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Le frère de George Floyd et ses soutiens attendent le verdict du procès

L'Amérique attend avec fébrilité le verdict du procès de Derek Chauvin

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Depuis hier, les jurés ont commencé à délibérer sur la culpabilité de Derek Chauvin, le policier responsable de la mort par asphyxie de George Floyd en mai 2020. A l'extérieur du palais de justice, des foules se pressent dans l'attente de célébrer ou contester avec vigueur le verdict.

Le frère de George Floyd et ses soutiens attendent le verdict du procès
Le frère de George Floyd et ses soutiens attendent le verdict du procès Crédits : STEPHEN MATUREN - AFP

Les gros titres de la presse font la part belle ce matin à la fin du procès de Derek Chauvin, le policier qui a tué George Floyd en mai 2020. Cela peut prendre un jour comme une semaine, préviennent les journaux américains, et peu importe la durée des délibérations, elles paraîtront une éternité tant l'attente est grande, tant les regards, dans le monde entier, sont tournés vers Minneapolis, comme s'il s'agissait d'attendre le dernier épisode d'une série tragique qui a autant choqué que tenu en haleine. Le jury termine sa première journée de délibérations sans donner de verdict dans le procès pour meurtre de Derek Chauvine, titre le Star Tribune, le plus grand quotidien du Minnesota. Elles reprendront ce matin, les caméras et les objectifs des photographes se tiennent déjà prêts, note le journal, devant les portes du palais de justice de la ville, où les douze jurés prendront le temps, chaque jour, de décider du sort du policier, jusqu'à ce qu'ils tombent tous d'accord. 

Et comme pour montrer que la justice se doit d'être à la hauteur des enjeux, le Star Tribune, comme CNN, rappellent la composition de ce jury : six blancs, quatre noirs, deux multiethniques, dont deux âgés de la vingtaine, trois de la trentaine, de la quarantaine et de la cinquantaine et un dans la soixantaine. Et la journée d'hier était pour eux particulièrement difficile et cruciale. Pendant 1h45, détaille le quotidien, ils ont entendu les derniers mots du procureur, que Derek Chauvin a fait un usage excessif de la force contre George Floyd en maintenant son genou sur son cou pendant 9 minutes et 29 secondes, qu'il s'agit bien d'un meurtre : "comment justifier autrement cet usage de la force sur un homme qui n'avait même plus de pouls". Puis ce fut le tour de l'avocat de la défense, pendant plus de 2h45 pour qui les éléments contre Derek Chauvin ne permettent pas de le déclarer coupable, et qu'enfin, on ne peut pas expliquer ce qu'il s'est passé si on ne prend pas en compte les 17 minutes qui ont précédé le maintien au sol de George Floyd. 

Au dernier jour du procès, la ville se prépare au verdict
Au dernier jour du procès, la ville se prépare au verdict Crédits : SCOTT OLSON - AFP

Avec tout cela en tête, explique CNN, et avec les éléments donnés par les trente-huit témoins et experts qui se sont succédés dans la salle d'audience ces dernières semaines. Les jurés doivent maintenant décider de condamner Derek Chauvin, à 40 ans de prison si la charge la plus grave de meurtre au second degré est retenue, ou à moins, voir à décider l'acquittement du policier de 45 ans. "Vous devez être absolument impartiaux", leur a lancé le juge avant de clore la séance hier. Alors maintenant, que se passe t-il ? Tout ce que nous pouvons faire c'est attendre et se laisser pénétrer par la peur, fulmine un analyste du Washington Post. Personne ne peut dire ce qu'il se passe dans la tête des jurés. En pratique, le système judiciaire américain a souvent tendance à laisser un généreux bénéfice du doute aux membres des forces de police. Mais, si le jury veut frapper un grand coup en faveur de la justice, espère t-il, le procureur à travers son réquisitoire, leur a donné un énorme marteau.

La presse ce matin note également qu'il n'y a pas qu'à l'intérieur de la salle de délibération que les discussions seront intenses. Le palais de justice, nous montre la BBC en photo, est protégé par de grandes barrières avec des fils barbelés, le tout surveillé par des soldats armés de la Garde Nationale, car il y a de plus en plus de monde dans les rues de Minneapolis, à attendre le verdict du procès. Parmi les manifestants déjà présents hier, on compte de nombreux militants de Black Lives Matter, des militants des droits civiques célèbres comme les révérends Jesse Jackson et Al Sharpton, la famille de George Floyd mais aussi celle de Daunte Wright, ce jeune noir tué par une policière à quelques kilomètres de là seulement, le 11 avril dernier. Quel que soit le résultat, relate CNN, les gens manifesteront. S'il est reconnu coupable de toutes les charges, ce sera un rassemblement de célébration, commente l'un de ceux qui se trouvent déjà dehors, sans préciser la teneur de la réaction si, au contraire, la sanction est jugée insuffisante. 

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Pour cela, on peut se fier aux propos polémiques tenus par Maxine Waters, une élue californienne, démocrate et afro-américaine, à la Chambre des représentants, qui a fait le déplacement jusqu'à Minneapolis. Elle a pris la parole, dimanche, lors d'un rassemblement de Black Lives Matter en soutien à la famille de Daunte Wright, et dit espérer un verdict de culpabilité aux trois charges retenues contre Derek Chauvin, et d'ajouter, "si on ne l'obtient pas, nous ne pouvons pas partir, nous devons rester dans la rue, être plus actifs, être plus agressifs", ce qui a été pris, déplore CNN, comme un appel à la violence, d'autant plus déplorable qu'il vient d'une élue. Une position critiquée par le camp républicain, mais aussi par le juge lors de la dernière journée de procès hier. Bref, de l'huile jetée sur un feu déjà bien vif. 

En Afrique du Sud, il est également question d'un feu qui a des conséquences dramatiques 

Au Cap, aussi appelée Cape Town, un incendie s'est déclaré dimanche au pied de Table Mountain, le massif emblématique qui surplombe la ville à la pointe du continent. Des feux potentiellement criminels, nous explique le Mail & Guardian. L'un des auteurs présumés a été arrêté et a reconnu être responsable d'au moins un des départs de feux. Les pompiers sont toujours à la tâche pour tenter de contenir sa propagation, mais déjà les dégâts sont lourds. Aucune victime à déplorer heureusement, seulement trois pompiers blessés pour l'instant, mais une grande perte à déplorer : celle de la bibliothèque de l'université. Un bâtiment vieux de 200 ans, partiellement détruit. 

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Comme le montre les photos publiés par le site IOL, à la place des rangées d'étagères au milieu des colonnes sculptées, on voit des restes de livres noirs et des cendres. Seulement une partie des collections a pu être sauvée, confie dépité son directeur, sans pour autant pouvoir préciser pour l'instant l'ampleur des pertes. Dans les collections se trouvent de nombreux ouvrages rares, certains datant de plusieurs siècles, énormément de recueils, d'études et d'archives audiovisuelles qui témoignent de l'africanisme et de l'histoire coloniale du pays, ainsi que la plus grande collection de films africains au monde. C'est assurément un morceau de l'histoire de l'Afrique du Sud qui vient de disparaitre.

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