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Patient hospitalisé à Wuhan en Chine

Virus de Wuhan : l'Asie prend la mesure du risque d'épidémie

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A présent que les autorités chinoises ont reconnu que le virus respiratoire se transmet d'homme à homme, les médias asiatiques s'autorisent à relayer l'inquiétude grandissante au sein de la population, en Chine et au-delà.

Patient hospitalisé à Wuhan en Chine
Patient hospitalisé à Wuhan en Chine Crédits : STR - AFP

La revue de presse internationale ce matin parcourt l'Asie, un continent en alerte sanitaire et médicale. 

De Tokyo à Jakarta en passant par Mumbai et bien sûr Pékin,  il y a un sujet que l'on retrouve sur tous les sites des grands journaux asiatiques : c'est la confirmation de ce que l'on craignait, dixit le Straits Times de Singapour : oui, le coronavirus qui cause des centaines de cas de penumonies mystérieuses depuis quelque semaines en Chine, Corée du Sud, japon et Thaïlande, ce virus potentiellement mortel se transmet bien entre humains.  

Ca a donc été confirmé hier soir par les autorités chinoises, et c'est comme si c'était la donnée médicale qui manquait pour vraiment inquiéter tout le monde sur une possible épidémie mondiale. Cette transmission de l'homme à l'homme, elle fait en quelque sorte sauter la digue d'un principe de précaution qui confinait presqu'au déni en Chine. Ce matin même le très officiel Global Times à Pékin admet que l'heure est à la "vigilance" face à ce qu'il nomme "la pneumonie de Wuhan", la ville chinoise d'où est parti le virus respiratoire.  

Le Global Times reconnait aussi, quoique toujours en mots très prudents, que "la société chinoise dans son ensemble commence à être nerveuse"... pour ne pas dire inquiète : le plus important, c'est donc "de garder son calme", martèle le journal qui se permet tout de même ce qui ressemble bien à un début de critique contre la manière dont certains, au  gouvernement, ont tardé à diffuser toutes les informations permettant de mesurer la gravité de la situation. "A l'heure des réseaux sociaux et dans un monde où les médias occidentaux regardent de très près ce qui se passe en Chine,  Pékin ne peut plus retenir des infos, même si c'est pour éviter la panique générale". 

Toutefois, quand même, le Global Times conclut que la seule solution pour traverser cette crise, c'est que "les Chinois fassent confiance à leur système médical" totalement mobilisé, nous dit-on, pour éviter que le virus ne viennent "gâcher les célébrations du Nouvel an chinois"... comme si c'était le plus gros risque du moment.  

Car il faut le rappeler, avec le Hong-kongais South China Morning Post : le "virus de Wuhan" a fait ce lundi un quatrième mort chinois, mais surtout sa propagation inquiête particulièrement dans les milieux médicaux ; dans un hopital de Wuhan, épicentre donc de l'épidémie avec près de 200 cas détectés, un seul patient infecté a contaminé une douzaine de médecins et infirmières.  

Du coup dans cette métropole qui compte 11 millions d'habitants, la priorité absolue désormais est de confiner tous les malades, de les empêcher de quitter la ville...  et ça tombe vraiment mal puisque, nous rappelle The Straits Times, c'est en ce moment la semaine de l'année durant laquelle les Chinois se déplacent le plus à l'intérieur du pays, Nouvel an oblige. Les gares sont pleines de centaines de millions de voyageurs depuis vendredi, chacun rentre dans sa région d'origine, en général à la campagne, là où l'on vit souvent au contact d'animaux sauvages... dont on pense justement qu'ils sont à l'origine de la propagation du virus.  

J'en termine avec cette information révélée par la chaîne américaine CNN sur ces chercheurs texans, new-yorkais mais aussi chinois qui travaillent déjà sur la conception d'un vaccin capable de vaincre cette  nouvelle souche de coronavirus. Bonne nouvelle : il devrait être plus facile à élaborer que pour des virus comme le VIH ou la grippe ; les choses vont donc vite, très vite même quand on sait que ledit virus n'a été découvert qu'il y a un mois. Mais si vaccin il y a, il ne sera pas opérationnel avant au moins un an, tempère CNN

D'ici-là, pas le choix, il va vraiment falloir "faire confiance au système de santé chinois" et espérer que les recommandations de l'OMS seront vraiment appliquées à travers toute l'Asie.

Sur l'île de Porto Rico, une découverte faite le week-end dernier a remis le feu aux poudres de la contestation populaire.

La rue portoricaine n'a pas de mots assez durs pour sa gouverneure Wanda Vasquez, nommée l'été dernier après la démission de son prédécesseur Ricardo Rossello, lequel avait été poussé vers la sortie par d'intenses manifestations en juillet. Cette fois encore, c'est l'incompétence voire la corruption présumée de leurs dirigeants que dénoncent les Portoricains. 

A l'origine de cette colère, nous explique El Nuevo Herald, il y a eu samedi  la vidéo (publiée par le bloggeur El Leon Fiscalizador) de la découverte d'un entrepôt où de l'aide humanitaire américaine pourrissait depuis plus de deux ans, depuis l'ouragan Maria qui avaitr dévasté l'île en septembre 2017 et avait fait plus de 3000 morts. Le fait que cette aide, qui aurait été si précieuse à l'époque, ait été gâchée a soulevé l'indignation de milliers de personnes qui ont d'abord afflué autour de l'entrepôt pour tenter d'y prendre ce qui pouvait encore servir, avant de se rassembler devant le domicile de la gouverneure Vasquez pour lui demander des explications, exiger également sa démission immédiate.

La femme politique a depuis limogé deux cadres de son administration, signale USA Today qui, comme une bonne partie de la presse etats-unienne s'est emparée de cette affaire. Le Washington Post en particulier s'interrogeait dès la semaine dernière sur les raisons qui font que l'aide humanitaire n'arrive pas, depuis Maria, aux populations qui en ont cruellement besoin, d'autant plus à présent qu'une série de séïsme vient de frapper la côte sud de l'île et d'y faire de nouveaux dégâts. 

Porto Rico, c'est le 51e Etat américain sans en avoir pleinement le statut, les relations avec Washington sont donc complexes, enn particulier sous l'administration Trump qui rechigne à lui venir en aide comme il le ferait pour un autre Etat. Le New York Times dénonce par exemple, à la suite des récents tremblements de terre, le fait que la Maison Blanche ait consenti à débloquer des fonds d'aide d'urgence, mais en les assortissant de limitations drastiques et inacceptables à leur utilisation. 

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