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FIame Naomi Mata'afa (en blanc au centre) prête serment sous une tente aux Samoa, le 24/05/21

Le coup d'Etat, tendance géopolitique des années 2020 ?

6 min
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Au Mali, aux Samoas, en Tunisie, l'actualité politique est marquée par des tentatives ou rumeurs de coups d'Etat ; les reculs démocratiques se multiplient et semblent dessiner une tendance générale à la tentation autoritaire.

FIame Naomi Mata'afa (en blanc au centre) prête serment sous une tente aux Samoa, le 24/05/21
FIame Naomi Mata'afa (en blanc au centre) prête serment sous une tente aux Samoa, le 24/05/21 Crédits : Malietau Malietoa - AFP

L'actualité internationale nous propose plusieurs variations autour du thème du coup d'Etat et de la démocratie confisquée.  

Un thème éminement classique dans la géopolitique des dernières décennies mais qui ne se démode pas, si l'on en croit ce qu'on lit aujourd'hui encore dans les journaux sur différents continents. Commençons où nous en étions restés ce lundi avec mon camarade Adrien Toffolet, au Mali où l'armée a déjà congédié l'ex-président IBK il y a neuf mois pour installer à sa place un pouvoir dit de transition. Eh bien, ces mêmes militaires la nuit dernière ont récidivé, en une sorte de coup de force dans le coup d'Etat : le Président et le Premier ministre de transition ont été arrêtés manu militari et emprisonnés, raconte Maliweb, immédiatement après l'annonce d'un remaniement ministériel.  

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Chassés du pouvoir pour avoir présenté un gouvernement qui n'avait pas l'heur de convenir à la junte, développe le quotidien guinéen Le Djely selon qui les militaires, par ce coup de sang tout au moins, signifient qu'ils "lne comptent pas se laisser déposséder de eur transition". "Une nouvelle fois, écrit Boubakar Sanso Barry, _le destin du Mali passe par le fameux camp militaire de Kati [au nord de Bamako, la place forte de l'Armée] dont les humeurs, plutôt changeantes, auront finalement déterminé la marche laborieuse du pays ces dernières années_". La junte dévore ses propres enfants et il est "déplorable, insiste l'Observateur Paalga, de voir tous ces galonnés passer le temps à se disputer les privilèges et les morceaux les plus viandeux de la République, toute honte bue, pendant que le Mali est livré aux hordes terroristes et rongé par les conflits communautaires". 

Et le journal burkinabé de dire toute son inquiétude sur la suite du processus de transition, qui rappelons-le même s'il devient difficile d'y croire encore, doit déboucher dans 10 mois au plus tard sur un retour à la normale constitutionnelle et la tenue d'une vraie élection présidentielle libre et démocratique.

Les élections démocratiques, voilà un concept qui semble avoir perdu beaucoup de sa valeur dans le jeu politique mondial. 

Et sans vous parler de l'Amérique de Donald Trump ou de la Birmanie d'Ang San Suu Kiy, on peut évoquer pour s'en convaincre ce qui s'est passé ce lundi encore dans la petite monarchie océanienne des Samoa. Une démocratie parlementaire où, là, ce sont les candidats civils au pouvoir qui s'entredéchirent, comme nous le rapporte The New York Times : lundi donc, la vainqueure des dernières législatives Fiame Naomi Mata'afa s'est rendue au siège du Parlement pour y prêter serment et devenir la première femme cheffe de gouvernement de l'histoire des Samoa ; mais elle a trouvé porte close : le président de l'Assemblée (et son principal rival) a ordonné qu'on lui refuse l'accès, car il conteste sa défaite.

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Résultat : pour ne pas donner l'impression de renoncer, lundi soir Fiame Naomi Mata'afa a improvisé avec son parti une cérémonie d'investiture dans une grande tente devant le Parlement, et les Samoa se retrouvent avec deux chefs de gouvernement qui s'accusent mutuellement d'avoir mené un "coup d'Etat"... On y revient, et on se dit que c'est encore une chance que l'archipel pacifique et ses 200 000 habitants n'aient pas d'armée constituée pour venir compliquer encore la donne.  

On parle aussi de coup d'Etat ou en tout cas de projet en Tunisie. 

Là, ça ne vient pas d'un quotidien tunisien mais du site d'info Middle East Eye, basé à Londres et considéré comme proche des Frères Musulmans... même s'il s'en défend. Le journal en ligne a donc publié dimanche en exclusivité ce qu'il affirme être un projet noir sur blanc de "coup d'Etat constitutionnel" ourdi par les services du Président tunisien Kaïs Saïed, auquel il aurait donc été conseillé d'organiser l'arrestation dans un même coup de filet de tous les dirigeants du gouvernement élu et de l'opposition, pour ensuite annoncer la mise en place d'une "dictature constutionnelle". La chose est présentée comme la meilleure solution pour gérer les affaires du pays, en pleine pandémie et alors que la Tunisie n'arrive plus à rembourser ses dettes. Dans une telle situation, écrivent les conseillers du président, "c'est le rôle du chef de l'Etat de réunir tous les pouvoirs entre ses mains et de devenir le centre de l'autorité" en vertu de l'article 80 de la Constitution Tunisienne qui organise l'Etat d'exception. 

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Tout cela est bien sûr démenti vigoureusement, dans les colonnes du journal Kapitalis, par la présidence qui laisse entendre que ce serait là une intox lancée par le parti d'opposition Ennahda pour fragiliser Kaïs Saïed en accentuant son image (bien réelle) de professeur de droit constitutionnel autoritaire et ultra-conservateur. Mais si cette rumeur fonctionne, explique le Middle East Eye, c'est aussi parce qu'elle repose sur une profonde crise politique en Tunisie, avec le blocage entre le Président et le Parlement sur la création d'une Cour constitutionnelle censée renforcer la démocratie tunisienne mais vue comme une dangereuse limitation de ses pouvoirs par le chef de l'Etat.  

Au Québec, ce mardi a bien failli être jour de grève sur les chantiers de construction. 

Il s'en est fallu de peu, nous dit le Journal de Montreal, et d'ailleurs même si elle a été écartée pour ce mardi, la menace d'une grève dans le bâtiment reste bien réelle puisque les syndicats n'ont pas encore réussi à faire renoncer le patronat à son grand projet du moment : imposer à tous les ouvriers de la construction l'utilisation sur leur téléphone portable d'une application de géolocalisation qui permettrait de compter leurs heures en vérifiant, en temps réel, s'ils sont bien sur leur chantier. 

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Un rêve de patron... mais un chiffon rouge pour les organisations professionnelles qui ont d'ailleurs, c'est Le Devoir qui nous l'apprend, déjà eu gain de cause en justice contre ces programmes qualifiés de flicage et de menace pour la vie privée des salariés. Le souci, c'est que les négociations qui sont toujours en cours ont bien avancé sur les salaires et les retraites, mais pas sur le sujet central qui reste le bannissement de ces technologies problématiques. 

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Ce qui est sûr, c'est que le Quebec craint une grève qui ralentirait plus encore toute l'économie provinciale qui peine à redémarrer après la pandémie. Selon Radio Canada, le gouvernement de droite mené par François Legault "se dit prêt à adopter une loi spéciale pour obliger les travailleurs à retourner sur les chantiers".

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