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Panneau de rue dans le quartier autogéré CHOP à Seattle le 20 juin 2020

Les policiers vont faire leur retour dans le quartier autogéré de Seattle

6 min
À retrouver dans l'émission

En marge de Black Lives Matter début juin, des centaines de militants antiracistes avaient pris le contrôle d'un quartier de Seattle où la police n'avait plus droit de cité. L'expérience d'autogestion a été ternie par des violences qui ont fait un mort. Matteo Salvini contesté à la Lega italienne ?

Panneau de rue dans le quartier autogéré CHOP à Seattle le 20 juin 2020
Panneau de rue dans le quartier autogéré CHOP à Seattle le 20 juin 2020 Crédits : David Ryde - AFP

Ce matin nous partons pour Seattle, sur la côte Ouest des Etats-Unis, dans un quartier aussi unique que menacé.  

... Un quartier qui a attiré des dizaines de journalistes américains ces dernières semaines à la faveur des manifestations contre les injustices raciales et les violences policières. Un quartier baptisé d'acronymes, CHAZ, pour "zone autonome de Capitol Hill", ou CHOP pour "zone de protestation organisée de Capitol Hill" : six patés de maisons, dans les quartiers Est de Seattle, qui le 8 juin ont été érigés, par des centaines de militants antiracistes et de gauche, comme une sorte de ZAD, un secteur où la police honnie pour son racisme systémique n'a plus le droit d'entrer. 

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Bien plus largement, écrit Ashton Weis dans le Des Moines Register, CHAZ (ou CHOP, donc), c'est devenu en très peu de temps "un lieu sans pouvoirs institués mais voué à l'éducation populaire, au débat, à l'imagination collective et au partage" ; une espèce de 'quartier Nuit debout' pour ceux à qui ça rappelera quelque chose en France, bref, "un lieu d'espoir, de progrès où l'idée de 'faire communauté' prend tout son sens", selon donc le quotidien de l'Iowa. 

Ca c'est pour le côté pile, le côté brillant l'expérimentation sociale et politique née en marge de la vague Black Lives Matter. Sauf que si l'on parle aujourd'hui de CHAZ c'est parce que la sénatrice et maire de Seattle, Jenny Durkan, vient d'annoncer dans le Seattle Times que "la situation n'est plus tenable, ni pour les résidents ni pour les commerçants du quartier", que "la sécurité de tous est en jeu"... et que, en conséquence, la police va faire son retour, la nuit au moins, dans le grand commissariat de Capitol Hill qui avait été muré par les zadistes. 

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Pas question, assure en tous cas l'élue démocrate, de mettre fin à tout ce qui se passe en journée dans le quartier ; mais la nuit, désormais, une sorte de couvre-feu devra s'imposer, il faudra que les protestataires replient volontairement leurs tentes et estrades et quittent pacifiquement les lieux pour laisser les policiers reprendre le contrôle.  

Il faut dire que ces derniers jours le quartier autogéré a connu une poussée de violence. En lisant le Washington Post, on apprend que le week-end dernier deux fusillades ont éclatées dans les rues de CHOP, faisant trois victimes dont un jeune homme de 19 ans, Lorenzo, qui y a perdu la vie. Ce qui a choqué, forcément, la presse conservatrice à commencer par la chaîne FoxNews, ce sont ces images tournées par des policiers, qui ont tenté de se rendre sur les lieux des coups de feux mortels pour secourir la victime, et qui en ont été empêchés, repoussés aux limites extérieures du quartier autogéré, par ses occupants. Les victimes elles ont été prises en charge par les équipes médicales formées par des activistes sur place, qui les ont transférées vers les hôpitaux les plus proches.

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Immédiatemment les commentateurs de Fox News y ont vu un exemple criant de ce produit fatalement le laxisme et l'angélisme des gauchistes de Black Lives Matter, avec la complicité des démocrates ; et même le New York Times reconnaît que "ces fusillades mettent à l'épreuve la zone zéro-police de Seattle". 

