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Un enfant Rohingya au camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh

Le Bangladesh va reloger 100 000 Rohingyas sur une île exposée aux inondations et cyclones

6 min
À retrouver dans l'émission

Dépassé depuis deux ans par l'accueil d'un million de Rohingyas birmans, le Bangladesh veut les reloger sur une île du golfe du Bengale dont l'ONU doute qu'elle soit même habitable. En Thaïlande, le Roi congédie sa jeune favorite deux mois après avoir réimposé la polygamie à la Cour.

Un enfant Rohingya au camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh
Un enfant Rohingya au camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh Crédits : MUNIR UZ ZAMAN - AFP

Une revue de presse asiatique ce matin, qui commence sur un îlot du golfe du Bengale. 

Nous sommes donc au Bangladesh, nous lisons The Dhaka Tribune, et nous y apprenons que le gouvernement bangladais va démarrer dès le mois prochain un projet qui pouvait paraître fou il y a quelques mois quand il a été évoqué pour la première fois mais qui est devenu terriblement concret et effrayant. 

Îlot de Bashan Char dnas le golfe du Bengale
Îlot de Bashan Char dnas le golfe du Bengale Crédits : Google Maps

Sur l'île désolée de Bashan Shar, à plus de deux heures de bateau du port le plus proche, les autorités de Dhaka vont reloger, dès début novembre, jusqu'à 100 000 réfugiés Rohingyas. Ces musulmans qui ont fui leur région de Birmanie, il y a deux ans, pour échapper à un génocide qui ne dit pas son nom, vont être réinstallés, plus ou moins volontairement, dans des baraquements construits serré, à la va-vite, sur une île ou plutôt un ilôt de vase apparu il y a à peine vingt ans. 

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The Dhaka Tribune, relayant la communication officielle, nous explique qu'il fallait trouver une solution pour réduire la surpopulation et la situation humanitaire impossible, dans les camps où s'entassent les Rohingyas faute de pouvoir rentrer chez eux en Birmanie.  The Independent, autre quotidien bangladais, confirme que la situation est devenue intenable, que le Bangladesh où la densité de population est déjà très elevé ne peut plus gérer ce million de réfugiés, que les riverains des camps actuels sont de plus en plus hostiles envers les Rogingyas et envers leur propre gouvernement. 

Il fallait donc trouver d'urgence une solution, alors on a cru la tenir avec Bashar Shan, terre vierge et fertile : on a commencé dès le printemps à y construire à la chaine des batiments aux toîts roses, tous identiques avec une pièce de 14m² par famille, et cuisines et sanitaires en commun.  Le résultat, présenté en infographies et photos par les deux journaux,  ressemble plus à un univers concentrationnaire qu'à une ville nouvelle, avec autour de la terre sableuse, la forêt puis la mer ; au-delà, plus rien.  

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Et puis il y a le principal problème de cette île : elle est exposée à tous les risques naturels. A commencer par les risques d'inondations, à la période des pluies, et de destructions causées par les cyclones, qui ne sont pas rares dans le golfe du Bengale. Je ne vous parle même pas de la montée des eaux liée au réchauffement climatique, puisque l'île de Bashan Char est un banc de sable sans aucun relief.

Ces inquiétudes, on les retrouve évoquée dans The Dhaka Tribune par la rapportrice spéciale de l'ONU pour les droits humains : Yanghee Lee s'est rendue sur l'île, et à son retour elle n'est toujours pas convaincue que Bashan Char soit "simplement habitable". Les autorités bangladaises répondent, par voie de presse, qu'elles ont pensé à tout, que les baraquements sont construits sur pilotis, que des digues ont été créées tout autour de l'île et que chaque unité de logement est équipée d'un abri anti-cyclone... ça ressemble plus à un aveu qu'à un luxe de précautions.

