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Bah N'Daw, à droite, avec Jean-Yves Le Drian en 2014 à Bamako

Les putschistes maliens conservent la main sur le processus de transition

5 min
À retrouver dans l'émission

Face aux sanctions de la CEDEAO la junte militaire qui a pris le pouvoir à la mi-août au Mali a accepté de nommer un civil comme président de transition... mais il s'agit de l'ancien ministre de la défense Bah N'Daw, militaire à la retraite. Matteo Salvini, perdant des élections régionales en Italie

Bah N'Daw, à droite, avec Jean-Yves Le Drian en 2014 à Bamako
Bah N'Daw, à droite, avec Jean-Yves Le Drian en 2014 à Bamako Crédits : Habibou Kouyaté - AFP

Il y a un mois, le président malien Ibrahim Boubacar Keita était chassé du pouvoir par un coup d'état militaire ; hier les putschistes ont enfin désigné leur président de transition. 

"Enfin", oui c'est le "ouf de soulagement" poussé par le quotidien guinéen Le Djely, tant il est vrai que le Mali aux mains de la junte militaire était mis sous pression par la CEDEAO la communauté des pays d'Afrique de l'Ouest, sanctionné, sous embargo tant qu'un président civil n'aurait pas été désigné pour conduire le pays à des élections libres sous 18 mois. 

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C'est à présent chose faite... enfin sur le papier, annonce le site Mali Actu : celui qui a été placé au sommet de l'Etat par les hommes en kaki, c'est un nommé Bah N'Daw, 70 ans, qui se trouve être un colonel major de l'armée malienne. Un militaire de carrière pur jus, confirme Afrik.com : formé en URSS puis à l'Ecole de guerre à Paris, ancien pilote d'hélicoptère, Bah N'Daw a fait un parcours sans accroc au sein des forces armées de son pays. Celui à qui son 1m92 a valu le surnom "le grand" parmi ses pairs a même été furtivement ministre de la Défense quelques mois en 2014, mais il a pris sa retraite il y a une dizaine d'année. 

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C'est justement ça, le fait qu'il soit à la retraite, qui permet à la junte de dire à la CEDEAO, "regardez, nous avons tenu parole, nous confions le pouvoir à un civil".  Sauf que personne n'est vraiment dupe, d'autant que comme l'explique à nouveau Le Djely, la vice-présidence malienne est confiée au colonel Assimi Goïta, le meneur des puschistes d'août qui de l'avis général va rester l'homme fort de ce pouvoir de transition et pourrait représenter "une menace" pour le retour au processus démocratique.  

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On retrouve ces mêmes craintes dans l'édito du journal en ligne burkinabé Wakat Sera : si Assimi Goïta avait voulu tenir les rênes du pouvoir pour mieux les céder au vainqueur des élections à venir, alors il aurait pu se faire nommer Premier ministre, gérer les affaires courantes et s'effacer ensuite. Mais il s'est plutôt choisi le poste de vice-président, où il n'aura en théorie aucun pouvoir de décision mais qui pourrait lui servir de tremplin idéal pour se présenter lui-même à la présidentielle qu'il sera chargé d'organiser.

On comprend donc bien que les militaires ne sont pas près de céder le pouvoir à la société civile malienne, analyse validée par l'expert en politique africaine Paul Melly interrogé par la BBC Afrique. Selon lui, la junte espère à la fois avoir satisfait la CEDEAO en nommant comme président de transition un militaire à la retraite, un soi-disant civil, donc... et avoir également rassuré ses partenaires internationaux sur le fait que l'armée veille au grain et va maintenir son engagement dans la lutte contre les djihadistes du Sahel. 

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Au premier rang de ces partenaires internationaux, il y a bien sûr la France et la force Barkhane qui cherchent avant tout la stabilité des institutions maliennes. Paris compte aussi sur le soutien du nouveau pouvoir pour endiguer le sentiment anti-français qui monte dans la population malienne depuis environ un an.  La junte, depuis le coup d'Etat, a  tout fait pour calmer ces élans populaires et amadouer la France. Mais la journée qui commence devrait faire entendre une autre musique, d'après ce que nous annonce Mali Actu : en ce mardi 22 septembre, fête nationale et 60e anniversaire de l'indépendance malienne, une grande marche patriotique est organisée dans le centre de Bamako, par un collectif au nom sans équivoque : "France Dégage".   

Qui est le grand perdant des élections régionales en Italie ? Pour la presse transalpine ça ne fait gère de doute. 

Ce grand perdant se nomme Matteo Salvini : le patron du parti d'extrême-droite la Lega a beau se satisfaire dans Il Giornale des résultats, trois régions sur six qui ont élu des gouverneurs issus de l'alliance qu'il avait formée avec d'autres partis de droite... non, en réalité "Salvini pleure" depuis  lundi soir d'après La Stampa, ce que La Repubblica développe avec cette formule sans pitié : "même quand son camp l'emporte, Salvini lui ressort perdant de ces élections".  

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En Vénétie, le gouverneur sortant issu de la Lega, Luca Zaïa, est réélu avec un "score bulgare", selon l'expression apparemment consacrée en italien. Mais il l'emporte avec une liste sans étiquette, et même pire, contre une liste maintenue par la Lega et promue par Salvini, qui elle connaît un échec cuisant. Cela fait de Zaïa plus que jamais un adversaire sérieux pour la tête du parti ; "je n'ai pas peur de lui comme je n'ai pas peur de la concurrence interne", assure l'ancien ministre de l'Intérieur dans Il Corriere della Serra

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Mais que dire de la concurrence que lui fait de plus en plus clairement l'autre parti d'extrême-droite, Fratelli d'Italie ? C'est bel et bien l'un des leurs qui avait été choisi comme candidat commun de l'alliance droite-extrême droite pour aller contester la région des Marches à la gauche qui la tenait depuis 25 ans. C'est donc Fratelli d'Italia qui s'attire aujourd'hui les bénéfices du succès remporté là-bas.  

Conclusion d'Il Fatto Quotidiano : ce lundi soir il n'y avait bien que Salvini lui-même pour faire mine de ne pas voir qu'il est le perdant de ces élections régionales. CQFD.

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