Mais faut-il vraiment s'étonner du fait que la violence armée qui existe partout ailleurs aux Etats-Unis ait fini par s'inviter aussi, après plusieurs semaines de calme, dans les rues de CHOP? Ce qui est sûr, d'après la radio locale KUOW FM  du réseau public NPR, c'est que ces rixes nocturnes du week-end passé "contrastent fortement avec l'ambiance chaleureuse et pacifique qui caractérise le quartier en journée". Les organisateurs (pour autant qu'il y en ait), laissent entendre que les fusillades auraient été déclenchées par des militants d'extrême-droite venus provoquer des troubles... mais ils n'en ont pas apporté la preuve jusque-là. 

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En attendant, la police, nous confirme The Seattle Times, devrait donc faire son retour la nuit prochaine à Capitol Hill. Reste à savoir l'accueil qui sera réservé à ce couvre-feu nocturne par les 'zadistes' de Seattle.  

En Italie, la pandémie fait souffler un vent de changement sur la droite de la droite. 

Conséquence politique inattendue de la crise sanitaire, à la Lega le magistère de Matteo Salvini sur son parti semble fragilisé d'après Greta Privitera qui consacre sur Politico Europe un long portrait à la figure montante de l'extrême-droite italienne, j'ai nommé Luca Zaia. 

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Le "grand vainqueur de la Covid-19", selon les médias et dans une bonne partie de l'opinion publique en Italie, c'est lui, le gouverneur de Vénétie qui a réussi à limiter, dans sa région, les ravages du coronavirus. Derrière le chef du gouvernement Giuseppe Conte, il est devenu en quelques semaines, selon les sondages d'opinion, "le deuxième homme politique préféré des Italiens".

Quand les autres présidents de région d'Italie du Nord sont accusés de négligence et d'incompétence meurtières, Luca Zaia est devenu l'autorité que l'on écoute et dont on suit les décisions, sur le déconfinement par exemple, et chacune de ses conférences de presse quasi-quotidiennes est abondamment relayée par les journaux transalpins. 

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Pendant ce temps, poursuit l'article de Politico, l'étoile de Matteo Salvini s'est plutôt ternie pendant la crise sanitaire : faute de fonctions politiques territoriales, il a été vu come hors-jeu,  et les médias se sont désintéressés de lui. Résultat : les mêmes sondages qui le donnent 15 points derrière Zaia en terme de popularité indiquent aussi que si le gouverneur de Vénétie menait la Lega aux prochaines élections générales, le succès serait beaucoup plus garanti qu'avec Salvini comme tête de liste.  

La personnalité de Luca Zaia intéresse aussi The Financial Times qui, début mai déjà, annonçait que ce "héros politique de la lutte contre le coronavirus commençait à fair sérieusement de l'ombre à Matteo Salvini". Le journal britannique remarquait déjà à l'époque que le parcours et la personnalité du Vénitien rassuraient beaucoup de monde à la Lega, et incarnerait plutôt bien le virage vers le centre-droit que semble vouloir prendre le parti quand Salvini lui reste très marqué à l'extrême-droite. 

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Pour répondre à toutes ces ambitions que d'autres nourrissent pour lui, Luca Zaia multiplie les interviews, comme dans la Stampa ce week-end où il clame qu'il n'a "pas d'ambition ni au sein du parti ni pour conquérir la présidence du Conseil", en clair que "Matteo Salvini peut dormir sur ses deux oreilles". Pour le moment, il affirme se concentrer sur sa réélection à la tête de la Vénétie, avec le soutien de Salvini qui en échange attend de lui une loyauté politique absolue. 

Luca Zaia, conclut le Corriere del Veneto, se complaît dans son rôle de bon gestionnaire politique, d'homme d'action et d'idées fortes : il promet de tout donner pour arracher à Rome plus d'autonomie pour Venise et sa région. Ce combat lui suffit pour le moment, c'est ce qu'il affirme en tous cas... mais jusqu'à quand ? C'est toute la question.

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