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Une jeune femme rohingya dans un camp de réfugié à Hyderabad

Les réfugiés rohingyas vont-ils rentrer chez eux ?

5 min
À retrouver dans l'émission

"Je vais mélanger du poison à la nourriture. Je me tuerai moi-même, mes enfants et toute ma famille si je suis obligée de partir." Fatima Noor a 50 ans. Elle est réfugiée rohingya dans le camp 24, au sud du Bangladesh, où s'est rendu le Los Angeles Times.

Une jeune femme rohingya dans un camp de réfugié à Hyderabad
Une jeune femme rohingya dans un camp de réfugié à Hyderabad Crédits : NOAH SEELAM / AFP - AFP

Comme Fatima, pratiquement aucun réfugié n'est disposé à retourner dans l'Etat de Rakhine, au Myanmar, où les Rohingyas ont subi une persécution systématique. En 2017 des centaines de milliers de personnes ont fui l'offensive gouvernementale, qualifiée par les Nations Unies " d'exemple classique de nettoyage ethnique"

Depuis deux ans, à la frontière entre les deux pays, au moins un million de réfugiés se sont retrouvés dans des camps surpeuplés. Mais personne n'a exprimé la volonté de faire demi tour...Une première tentative de retour des réfugiés a échoué en novembre 2018 rappelle Asia News, faute de volontaires. Cette semaine le Myanmar et le Bangladesh font un nouvel essai.

Mais la réalité sur le terrain est désastreuse, explique le Bangkhok Post. Ces derniers mois, des violences ont éclaté entre les insurgés de l'Etat de Rakhine et les forces gouvernementales du Myanmar. Le gouvernement a suspendu Internet et le téléphone dans plusieurs communes, notamment là où le retour des Rohingyas est prévu. Il n'y a plus d'électricité depuis des semaines, ce qui rend impossible d'avoir une idée précise de ce qui se passe sur le terrain. 

Pour le quotidien de Bangkok, il serait irresponsable de commencer le rapatriement tant qu'une grande partie de l'Etat de Rakhine reste sérieusement touché par le conflit, qui a encore déplacé 60 000 personnes depuis janvier. Trouver des solutions durables va bien au-delà du rapatriement des Rohingyas.

Un rapatriement censé commencer jeudi écrit The Daily Star au Bangladesh. Le gouvernement birman acceptera un groupe de plus 3400 personnes déplacées. Ceux qui ont exprimé leur souhait de revenir sont reçus par le Haut Commissariat aux Réfugiés. Est-ce que la liste des volontaires est prête ? "le travail se poursuit" répond le HCR. L'ONU a répété à plusieurs reprises qu'elle ne pensait pas que la situation actuelle permettait un rapatriement à grande échelle.  

"Ma vie est finie, dit encore Fatima au camp 24. Je vais probablement mourir dans ces camps. Si je rentrais, je condamnerais mes enfants et petits-enfants à la même vie que moi à Rakhine."  

Partir, revenir...les questions d'un été 1989 en RDA

Cet été là, nous raconte le Monde dans une série " Mon dernier été en RDA",  de nombreux Allemands de l'Est songent à fuir leur pays, quelques mois avant la chute du Mur, le 9 novembre. Il y a 30 ans. Le dernier été communiste de 16 millions d’Allemands de l’Est. Les ultimes souffles d’un monde sur le point de s’effondrer.

Celui d'Angelika Hampel s'effrite lui depuis 45 ans. Elle a choisi de rester à l'Est, à Dresde. A l'époque, en 1974, elle avait reçu les clés de son appartement, dans un immeuble de la Johannstadt. Et elle avait eu de la chance, nous raconte Die Zeit.  Les listes d'attente étaient longues. Le secteur sentait le béton frais et promettait un peu de luxe en RDA. Grand magasin, jardin d'enfants, l'école juste devant, le chauffage central, une cuisine moderne. Le rêve de nombreuses familles. "Il n'y avait rien de mieux pour nous à l'époque" raconte Angelika.

Mais en 2019, rien de tout ce bonheur n'est resté. Les couloirs sont salis, il y a des poubelles devant les portes, l'ascenseur est branlant. Angelika, 78 ans, vit toujours dans ce bloc de 10 étages, au 6e.  Ils ne sont plus que 3 des locataires d'origine. Beaucoup sont partis, à l'Ouest. Personne n'aspire plus à vivre dans la Johannstadt. C'est ici qu'habitent les retraités et les migrants. Il y a toujours des déménagements. 

Mais l'appartement d'Angelika est resté son refuge. Elle a gardé des souvenirs sur un mur. Cette plaque en or, prix de la RDA pour les ménages exemplaires. Quelques temps après la chute du mur, quelqu'un l'avait dévissé de la porte d'entrée, un bibelot dont plus personne n'avait besoin. 

"Je croyais au socialisme dit-elle, malgré les défauts du système." La RDA c'était surtout pour elle, le sens de la communauté, cette salle où tous les résidents célébraient Noël, la journée des enfants. Sans raison.  Aujourd'hui la vie dans l'immeuble est de plus en plus anonyme, le loyer plus élevé. Mais Angelika ne veut pas partir. "Vous ne transplantez pas un vieil arbre"

Partir, revenir...et cette Europe qui se dépeuple

C'est le titre de La Croix ce matin. Nos regards sont tournés vers les flux qui traversent la Méditerranée. Beaucoup moins vers les déplacements de population internes à l'Union européenne. Or ils sont importants, constate le quotidien. Certains pays d'Europe centrale, orientale et méridionale connaissent une nette diminution de leur population. En cause : le faible nombre de naissances. Et le départ de nombreux ressortissants pour chercher la prospérité dans l'ouest du continent, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

A Torrejoncillo, le silence est ainsi le principal acteur du village, à une heure et demi de Madrid.  Il reste 200 habitants. 4 enfants . Rien qu'en 2016, la ville a perdu 23 % de sa population. Et cette situation n'est que la partie émergée de l'iceberg rapporte le quotidien écossais The Herald. Dans la région de Cuenca, la population a diminué d'un tiers depuis le début du XXe siècle...un des dépeuplement le plus important de l'Union européenne. 

Mais les autorité locales pensent avoir la solution. Ils veulent copier l'Ecosse. Et son effort d'un demi siècle pour garder les gens dans les Highlands et les îles. C'est le résultat notamment de l'action d'un conseil de développement autonome, crée en 1965. Un soutien accru aux entreprises rurales, le développement du numérique, des transports, de campus dispersés. Les Highlands ont renversé le déclin démographique, et retrouvé 470 000 habitants. L'équivalent de la population de 1850. Partir donc...pour mieux revenir, parfois.  

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