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Affiches de fils chinois anti-américains

Quand la télé d'Etat chinoise alimente le climat de guerre commerciale avec les Etats-Unis

7 min
À retrouver dans l'émission

La chaîne chinoise CCTV 6 diffuse des films de guerre mâtinés de propagande anti-américaine, alors que les négociations commerciales Chine/USA se durcissent. En RDC un Premier ministre est nommé, un héros de l'opposition rentre d'exil. En Russie, accusations de censure politique chez Kommersant.

Affiches de fils chinois anti-américains
Affiches de fils chinois anti-américains Crédits : Weibo

Faut-il vraiment parler de "guerre commerciale", entre les Etats-Unis et la Chine ?   

C'est un débat qui anime la presse mondiale depuis des mois que dure le bras de fer des négociations entre Pékin et Washington. Depuis hier, les tensions se concentrent à nouveau sur le géant chinois des télécoms Huawei, banni du marché américain, mais qui a finalement obtenu un sursis de trois mois. The Wall Street Journal voit dans ce revirement un signe que la Maison Blanche a du mal à tenir sa ligne dure dans les négociations, ou en tous cas qu'elle n'arrive pas à faire vraiment faire peur à Pékin.

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En Chine, pourtant, on entretient dans la population ce climat bel et bien de guerre commerciale, au sens propre du terme : il faut lire cet article du South China Morning Post qui nous raconte comment la chaîne de télé d'Etat CCTV 6, spécialisée dans le cinéma,  multidiffuse depuis jeudi dernier des films de guerre à la place de ses programmes habituels. Trois longs métrages et un documentaire, qui sont clairement des oeuvres de propagande, tournés dans dans les années 50, période guerre de Corée donc, avec tout ce que ça implique de réthorique anti-américaine.  

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Ca par exemple c'est le grand classique chinois "La bataille de la Montagne-triangle", de 1956, ou l'histoire de soldats chinois héroïques qui par leur ingéniosité et leur courage arrivent à repousser une armée américaine beaucoup mieux équipée. Et ça ne s'arrête pas là, ajoute l'Asia Times Online : la chaîne ciné de CCTV avait déja supprimé tous les films américains de sa programmation, elle va même jusqu'à refuser désormais les longs métrages chinois qui incluent des scènes tournées aux Etats-Unis. 

Pour les universitaires chinois (anonymes) cités par le journal en ligne, tout ça tend à prouver que le pouvoir chinois est aux abois, qu'il tente, "dans un ultime effort" de recourir aux vieilles méthodes de conditionnement des masses pour relancer le sentiment nationaliste et anti-américain ; une manière d'apparaître plus fort face aux négociateurs de Donald Trump. 

Et en matière de patriotisme économique : l'arme absolue, on y revient, c'est le téléphone portable... de marque Huawei, forcément.  Hier Hu Xijin, l'éditorialiste du média d'Etat Global Times, appelait ses lecteurs à laisser tomber leur IPhone d'Apple pour privilégier la glorieuse technologie chinoise.

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Hu Xijin explique que Huawei perdu une bataille mais pas la guerre, que "cela va prendre du temps mais que le champion chinois des télécoms va se relever, en développant ses propres alternatives aux micro-puces de portables américaines qui dominent le marché". S'équiper d'un téléphone Huawei, pour l'éditorialiste, c'est donc un sacrifice en tant que consommateur-geek, mais c'est une question de patriotisme économique.

En 2019, il semblerait donc que la guerre du rectangle de silicium ait remplacé celle de la "Montagne-triangle".

Nous partons à présent pour la République démocratique du Congo, où la région du Katanga est au coeur de l'actualité. 

Pour deux raisons et même pour deux hommes, en fait, comme nous l'explique Colette Braeckman dans le quotidien belge Le Soir : "Deux katangais" se partagent la Une en RDC, le premier étant le nouveau chef du gouvernement, nommé hier par le président Félix Tshisékédi. Il s'appelle Sylvestre Ilunga Ilunkamba, et outre le fait qu'il est originaire du Katanga, ce qu'en retient la revue Jeune Afrique, c'est qu'il semble avoir été désigné non pas par le chef de l'Etat élu il y a quatre mois mais par son prédécesseur Joseph Kabila. 

