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Amy Coney Barrett devient la 5e femme nommée juge à la Cour suprême américaine

États-Unis : une nouvelle juge conservatrice à la Cour suprême, à 8 jours des présidentielles

4 min
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La conservatrice Amy Coney Barrett devient la 115e juge de la Cour suprême de l'histoire des Etats-Unis. Une nomination dans l'urgence, à 8 jours des présidentielles, qui fait grincer des dents les médias pro-démocrates.

Amy Coney Barrett devient la 5e femme nommée juge à la Cour suprême américaine
Amy Coney Barrett devient la 5e femme nommée juge à la Cour suprême américaine Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Un seul nom est à la Une de tous les journaux américains ce matin. Celui d'Amy Coney Barrett, devenue cette nuit la 115e juge de la Cour suprême dans l'histoire des Etats-Unis (et seulement la 5e femme). Elle succède à l'icône libérale Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre dernier, à l'âge de 87 ans.

Une nomination historique à plus d'un titre selon le Wall Street journal. Tout d'abord, elle confère à la Cour suprême une large majorité républicaine, avec désormais six juges républicains et trois juges démocrates. Du jamais vu depuis 1930. Et puis le processus de nomination a également marqué l'histoire de son empreinte selon le quotidien. En effet, comme le veut la constitution américaine, Amy Coney Barrett a été choisie par le président Donald Trump. Un choix approuvé par le Sénat avec seulement 52 voix contre 48, mais surtout aucun sénateur démocrate n'a voté pour, une première depuis plus de 150 ans.

Vers une restriction de l'IVG et de l'Obamacare ?

Les raisons de cette défiance quasi inédite des sénateurs démocrates tiennent d'abord aux convictions d'Amy Coney Barrett, dont USA Today brosse le portrait ce matin. Amy Conney Barrett est une femme de 48 ans, mère de sept enfants, dont un atteint de trisomie et deux enfants adoptés originaires d'Haïti. Sa carrière juridique est saluée, ancienne greffière puis professeure de droit reconnue à l'Université Notre Dame, elle n'est en revanche juge d'une cour d'appel que depuis trois ans (nommée déjà à l'époque par Donald Trump, qui pousse ses pions républicains sur l'échiquier judiciaire depuis son élection). 

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Difficile donc de tirer de grandes conclusions après trois ans d'activité seulement, mais USA Today rappelle que Barrett a par le passé largement affirmé ses envies de restreindre le droit à l'avortement. En critiquant notamment l'arrêt Roe contre Wade de 1973, qui légalise l'avortement aux Etats-Unis. Elle s'est également déjà montrée hostile à l'Obamacare, et a plusieurs fois pris la parole pour défendre l'élargissement du droit aux armes à feu. En somme, la totalité des publications Outre-Atlantique s'accordent pour dire que cette nomination à la Cour suprême, la troisième de Donald Trump depuis le début de son mandat, va donner une couleur résolument conservatrice à la juridiction.

Le point culminant d'une croisade de 4 décennies du parti conservateur

Et ce matin le vitriol d'or est attribué à l'unanimité au New-York Times, et notamment à son Comité de rédaction qui se fend d'un billet de mauvaise humeur particulièrement cinglant. Pour les auteurs cette nomination est tout simplement "le point culminant d'une croisade de 4 décennies du parti conservateur". Leur but : "remplir les tribunaux fédéraux de juges acquis à leur cause". Une manière selon le journal de faire "barrage à une population toujours plus progressiste".  

En un mandat, Donald Trump a nommé trois juges conservateurs à la Cour suprême.
En un mandat, Donald Trump a nommé trois juges conservateurs à la Cour suprême. Crédits : Brendan Smialowsk - AFP

Évidemment, Amy Coney Barrett s'en est défendue cette nuit au moment de prêter serment. "C'est le travail d'un juge de résister à ses préférences politiques", a-t-elle déclaré. Même son de cloche chez son oncle, qui signe un long billet ce matin sur le site de Nola, un titre de la Nouvelle-Orléans. "Un juge n'est pas une machine dans lequel un politicien glisse une pièce écrit-il, je connais Amy depuis 48 ans mais je ne parierais pas un dollar sur la façon dont elle se prononcera sur l'avortement. Même si tempère-t-il, je sais qu'elle est profondément pro-vie."

Influencer l'élection présidentielle du 3 novembre ?

Les élections américaines, qui ont lieu dans huit jours, pourraient être influencées par cette nomination.  C'est en tout cas l'angle d'attaque de l'Arizona Central ce matin. Le journal rappelle que tout au long du processus de confirmation, Donald Trump a souligné l'importance d'avoir Amy Coney Barrett comme 9e juge de la Cour suprême, pour aider notamment à "résoudre les problèmes liés aux bulletins de vote par correspondance."

En effet, cette nuit, la Cour suprême a refusé de prolonger le délai de vote par correspondance dans le Wisconsin. Une décision accueillie comme une victoire par le parti républicain. Et d'autres sont attendues dans la semaine, notamment pour la Caroline du Nord et la Pennsylvanie. Amy Coney Barrett y prendra part, une aubaine pour Donald Trump selon USA Today. Le Wall Street journal lui va plus loin et estime même que Donald Trump anticipe une contestation potentielle des résultats des élections du 3 novembre, alors que les sondages le donnent largement perdant pour le moment. Et pour le New-York Times, cette nomination est même l'indicateur de la défaite prochaine et inévitable de l'actuel locataire de la Maison-Blanche.

Une nomination pour éviter voire contester une défaite aux prochaines présidentielles ?
Une nomination pour éviter voire contester une défaite aux prochaines présidentielles ? Crédits : Brendan Smialowsk - AFP

Le volte-face du siècle

Et au delà du fond, c'est aussi (et même surtout) la forme qui fait couler de l'encre aux Etats-Unis. Le New-York Times (décidément pas content) rappelle qu'en 2016 - alors qu'il restait un an de mandat à Barack Obama - les républicains avaient adopté une attitude toute différente. En effet de la même façon, une place était devenue vacante à la Cour suprême suite au décès d'un juge. Les plus influents sénateurs républicains avaient alors affirmé qu'une nomination un an avant les élections serait un déni de démocratie, que le peuple américain devait justement pouvoir influer sur cette nomination via les élections présidentielles. Un combat gagné à l'époque par les conservateurs. Sauf que 4 ans plus tard Donald Trump met donc en place une juge de son cru à 8 jours seulement de la fin de son mandat.

"Le volte-face du siècle" selon l'éditorialiste du Los Angeles Times Nicolas Goldberg. "C'est tellement sans principes, si incohérent et si cynique que cela défie l'imagination" ajoute-t-il, en espérant tout haut que cette nomination express ouvrira les yeux des américains indécis. 

Et pour finir, le New-York Post - plutôt marqué républicain - ne tente même pas de défendre sa paroisse. Le journal relaie ce matin le message de la très populaire élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, qui appelle les démocrates a tout faire pour changer le nombre de juges siégeant à la Cour suprême. C'est en effet la seule solution constitutionnelle pour retrouver de l'influence rapidement au sein de cette juridiction, où les juges siègent à vie.

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