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Xi Jinping et Emmanuel Macron à l'Elysée le 25 mars 2019

Le double discours d'Emmanuel Macron sur l'expansionnisme chinois en Europe

6 min
À retrouver dans l'émission

La presse internationale pointe l’ambiguïté de la posture française envers la Chine, entre volonté affichée de containment et signature de contrats-records. La Russie envoie des soldats au Venezuela, les USA "ne resteront pas les bras croisés". Stratégie de la peur face à la contestation en Algérie.

Xi Jinping et Emmanuel Macron à l'Elysée le 25 mars 2019
Xi Jinping et Emmanuel Macron à l'Elysée le 25 mars 2019 Crédits : Ludovic Marin - AFP

Les journaux, à travers le monde, essayent de voir plus loin que le tapis rouge, déroulé par la France au président chinois. 

Derrière la pompe et le protocole déployés depuis dimanche à Nice puis à Paris, "difficile, écrit Adam Nossiter dans le New York Times, de de ne pas sentir à quel point la France Emmanuel Macron sont sur leur quand-à-soi face à la Chine". 

A travers l'insistance du président français à imposer à l'agenda ce mardi la présence d'Angela Merkel et de Jean-Claude Juncker, il y a cette idée que seule une réponse européenne unifiée est valable, face à ce qui est ressenti comme une volonté hégémonique de la Chine en Europe. Et l'on retrouve là, nous dit Adam Nossiter, toute "l’ambiguïté de la relation entre la France et la Chine, pays qui nous délivre par dizaines de milliers chaque année ses touristes avides de nos produits de luxe, mais qui nous livre aussi une concurrence féroce et directe dans ce qui fut notre aire d'influence africaine". 

Vu d'Allemagne, dans les pages de Die Presse, on lit que la rhétorique du "front européen uni", brandie par Emmanuel Macron face au président chinois,  confirme "l'attitude de plus en plus conflictuelle" qu'adopte l'Europe vis-à-vis de la Chine.  A Zurich, la Neue Zürcher Zeitung remarque d'ailleurs que la visite de Xi Jinping, à Paris depuis hier, se déroule avec tout de même "moins de faste que la précédente" et surtout avec "plus de réserves exprimées par l'Elysée sur la stratégie expansionniste de Pékin".  

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"Emmanuel Macron veut imposer des limites au président chinois"... écrit le quotidien de Suisse allémanique, mais qu'on ne s'y trompe pas : "le décalage reste saisissant, entre ces positions politiques affichées et la réalité économique". En France comme ailleurs, confirme Die Presse, "les postures critiques s’évanouissent dès qu'il s'agit de signer de gros contrats avec la République Populaire". 

En témoigne cet accord commercial paraphé hier, et que le South China Morning Post qualifie de "contrat-mammouth" : la Chine s'engage à acheter 290 avions Airbus. Il y en a pour 31 milliards d'euros, et comme ça concerne des appareils de type A320, c'est aussi un "gros coup dur pour le l'américain Boeing, en pleine crise après les deux crashs successifs de ses 737 Max 8" qui sont les concurrents directs l'A320 européen. 

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Sur ce sujet des Boeing qui s'écrasent, le New York Times nous révèle les résultats des derniers essais réalisés par l'avionneur américain : en recréant les conditions de la catastrophe aérienne d'octobre en Indonésie, les pilotes d'essai se sont rendus compte qu'ils ne disposaient que de 40 secondes, après le décollage, pour désactiver une procédure automatique défaillante, et éviter une perte de contrôle de l'appareil.  Mais ça, les pilotes de Lion Air en octobre et d'Ethiopian Airlines le mois dernier ne le savaient pas.

Deux autres avions, dans l'actualité sud-américaine : ceux que la Russie a fait atterrir à Caracas ce samedi. 

Les deux appareils militaires ont débarqué une centaine de soldats russes et 35 tonnes de matériel. Pas de doute pour le Wall Street Journal, "Moscou affiche son soutien à Nicolas Maduro", au moment où ce dernier crie au complot ourdi par les américains et leur "marionnette" Juan Guaido pour le faire assassiner.  

"Maduro isolé, privé d'argent, après des mois de bras de fer et de sanctions internationales", mais Maduro qui s'accroche toujours, et peut donc compter sur l'appui démonstratif de son allié russe.  "Il n'y a rien de mystérieux la-dessous", dit-on dans la presse officielle à Caracas comme à Moscou : la Russie et le Venezuela ont des accords d'entraide militaire et ne font que les appliquer, résume El Pais.  

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Sauf, que, vous vous en doutez, Washington ne l'entend pas de cette oreille, et ça donne cette déclaration de Mike Pompeo, citée par El Nuevo Herald : "Les Etats-Unis et leurs alliés dans la région ne resteront pas les bras croisés pendant que la Russie exacerbe les tensions au Venezuela". C'est ce qu'a dit hier le secrétaire d'Etat américain au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Lequel lui a répondu en accusant Washington de "préparer un coup d'Etat contre le président élu du Venezuela". 

Voilà donc où nous en sommes, et voilà qui fait s'interroger le quotidien Gazeta en Russie : "le Venezuela est-il en train de devenir une nouvelle Syrie", comprenez "le prochain théâtre d'un affrontement militaire mondialisé" ?  La Gazeta n'élude rien des enjeux pétroliers qui alimentent les appétits des grandes puissances, Etats-Unis, Russie mais aussi Chine, là encore. Et de conclure, "qu'avec les élections présidentielles américaines qui se profilent déjà, Donald Trump va avoir besoin de de victoires éclatantes sur la scène internationale". Alors non, l'hypothèse d'une guerre au Venezuela n'est vraiment pas à exclure.  

En Algérie la contestation du "système" Bouteflika reste vive, et le "système" se défend. 

Les journaux algérois détaillent ses différentes tentatives de saper le mouvement populaires :  dans El Watan, par exemple, on nous explique qu'une "cyberguerre" est en cours, pour faire peur aux algériens et les dissuader d'aller manifeste. Sur les réseaux sociaux, des centaines de comptes anonymes ont fait leur apparition et ils inondent la toile de vidéos, montrant par exemple un obscur groupuscule islamiste en train de se mêler aux manifestants anti-Boutflika. La tentative est claire selon El Watan : il s'agit d'agiter la peur d'un retour de l'islamisme et des années de sang, la décennie 1990. 

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Autre visage de l'intimidation, toujours dans El Watan : des magistrats qui prennent part à la contestation font face à des pressions, des menaces de sanctions de la part de leur hiérarchie dominée par le Ministre de la Justice.  

Enfin le site d'info Tout sur l'Algérie revient lui sur cette manifestation hier de journalistes de la télévision nationale ENTV : slogans contre la censure d'Etat qui reste la norme.

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Le message aurait-il enfin été entendu en haut-lieu ? En tous cas TSA nous apprend le limogeage, dans la soirée d'hier, du patron d'ENTV : "dans le contexte actuel ça pourrait passer pour un signe de bonne volonté adressé à la rue, sauf que l'identité du nouveau titulaire du poste pose problème" : Lofti Chriet, c'est son nom, est "considéré comme un proche, un fidèle parmi les fidèles du cercle présidentiel".  

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"Le pouvoir politique fait encore fausse route", conclut Tout sur l'Algérie : sa décision est d'abord "un coup d'épée dans l'eau", tant la télé d'Etat n'a plus tellement de poids à l'heure des réseaux sociaux, mais elle est surtout "un signe de plus que le système est prisonnier de ses vieux réflexes, et imperméable aux réformes".

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