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Le prince Andrew avec sa mère la reine Elisabeth II

Royaume-Uni : Andrew le "prince fêtard" accusé d'agressions sexuelles sur mineure

6 min
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Le fils d'Elisabeth II est empêtré dans les graves accusations lancées contre lui par des victimes de son ami Jeffrey Epstein, millionnaire américain, pédophile et proxénète notoire, qui s'est suicidé en prison à New-York. En Russie, Vladimir Poutine joue les lanceurs d'alerte contre la corruption.

Le prince Andrew avec sa mère la reine Elisabeth II
Le prince Andrew avec sa mère la reine Elisabeth II Crédits : FACUNDO ARRIZABALAGA - Maxppp

Il se dit ce matin que la Reine d'Angleterre Elisabeth II serait entrée dans sa seconde "annus horribilis".

On se souvient que la première "année noire" pour la monarque britannique, c'était 1992, après coup sur coup l'Indépendance de l'île Maurice (dont on dit qu'elle était le morceau de Commonwealth préféré de sa Majesté), l'incendie du château de Windsor et toute une série de scandales et de séparations désastreuses au sein de la famille royale. 

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Selon Rafa de Miguel, dans les colonnes d'El Pais ce matin, 2019 restera sans doute pour Elisabeth II (que l'on nomme d'ailleurs Isabel II en espagnol) une autre "annus horribilis"... et pas seulement à cause du Brexit. Car à nouveau, les rejetons de la Royauté font la Une des journaux et un en particulier, depuis ce week-end, le plus sulfureux d'entre eux, j'ai nommé Andrew. Le duc d'York, âgé de 59 ans, deuxième fils d'Elisabeth, mais huitième seulement dans l'ordre d'accession au trône, traîne depuis toujours (comme nous le rappelle The Guardian) une réputation de "prince fêtard" et dévoyé? A nouveau aujourd'hui, il jette la disgrâce sur toute la famille royale, à cause de ses liens d'amitiés avec feu Jeffrey Epstein.

Cet ex-tycoon de la finance américaine, multi-millionnaire, condamné pour proxénétisme en 2008, s'est suicidé au mois d'août en prison à New-York après avoir été de nouveau accusé d'agressions sexuelles sur mineures. L'une de ses accusatrices implique aussi le prince Andrew, grand ami d'Epstein : elle dit avoir été forcée à avoir des relations sexuelles à plusieurs reprises, dans différentes résidences du financier new-yorkais, avec le duc d'York alors qu'elle avait entre 15 et 17 ans.  

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Face à ces très graves accusations, le prince Andrew a tenté de s'expliquer dimanche dans une interview à la BBC, mais ça ne s'est pas passé comme il l'avait prévu.  The Daily Express décrit un prince Andrew enfermé dans son déni de tout abus sexuel, brandissant comme alibi une improbable "maladie qui l'empêche de suer" et une soirée pizza avec ses enfants le jour où il est accusé d'avoir violé la jeune fille. 

Andrew, dimanche, s'est surtout montré incapable de témoigner la moindre empathie envers les victimes de Jeffrey Epstein et de ses réseaux pédophiles, incapable de condamner ou de justifier ses liens d'amitié avec le millionnaire-pédophile malgré les condamnations précédentes de ce dernier. Au pire moment de ce "naufrage télévisuel" de l'avis de tous, le prince Andrew parle de "comportements inappropriés"pour décrire les crimes commis par son ami sur des mineures.... et cet euphémisme résume à lui seul son attitude.

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"Il ne prend clairement pas la mesure de la gravité de ce dont il est accusé", commente encore le Daily Express, qui nous raconte la suite de cette interview : l'indignation unanime dans les médias et l'opinion britannique, les grandes sociétés de la City et les principales organisations de charité du pays qui, craignant d'être mêlées au scandale, retirent leur soutien financier aux bonnes oeuvres du prince... et la reine Elisabeth II qui se retrouve forcée d'apporter son soutien, malgré tout, à son fils. : c'est là, qu'on en revient à l'"annus horribilis" dont parle El Pais.  