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En tous cas, "sa nomination a fait l'objet d'âpres négociations" entre l'actuel et l'ancien président, celui qui veut incarner le changement et celui qui continue de peser de tout son poids pour prészerver les intérêts de sa famille politique. On se souvient que Félix Tshisékédi n'était pas le favori de l'opposition congolaise face à Joseph Kabila, et que sa victoire-surprise à la présidentielle, entachée de contestations, avait été interprétée comme le fruit d'une entente entre les deux hommes. 

L'entente se poursuit donc, avec ce nouveau premier ministre désigné... mais le important n'est pas là, selon le journal en ligne CongoVox. En fait, sa nomination hier lundi aurait été précipitée pour faire de l'ombre à l'autre évènement du jouer : le retour, sur ses terres du Katanga, de l'opposant Moïse Katumbi.  

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Un "vrai héros" selon CongoVox : exilé pendant trois longues années à cause de démêlés avec la justice congolaise, Katumbi a connu "un retour triomphal", un "accueil sans pareil", selon le quotidien indépendant du Katanga Le Phare. Katumbi est revenu dans son jet privé, il a fait partie des quelques 700 prisonniers politiques à avoir été graciés par Félix Tshisékédi lors de son arrivée au pouvoir... l'homme fort du Katanga reconnait donc la légitimité du nouveau président, il affirme aux journalistes de L'Actualité de Kinshasa, qu'il est "revenu pour la paix et la réconcilation".. mais il veut encore avoir son mot à dire sur la politique de son pays. En témoigne cette petite phrase prononcée hier face à la foule sur la place de la Poste de Lubumbvashi, et reprise par toute la presse congolaise : "Le véhicule ne peut être conduit que par ue seule personne. Si vous êtes deux vous commetrez un accident". La parabole, décryptée par L'Actualité, est adressée à son ennemi de toujours Joseph Kabila, pour qu'il accepte enfin de laisser le pouvoir présidentiel à Félix Tshisékédi.

Des journalistes qui s'élèvent contre le limogeage politique de deux de leurs collègues : ça se passe dans la rédaction du plus respectable des médias russes, le quotidien Kommersant. 

Hier le site d'info indépendant Meduza nous apprenait que tous les journalistes du service politique de Kommersant (un peu l'équivalent du Monde en Russie) ont démissionné, en bloc, et l'ont fait savoir sur les réseaux sociaux.

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Ils voulaient ainsi dénoncer la censure politique qui s'était abattue sur deux des leurs : ils étaient poussés à la démission par leurs chefs,  pour avoir publié un article qui avait eu le tort de déplaire à la présidente du Conseil de la Fédération russe. Valentina Matvienko, c'est son nom, n'avait pas apprécié de lire dans Kommersant qu'elle risquait de perdre son poste. Elle a donc fait pression sur le propriétaire du journal, l'oligarque du métal russe Alisher Usmanov, qui lui-même a immédiatemment reporté cette pression sur les deux auteurs de l'article pour les pousser à la démission. 

Au lieu de céder, ils ont dénoncé ces pressions et mobilisé leurs collègues qui ont donc pris leur défense en démissionnant collectivement. En tout, 13 journalistes quittent donc la rédaction de Kommersant, selon la Deutsche Welle. Selon la radio allemande, cette affaire illustre le poids des influences politiques sur la presse russe, un contrôle renforcé par les liens étroits qui existent entre les politiciens pro-Kremlin et les hommes d'affaires qui possèdent les médias. 

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Pour le journaliste et opposant russe Oleg Kashin, à lire sur Republic.ru,  ce qui se passe chez Kommersant c'est un véritable "pogrom" des valeurs du journalisme. Mais ce n'est pas tout à fait nouveau : on précisera que Kashin lui-même a été limogé du journal en 2012.

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