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Donald Trump à la Maison blanche, le 20/11/20

Du bout des lèvres, l'administration Trump accepte d'entamer la transition

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La secrétaire générale de la Maison-Blanche a consenti ce lundi soir à entamer la transition du pouvoir présidentiel vers l'équipe de Joe Biden. Mais Donald Trump refuse toujours publiquement de reconnaître sa défaite. En Russie, le bilan officiel du Covid-19 est contesté par un média d'opposition.

Donald Trump à la Maison blanche, le 20/11/20
Donald Trump à la Maison blanche, le 20/11/20 Crédits : Mandel Ngan - AFP

Les meilleures choses ont une fin, paraît-il… et même Donald Trump semble l’avoir compris.

Restons prudent : disons bien "Trump semble l’avoir compris", parce que si on se fie à son seul compte Twitter, le 45e président des États-Unis ne concède surtout pas sa défaite à la présidentielle du début du mois, non… il affirme même qu’il poursuit avec détermination la contestation en justice des résultats. Mais tout de même, hier soir à Washington il a bel et bien, confirme CNN, donné son feu vert à ce que débute le processus de transition des pouvoirs présidentiels de son administration à celle de Joe Biden. 

Et la chaîne d’info américaine en veut pour preuve, non pas les tweets versatiles et embrouillés du président, mais cette lettre, adressée par la secrétaire générale de la Maison Blanche, Emily Murphy, à l’équipe de transition de Biden et Harris. 

Cette lettre, sans une nouvelle fois accorder le bénéfice de la victoire électorale aux démocrates, explique que l’administration Trump accepte de commencer à accepter de partager les informations et les fonds publics nécessaires à la transition, avec celle du "président elect". 

Petit détail technique relevé également par le journaliste Mike Memoli de NBCNews, le site internet de l’équipe Biden était hier soir un .com, site privé… et il est ce matin un .gov, hebergé donc par les serveurs fédéraux ; cela veut dire beaucoup, même si, enjeu capital, le compte officiel sur Twitter du président, le @Potus pour "Président of the United States" restera entre les mains de Donald Trump jusqu’à la passation officielle de pouvoirs le 20 janvier. 

Reste à comprendre pourquoi c’est ce lundi que l’administration Trump a cédé, après des semaines de déni pour retarder cette transition. Cette décision (dont Emily Murphy explique bien dans sa lettre qu’elle l’a prise elle-même et pas sous pression du président), elle s’explique par un constat repris dans l’éditorial publié lundi soir par The Wall Street Journal : qu’il le veuille ou non, le camp Trump arrive à bout de recours en justice pour contester sa défaite. Lundi, dans un comté particulièrement contesté de l’Etat du Michigan, un élu républicain a refusé d’obéir au président sortant et de lui donner la victoire, ce qui a permis de valider celle, bien réelle, de Joe Biden. Un véritable camouflet pour le président sortant. Ses avocats ont déjà perdu une trentaine de recours devant les tribunaux, dont le dernier en Pennsylvanie l’a privé, il faut bien le reconnaître, de se derniers espoirs de gagner sur tapis vert. 

En plus de toutes ces déconvenues en Justice, le New York Times note une autre mauvaise nouvelle hier pour Donald Trump, un autre signe que les mouches avaient définitivement changé de coche : elle est venue du géant américain de l’automobile, General Motors, qui a annoncé qu’il ne soutenait plus la politique du président sortant en matière d’assouplissement des normes de pollution. 

General Motors qui se range aux côtés de l’Etat démocrate de Californie et de la politique environnementale prônée par Joe Biden pour demander plus de régulations des émissions de gaz à effet de serre :  un vrai signe des temps et un "coup de grâce" interprété comme tel par la Maison Blanche, l’administration Trump qui commence donc, du bout des doigts, à passer les clés du pouvoir à celui qu’elle qualifie (et le terme devrait rester dans l’histoire politique américaine) de "président apparemment élu".  

Donald Trump, lui, peut se consoler, écrivent enfin, avec ce qu’il faut d’ironie, Maggie Haberman et Matt Fleigenheimer du New York Times : ce mardi, il va tout de même pouvoir gracier deux dindes de Thanksgiving, comme le veut la tradition présidentielle.

Ce sera donc la dernière fois pour lui qui semblait apprécier tout particulièrement ces moments d’apparat, de pure représentation présidentielle. "La pompe, la splendeur de la Maison Blanche, un pouvoir de vie et de mort, mais avec pourtant une décision que personne ne viendrait contester" : finalement, concluent Haberman et Fleigenheimer, "gracier des dindes, c’est tout ce que Trump adorait dans la fonction présidentielle". On comprend mieux pourquoi il aura mis autant de temps et de mauvaise volonté avant de finalement accepter sa défaite.

Nous sommes à présent en Russie où un média ose contester les chiffres officiels de la mortalité liée au Covid-19. 

Ce média, c’est le journal en ligne Mediazona, proche de l’opposition et notamment des Pussy Riots : ce week-end, il a publié une enquête statistique qui se base sur les données de la surmortalité depuis le début de la pandémie, c’est-à-dire le nombre réel de morts enregistrées par l’agence statistique d’Etat RosStat, par rapport à ce même nombre sur la même période les 5 années précédentes. 

Ce qui en ressort, c’est que la Russie a déploré, en 2020, 120 000 morts de plus que les autres années d’avril à septembre ;  c’est 4 fois plus que les moins de 40 000 morts officiels liés au Covid.

Alors, ce n’est qu’un indicateur, Mediazona ne dit pas que cette surmortalité de 120 000 personnes est entièrement liée à l’épidémie : il y a eu les personnes qui n’ont pas pu être soignées à temps à cause de la saturation des hôpitaux, les opérations vitales qui n’ont pas pu être assurées pour la même raison, et d’autres facteurs encore. 

La vérité du bilan humain du Covid en Russie est sans doute entre les deux, mais elle est surtout loin des 40 000 morts officiels affichés par les autorités sanitaires. Cette conclusion de Mediazona commence à être reprise dans d’autres médias russes, remettant en cause le satisfecit officiel du Kremlin sur sa gestion de l’épidémie jusque-là.

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