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Issad Rebrab, l'homme le plus riche d'Algérie, a été arrêté lundi 22 avril, pour répondre de "fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux"

L'Algérie lance la guerre à la corruption et profite indirectement d'une nouvelle décision de Donald Trump

6 min
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Plusieurs hommes d'affaires algériens ont été arrêtés alors que le pétrole est au plus haut du fait de nouvelles annonces américaines autour des sanctions contre l'Iran. En Irlande, la Nouvelle IRA reconnaît être à l'origine de la mort d'une journaliste.

Issad Rebrab, l'homme le plus riche d'Algérie, a été arrêté lundi 22 avril, pour répondre de "fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux"
Issad Rebrab, l'homme le plus riche d'Algérie, a été arrêté lundi 22 avril, pour répondre de "fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux" Crédits : Ryad Kramdi - AFP

The New IRA - Nouvelle armée républicaine irlandaise - a admis avoir tué la journaliste Lyra McKee. C'était jeudi dernier. La jeune femme de 29 ans couvrait une scène de violence entre la police et des dissidents républicains irlandais dans la ville de Londonderry. Elle se trouvait aux côtés des forces de l'ordre et a reçu une balle dans la tête.  Ce matin donc la Nouvelle IRA passe, via un communiqué, par le journal The Irish News pour reconnaître sa responsabilité dans la mort de la jeune femme et présenter "ses sincères et entières excuses à sa partenaire, à sa famille et à ses amis." Le groupe paramilitaire, qui lutte faut-il le préciser, contre la présence britannique en Irlande du nord, estime toutefois, toujours dans le quotidien que la police a "provoqué" les émeutes qui ont précédé l'attaque meurtrière. Ces excuses ne se sont pas arrivées toutes seules, la Nouvelle IRA a été enjointe à les faire, explique le journal, par un parti proche, le Saoradh, d'extrême gauche, et qui a lancé plusieurs appels depuis jeudi pour que l'organisation reconnaisse sa responsabilité.

Une protestation pacifique dans les rues algériennes qui a poussé le président Bouteflika à la démission. Mais une GUERRE dans les bureaux des magistrats !

Une "Guerre contre la corruption" ! C'est le titre en une ce matin du quotidien algérien El Akhbar El Youm avec en photo pleine page les visages de Issad Rebrab et l'un des quatre frères Kouninef. Des hommes d'affaires -le premier, Rebrab, est considéré comme l'homme le plus riche d'Algérie- qui ont été arrêtés hier et présentés à un magistrat.  Un ou des magistrats qui ratissent large. Depuis la démission du président impotent, sont inquiétés les hommes d'affaires qui faisaient partie de l'entourage de Bouteflika, mais avec l'arrestation hier de Rebrab la donne a changé. Car, lui, qui possède  les marques Brandt ou Oxxo - des fenêtres en PVC - , avec des usines en France, n'était pas vraiment un ami du président démissionnaire. Bien au contraire. Mais l'homme est cité dans les Panama Papers. Et s'il a été arrêté hier c'est pour des fausses déclarations concernant des mouvements de capitaux.

Présomption d'innocence pour ces personnes, rappelle le journal algérien L'Expression mais cela ne nous empêche pas de nous informer sur l'étendue de la corruption dans le pays.

Avec Le Jour d'Algérie qui signale que "depuis quelque temps, il ne se passe pas un jour sans que la presse nationale ne relate une histoire de détournement de fonds". Et qui reprend les propos entendus sur les ondes de la Radio nationale hier, du porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption, Djillali Hadjadj. Il chiffre à près de 60 milliards de dollars les sommes d’argent détournées en Algérie sur une période de 15 ans. "Sans compter les manques provoqués par la fuite des capitaux, l’évasion fiscale et autre blanchiment d’argent.".   "Plus l’argent du pétrole entrait dans les caisses de l’Etat et plus la corruption et les enrichissements illicites prenaient des proportions inquiétantes" déclare Hadjadj. Et de préciser que ce fléau "tentaculaire", gangrenait tous les organismes publics et n'était  pas le propre de dignitaires du régime ou de hauts fonctionnaires, mais qu’il était aussi présent dans les régions les plus reculées d’Algérie, à travers les phénomènes de pots-de-vin et autres commissions sur les marchés publics. Djillalli également cité dans L'Expression. Un article sur le même phénomène titré "La Justice passe à l'acte" et estimant que "la plus grande opération anti-corruption en Algérie" ne fait que commencer ! "Il n'y a pas de corruption sans corrupteurs" dit donc dans L'Expression Djillali Hadjadj. "Les pays européens ont eux aussi leur part dans la propagation de ce fléau. Dans des pays comme la France, les dignitaires algériens ainsi que d'autres hommes d'affaires possédant des biens mal acquis sont connus des autorités compétentes et parfaitement identifiés." 

Alors terminons sur l'Algérie avec toujours le quotidien L'Expression qui salue le fait que "Le baril accompagne le Hirak", ce mouvement populaire, initié le 22 février. "Le pétrole est à son plus haut niveau depuis novembre dernier. Ce qui représente, écrit le journal, une bouffée d'oxygène pour l'Algérie. Cela tombe à point nommé. À un moment où le pays traverse une période d'incertitude politique sur fond de crise financière aux relents dévastateurs."  Le prix du baril a franchi hier matin la barre des 74 dollars, pour la première fois depuis le début de l'année 2019. "A quoi est dû ce départ en fanfare de l'or noir ? interroge le quotidien. Hé bien au président des États-Unis, Donald Trump !

Donald Trump fait volte face concernant le pétrole iranien !

Les États-Unis, malgré leur retrait de l'accord de 2015, avaient autorisé huit pays à acheter du pétrole à l'Iran. Mais dès le 2 mai, c'est fini ! Ceux parmi ces huit pays qui continueront à se fournir à la pompe de Téhéran seront sanctionnés. Annonce hier du secrétaire d'État américain Mike Pompeo. "Toute nation ayant des relations avec l'Iran devrait faire preuve de prudence, a-t-il prévenu. Les risques ne valent tout simplement pas les avantages." Le Washington Post nous rappelle que sont concernés la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Turquie. L'Italie, la Grèce et Taïwan ayant déjà arrêté de se fournir auprès de l'Iran. Cela vise, explique le journal américain, "à forcer l'Iran à choisir entre un changement complet de comportement et de politique étrangère, ou un effondrement économique !" Les sanctions, depuis le retrait des Etats Unis de l'accord de 2015  ont coûté 10 milliards à l'Iran selon Pompeo. "Le régime aurait utilisé cet argent pour soutenir des groupes terroristes tels que le Hamas et le Hezbollah et poursuivre le développement de ses missiles" a-t-il ajouté. Le Washington Post donne la parole au Conseil national irano-américain. Jamal Abdi, son président estime que cette nouvelle annonce "est le signe d'une tentative désespérée de contraindre l'Iran à redémarrer son programme nucléaire afin de provoquer une confrontation extrême. Trump, poursuit Abdi, est bizarrement déterminé à adopter cette politique destructrice alors même qu'elle oblige les électeurs américains à fouiller plus profondément dans leurs poches pour payer l'augmentation du prix de l'essence."  Toujours un peu étrange de se dire que la guerre du pétrole puisse à la fois tordre le bras à des pays, je pense à l'Iran, et servir des peuples en quête de démocratie, comme l'Algérie.

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