvés dans sa voiture, au cours d'un contrôle routier, en janvier 2018, et dont il a toujours assuré qu'ils avaient été placés là par les policiers eux-mêmes pour le faire accuser. 

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Titiev était, avant d'être jeté en prison, l'un des derniers défenseurs des droits humains actif dans cette république autonome de Tchétchénie, où sévissent le président Ramzan Kadirov et ses milices. Conditions de détention, tortures, violences contre les homosexuels : Mémorial s'était retrouvée la seule ONG encore présente dans cette petite dictature caucasienne qui semble parfois même échapper au contrôle de Moscou.  

Mais le sort d'Oyoub Titiev n'émeut pas plus que cela, il faut bien le dire, les grands titres de la presse moscovite. Dans Kommertsant, par exemple, on nous explique que le condamné a bénéficié de "circonstances atténuantes", quasiment d'un traitement de faveur, en échappant au régime de détention le plus sévère grâce à la mobilisation de soutien dont il a été l'objet à l'Ouest. 

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Car, la radio d'opposition Echo de Moscou se charge de nous le rappeler, Titiev est soutenu par  l'Union européenne , qui a appelé hier encore à sa libération immédiate. Il a reçu du Conseil de l'Europe l'an dernier le prix Vaclav Havel qui prend fait et cause chaque année pour des militants des droits humains réprimés.  

Alors, peut-on vraiment parler de "clémence" de la justice russe, simplement parce qu'Oyoub Titiev échappe à l'encellulement, pour être "simplement" détenu dans une colonie pénitentiaire où il pourra sortir en promenade et recevoir des visites ?  

Il est permis d'en douter : dans la Novaya Gazeta ce matin on apprend... que les rares militants personnes qui ont osé manifester hier soir à Saint-Petersbourg pour dénoncer la condamnation de Titiev, ont été immédiatement interpellés, emmenés au poste pour "organisation d'un rassemblement extrémiste" et "désobéissance à la police".  La fabrique des prisonniers politiques en Russie a encore de beaux jours devant elle.

Le Pakistan salue la réalisation de son "grand rêve national", à rebours des engagements mondiaux pour le Climat.

Un "rêve d'indépendance énergétique et de progrès dans la qualité de vie de millions de Pakistanais" : c'est l'Express Tribune de Karachi qui nous l'apprend, Le Pakistan a lancé hier la première de deux grandes centrales électriques au charbon, sur le site de ses mines géantes de Thar, dans le sud du pays.

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La production de ces premiers mégawatts a été mené en grande pompe hier, retransmise par la chaîne télé 24 NEWS.  

On y entend les cris de joie, dans la salle de contrôle, de dizaines d'ingénieurs pakistanais et chinois : ce grand projet d'électricité au charbon est financé en grande partie par de l'argent prêté par des investisseurs de Chine, pays leader en matière de charbon à travers le monde. 

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Pas étonnant donc, pour réaliser ce "rêve pakistanais" promis depuis la découverte du gisement en 1991 et qui, nous explique l'Express Tribune, va permettre de relever le défi de l'indépendance énergétique, en apportant le courant dans des régions où il était encore une denrée rare. Autant d'impératifs de développement qui vont être relevés en augmentant la part du charbon dans le mix énergétique pakistanais de 1% actuellement, à 11% dans les prochaines années. 

C'est un peu le problème quand on réalise en 2019 un grand projet national défini trente ans plus tôt : on arrive un peu à contre-courant, dans un monde où le charbon est de plus en plus décrié comme source d'énergie la plus polluante et donc à bannir à bannir. 

Avec le soutien de la Chine, le Pakistan fait donc mentir cette analyse développée dans The Guardian en date d'hier : on y annonçait fièrement que "l'Asie prend enfin le tournant de l'après-charbon et des énergies renouvelables".

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