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Fumée suite à des conflits à la frontière Israélo-Libanaise

Tensions à la frontière israélo-libanaise : analyses de la presse internationale

5 min
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Israël accuse le Hezbollah de tentative d’infiltration terroriste. Le mouvement chiite libanais dément. Dans cette revue de presse internationale également, nous nous intéressons au nouveau Premier ministre tunisien, Hichem Mechichi.

Fumée suite à des conflits à la frontière Israélo-Libanaise
Fumée suite à des conflits à la frontière Israélo-Libanaise Crédits : Mahmoud ZAYYAT / AFP - AFP

L'armée israélienne affirme que trois à cinq hommes armés de fusils ont pénétré hier au-delà de la ligne bleue qui sépare l'état hébreu du Liban. Selon l'armée toujours, il s'agissait d'une tentative d'infiltration d'une cellule terroriste. Les forces de sécurité ont ouvert le feu. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pointé du doigt le Hezbollah qui "avec le gouvernement libanais porte la responsabilité de toute attaque venant du territoire". 

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Le Hezbollah a nié toute responsabilité dans un communiqué. "Tout ce que les médias ennemis rapportent à propos d'une opération d'infiltration depuis le Liban qui aurait été déjouée (...) est totalement faux".  

Plusieurs questions se posent.  Tout d'abord, comment est la situation à l'heure actuelle  ?  

La chaîne de télévision Al-Manar (du Hezbollah) parle d'un retour au calme, information confirmée par la FINUL, force de maintien de la paix de l'ONU dans le sud du Liban.  

Le Hezbollah est-il bien responsable des combats d'hier, comme l'en accuse I'Etat hébreu ?  

Voici ce que l'on peut lire à ce sujet dans le quotidien francophone libanais L'Orient-Le jour. "Une source sécuritaire indique au journal que le parti chiite [le Hezbollah donc] aurait effectivement mené une opération à la frontière. Sans pouvoir la définir comme une infiltration, la source estime que l’opération a été lancée pour sonder la capacité d’Israël à la confrontation. Et conclut que c’est parce que l’attaque a échoué que le Hezbollah a ensuite publié un communiqué démentant toute implication dans les accrochages". 

Pourquoi le Hezbollah aurait-il mené une telle opération ?  

Là encore, éléments de réponse dans L'Orient-Le jour. "Après la mort d’un combattant du Hezbollah, Ali Kamel Mohsen, tué le 20 juillet dernier dans un raid israélien en Syrie, le pays, peut-on lire, retenait son souffle, s’attendant à une riposte du parti chiite".  

Risque-t-on donc un conflit de grande ampleur entre Israël et le Liban ? 

Plusieurs analystes interrogés par le journal libanais pensent que non.  Pour l'un d'eux Sami Nader "aucune des deux parties n’a intérêt à une conflagration large, toutes deux préfèrent opter pour des opérations limitées". 

Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah
Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah Crédits : AL-MANAR TV / AFP - AFP

Qu'en dit de l'autre côté la presse Israélienne ?  

Selon plusieurs articles Israéliens, cette montée de tension peut permettre en quelques sortes aux deux Etats, Israël et le Liban, de ressouder une population qui dans les deux cas est très en colère. 

Dans le quotidien Israël Hayom par exemple un éditorial, qui date de dimanche dernier, avant même donc les événements d'hier, est intéressant à cet égard. Il rappelle que "le Liban est actuellement en proie à des troubles sociaux, à l'instabilité politique et à l'une des pires crises économiques de son histoire".  "Le Hezbollah, peut-on lire, est au plus bas (...) au Liban on lui attribue la responsabilité de la crise. Il est possible qu'en raison de la détérioration de sa situation intérieure, écrit le journal toujours, le Hezbollah puisse attaquer Israël (...) pour prouver au peuple libanais à quel point il joue un rôle vital en le protégeant de l'ennemi sioniste". 

De son côté le gouvernement Israélien, extrêmement critiqué actuellement notamment pour sa gestion de la crise du coronavirus, pourrait-il lui aussi tirer un avantage d'un conflit avec son voisin ?  

C'est ce que suggère un article du Jerusalem Post en date d'hier soir. "La vie elle-même, écrit-il, pourrait donner à Netanyahu et au Premier ministre suppléant Benny Gantz le coup de pouce dont ils ont besoin pour maintenir ensemble leur gouvernement d'unité dysfonctionnel. "Quand Israël est attaqué par ses ennemis, nous dit le Jérusalem Post, il y a un effet de rassemblement autour du drapeau, politiciens et citoyens ordinaires sont beaucoup plus unis pour soutenir les dirigeants du pays et les actions qu'ils prennent pour le défendre".  

Partons pour la Tunisie maintenant... qui depuis quelques jours, samedi soir plus précisément, a un nouveau Premier ministre. 

Il s'appelle Hichem Mechichi. Auparavant il était ministre de l'intérieur, et il a donc été désigné par le président tunisien Kais Saied.  Il a un mois pour former un gouvernement dans un contexte politique tendu.  Il doit rassembler une majorité au sein d'un Parlement extrêmement fragmenté.  

Hichem Mechichi, nouveau Premier ministre Tunisien
Hichem Mechichi, nouveau Premier ministre Tunisien Crédits : STRINGER / TUNISIAN PRESIDENCY / AFP - AFP

Le site d'information Al Bawaba notamment le décrit comme une sorte d'homme inattendu.  "Mechichi ne figurait pas parmi les 21 noms proposés par différents partis politiques pour le poste de premier ministre".  "Il n'y a pas eu d'ailleurs, peut-on lire, de réactions officielles des partis politiques à sa désignation. Le choix a malgré tout été salué par de nombreux centristes et laïcs modérés, il a été en revanche critiqué par des personnalités proches des islamistes". 

Que vont faire justement les islamistes du parti Ennahda ? Vont-ils soutenir ce premier ministre qui n'est pas issu de leur rang ? 

A lire Al Bawaba, ils y ont quand même plutôt intérêt. S'ils décident de s'opposer à un vote de confiance, "ils risquent, peut-on lire, de voir le Président Saied appeler à des élections anticipées où ils n'auront aucune garantie de réussite".  C'est sans doute pour cela qu'Ennahda adopte déjà un ton plutôt conciliant, comme on peut le lire sur le site The arab Weekly.  Ajmi Lourimi, membre du bureau exécutif du mouvement islamiste, affirme que "le parti n'a aucune réserve à l'égard de Mechichi". Il considère réussi "ce choix d'une personnalité indépendante pour former le gouvernement". 

Dans The Arab Weekly toujours, on lit également le regard d'Alaya Allani qui est un analyste politique tunisien. Pour lui "le choix de Mechichi porte trois messages. Priorité au rétablissement de la sécurité, lutte contre la corruption, changer le système politique et constitutionnel".

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