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Al Jazeera Asie, très préoccupée par le sort de la minorité musulmane Rohingyas, semble sceptique sur cette information officielle selon laquelle 7000 réfugiés auraient déjà donné leur accord pour ce déménagement. Il faut voir les conditions de vie dans les camps actuels, ajoute la chaîne qatari : tout est fait pour compliquer la vie des Rohingyas, les pousser, ou bien à rentrer dans leur région de Birmanie malgré les dangers toujours bien réels, ou bien à accepter d'être naufragés volontaires sur Bashan Char. 

Le mois dernier, de sévères restrictions ont été imposées dans le camp surpeuplé de Cox's Bazar : réseau téléphonique brouillé, portables confisqués, on cherche particulièrement à isoler les Rohingyas, à les empêcher de communiquer entre eux , d'appeler les services d'urgence ou de témoigner des conditions de vie infernales qui sont les leurs. Cette stratégie d'isolement, d'abandon, devrait trouver sa pleine réalisation sur l'île de Bashan Char ; les premiers convois de 500 réfugiés quotidiens devraient commencer dans deux semaines à peine.

Nous sommes à présent en Thaïlande où le roi vient de congédier sa favorite.

C'est vrai que ça ressemble à une information tirée de la presse people spécialisée dans la vie des têtes couronnées, mais  ça dit pas mal de choses sur la démocratie et la place des femmes à la cour de Thaïlande.

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 Nous lisons donc le Bangkok Post, avec cette information qui a fait l'effet d'une bombe hier soir : sa Majesté le roi Maha Vajiralongkorn,  a ordonné ce lundi que soient retirés à  la jeune Sinenaat Wongvajirapakdi, surnommée "Koï", tous les titres honorifiques et militaires qu'il lui avait lui-même fait décerner il y a à peine deux mois. Car le monarque avait pris tout le monde de court, en août, en relançant une pratique qui n'avait plus court depuis un bon demi-siècle : il avait donné un statut officiel de "consort" (disons de favorite en français)  à cette ancienne pilote et garde du corps de l'armée thaïlandaise agée de 34 ans. Or ce même roi s'était deux mois plus tôt à la reine Suthida, 41 ans, elle-même ancienne hôtesse de l'air devenue épouse officielle du souverain. 

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La polygamie remise au goût du jour en 2019, même les Thaïlandais avaient eu du mal à y croire, nous dit The Strait Times de Singapour,  ils commençaient à peine à s'habituer à voir la jeune Koï mise en scène en photos style paparazzi dans la presse people ou bien en tenue traditionnelle, assise au pied du trône de son royal concubin pour la photo officielle, quand la Reine Suthida, elle, avait le droit à poser sur son propre trône, au même niveau que son époux. 

C'est apparement ce décalage, cette rivalité au sein de ce qu'il faut bien appeler un harem, qui a causé la perte de la favorite. La Gazette royale d'hier, citée par la BBC,  nous explique qu'elle est bannie pour "avoir eu une attitude déloyale, avoir attenté aux traditions en intriguant pour essayer tenté de faire de l'ombre à la Reine". 

Je laisse là, ces intrigues d'alcoves, pour conclure avec Andrew McGregor Marshall, du South East Asia Globe, sur ce que ça nous dit de la conception du pouvoir chez le roi Vajiralongkorn : dans un pays, la Thaïlande, où la monarchie est sans cesse contestée, depuis un siècle les Rois la jouaient discrète, profil bas malgré leur fortune estimée à 60 milliards de dollars.

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L'actuel souverain arrivé sur le trône en 2017 veut lui restaurer le faste et l'opulence abandonnés par ses prédescesseurs qui espéraient ainsi  calmer les critiques régulières de la rue. Il ne s'embarrasse pas de modernité, de Constitution ou de démocratie et s'arroge, pour mettre en scène son propre pouvoir, le droit quasiment de vie et de mort sur une jeune femme. Aujourd'hui celle-ci en fait les frais, deshonorée aussi vite qu'elle avait été portée aux nues.  Et Andrew McGregor Marshall de conclure que tout cela n'est pas rassurant pour la soi-disant démocratie thaïlandaise, toujours aux mains de la junte militaire alliée à la Royauté.

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