Et l'affaire ne va pas s'arrêter là : les pressions se multiplient autour du prince Andrew pour qu'il accepte de témoigner face aux enquêteurs américains du FBI. A commencer par une autre victime d'Epstein, qui reste anonyme et qui déclare dans The Independent que le duc d'York, s'il considère qu'il n'a rien à se reprocher, devrait dire tout ce qu'il sait sur son ancien ami, devant le FBI. Mais sur sa Une du jour, l'édition londonienne de Metro s'interroge : "Andrew devra-t-il faire face aux tribunaux américains ? " Les avocats de la douzaine de plaignantes contre Jeffrey Epstein veulent l'entendre; et tout prince qu'il est , Andrew n'est protégé par aucune immunité, affirment dans le Daily Mail des spécialistes du droit :  il pourrait être donc en théorie être mis en accusation et extradé vers les Etats-Unis. 

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Sans attendre une telle (improbable) éventualité, "si le Duc d'York veut vraiment aider les victimes d'Epstein à se reconstruire, il doit aller de lui-même témoigner au FBI", c'est le conseil que lui donne Chris Stevenson dans The Independent. C'est surtout selon lui la seule façon d'éviter de s'enfermer plus encore dans le silence de l'impossible déni et préserver, si c'est encore possible, l'honneur de la famille royale.

Nous sommes à présent en Russie où Vladimir Poutine s'érige de lui-même en pourfendeur de la corruption et des détournements d'argent public.  

C'est la BBC, encore elle, qui revient sur ce dossier qui secoue les médias russes depuis une semaine, et c'est vrai que c'est Vladimir Poutine en personne qui a joué les lanceurs d'alerte, en dénonçant les voleurs qui s'étaient engraissés sur l'un des chantiers publics qui lui tenaient le plus à coeur, à savoir la construction, dans l'Extrême-orient russe, d'une nouvelle base de lancement spatial nommée Vostotchny.  

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"Ils nous ont volé des centaines de millions de roubles", répète le président russe, qui annonce aussi que des enquêtes ont été menées, des peines de prisons prononcées contre plusieurs des responsables de ce détournement d'argent public qui s'élèverait en fait à 11 milliards de roubles, soit 155 millions d'euros. C'est énorme, ce n'est peut-être pas si rare en Russie, mais ce qui est rare c'est que ce soit rendu public et érigé en exemple de l'intransigeance de l'Etat face à la corruption.  

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Alors la BBC s'interroge : pourquoi Vladimir Poutine fait-il de cette affaire une exception? Sans doute à cause de l'ampleur des montants concernés et du caractère très médiatique, très stratégique, de ce chantier de Vostotchny. Toujours est-il qu'en faisant cela, le président russe "déclare la guerre" à son administration et à ses entreprises publiques, autant dire "à sa propre élite" explique un spécialiste britannique de la Russie toujours à la BBC

S'il en prend le risque, et s'attaque frontalement à la corruption dans ces secteurs, c'est certainement, suggère Leonid Bershidkyk pour Bloomberg, parce que Vladimir Poutine voit que son "grand rêve pour la Russie", ses 12 chantiers d'importance nationale et prioritaires pour relancer la croissance et le développement dans son pays... tout ça fait du surplace. Or ce n'est pas l'argent qui manque, tous les grands chantiers sont financés, mais au-delà de la corruption qui prend sa part, les bureaucrates russes selon Bershidsky sont réticents à engager ces dépenses publiques, trop effrayés par les montants engagés, les responsabilités que cela implique. Alors, ils dépensent l'argent de l'Etat à des choses qui confortent leur pouvoir à court terme, comme la sécurité et la défense. Rien qui ne permette d'améliorer durablement la qualité de vie des citoyens russes. 

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Toujours est-il, résume le journal Vesti à Moscou, que l'enquête sur les détournements de Vostotchny a déjà identifié 58 personnes mises en cause. Plusieurs d'entre elles, des responsables de sociétés de BTP principalement, ont été condamnées à des peines de plusieurs années de prison ferme. Voilà pour l'exemple voulu par Vladimir Poutine, avec un message finalement simple : "dépensez l'argent public, mais dépensez-le honnêtement". 

Chroniques
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