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Nicola Sturgeon au congrès du SNP le 28 avril 2019

Les indépendantistes écossais galvanisés par le Brexit et les élections européennes

7 min
À retrouver dans l'émission

Le succès des indépendantistes écossais ce week-end pousse la PM Nicola Sturgeon à annoncer un référendum d'autodétermination pour l'an prochain. Emmanuel Macron négocie au centre-gauche pour désigner le prochain président de la Commission européenne. Fiat-Renault, le dessous d'un possible mariage.

Nicola Sturgeon au congrès du SNP le 28 avril 2019
Nicola Sturgeon au congrès du SNP le 28 avril 2019 Crédits : ANDY BUCHANAN - AFP

C'est un des effets secondaires des élections européennes : en Ecosse, le camp indépendantiste se sent pousser des ailes. 

Et voilà qui ajoute une degré de complexité au dossier Brexit, si tant est qu'il en avait besoin.

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C'est la BBC News qui nous alerte, sur cette déclaration hier de la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon : elle s'est dite déterminée à organiser un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse "dans la deuxième moitié de l'année 2020. Le cadre juridique de cette consultation sera présenté demain au Parlement écossais". 

Autant dire, avec The Independent, que Sturgeon, dont on connait depuis longtemps le projet indépendantiste, passe clairement à la vitesse supérieure. Et si elle (avec tout le camp indépendantiste) se sent pousser des ailes, c'est bien parce que le Brexit est dans l'impasse et qu'il y a eu dimanche les élections européennes. 

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Le résultat, à l'échelle de tout le Royaume-Uni, a sonné comme un plébiscite en faveur des tenants d'un Brexit dur, incarnés par Nigel Farage et son "Brexit Party" ; mais si l'on regarde ce qu'on voté les Ecossais, on voit que le message est tout autre : à Glasgow et Edimbourgh, les électeurs ont voté à 45% pour des partis indépendantistes, le SNP de Nicola Sturgeon et les Verts. 

Dans son analyse pour The Independent, Louis Staples note, certes, que  45% ce n'est pas la majorité ... ça laisse 55% des suffrages aux unionistes, les partisans d'un maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni qui ont fait campagne en ordre très dispersé, note le Scottish Herald. Il n'en reste pas moins, que pour Nicola Sturgeon, le score "fantastique" de son parti montre que les Ecossais la soutiennent, qu'ils ne veulent toujours pas sortir de l'UE "contre leur gré" (ils sont 62% à avoir voté en 2016 pour rester membre de l'Union) et donc que c'est le "bon moment" pour leur poser à nouveau la question de l'indépendance.  

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En fait, nous dit The Guardian, les indépendantistes écossais capitalisent sur le repoussoir que constitue désormais le désastreux Brexit pour tenter de convaincre les derniers réticents. Lors du précédent référendum d'autodétermination, en 2014, le NON l'avait emporté à 55%, rien n'assure pour le moment que 5% de la population a changé d'avis...  

Et rien n'assure, surtout, que ce réferendum pourra être organisé : pour cela il doit être approuvé par Londres,  et jusque-là nous rappelle la BBC, Theresa May s'y est toujours fermement opposé. May quittera ses fonctions le mois prochain, ce sera à son (ou sa)  successeur d'empoigner le chardon. 

On savait que la question écossaise reviendrait un jour où l'autre empoisonner un peu plus les négociations du Brexit : il semblerait bien que ce moment est arrivé !

Emmanuel Macron prend la direction des opérations pour choisir le prochain président (ou la prochaine présidente) de la Commission européenne. 

C'est la cuisine politique européenne par excellence, et ça tombe bien, c'est autour de la table que ça se discute, depuis hier soir entre chefs d'Etats de l'UE. 

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Chacun selon son pays et sa famille politique essaye de trouver des alliés pour que son candidat soit retenu, si possible au détriment de celui de ses rivaux au sein de l'UE. C'est donc autour d'un dîner, à l'Elysée, avec le socialiste espagnol Pedro Sanchez, que Macron lundi soir a "ouvert le bal des négociations" selon le portail d'info spécialisé Euractiv. Et ça va se poursuivre ce midi à Bruxelles avec un déjeuner de travail... prévu avec  le même Sanchez, le portugais Antonio Costa, et le néerlandais Mark Rutte. 

Tous les trois, note El Pais, sont issus de la social-démocratie ou du centre libéral européens : c'est donc bien au centre-gauche que Macron et Sanchez semblent vouloir organiser une offensive pour priver la droite, le Parti Populaire européen (PPE), du poste de président de la Commission. 

C'est d'autant plus osé, comme stratégie, que le président français avait laissé entendre, avant les élections du week-end dernier, que son parti LREM pourrait rejoindre le groupe PPE à Strasbourg. Finalement il semble (pour l'heure) prendre le chemin d'une alliance libéraux-sociaux démocrates, constate aussi The Financial Times... et il le fait très ouvertement en opposition avec l'Allemagne. Car la CDU d'Angela Merkel, on le sait, soutient le candidat du PPE issu de ses rangs, le bavarois Manfred Weber, pour la présidence de la Commission ; l'entourage de Macron, lui,  laisse entendre que la France ne veut pas de Weber. 

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Reste à savoir de qui il voudrait voir à Bruxelles à la place de Jean-Claude Juncker : El Pais constate que Paris laisse pour le moment un maximum d'options ouvertes, et pourrait aussi bien se retrouver à soutenir la candidature d'un Michel Barnier pourtant issu des rangs de la droite française, d'une Margreth Vestager libérale danoise, ou d'un  socialiste comme le néerlandais Frans Timmermans. Tout sauf Manfred Weber, donc... 

FAce à ce quasi-véto français, le Financial Times note que la chancelière Merkel n'a plus évoqué la candidature de son compatriote depuis dimanche soir ; Der Spiegel constate que le Bavarois de la CDU commence à sentir les vents européens tourner contre lui. Mais on ne saura pas tout des secrets de la cuisine interne bruxelloise, sinon que tout cela se discutera entre dirigeants de l'UE ce soir... autour d'un dîner, bien entendu.  

L'Europe, ce sont aussi des alliances industrielles qui se font et se défont : celle dont on parle beaucoup en ce moment entre Fiat-Chrysler et Renault-Nissan pourrait nous rappeler certains passages du Parrain. 

C'est vrai qu'il y a un véritable parti-pris narratif, de la part du Wall Street Journal, à nous raconter l'histoire de cette demande en mariage entre constructeurs automobiles sous l'angle de la saga familiale et judiciaire. Il y a donc, à l'origine de ce (possible) rapprochement intercontinental, "un mort à Zurich, une spectaculaire arrestation à Tokyo, et les appétits d'un héritier new-yorkais".  

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L'arrestation, vous l'aurez compris, c'est celle de Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault-Nissan. L'héritier new-yorkais, c'est John Elkann-Agnielli, qualifié par le Wall Street Journal de "rejeton de l'une des plus puissantes familles industrielles d'Europe" : après une enfance passée à parcourir le monde et à apprendre 6 langues, le "fringant play-boy" est devenu vice-président de Fiat en 2004. 

Mais il  n'a pas pu affirmer ses ambitions pour le groupe avant la mort, à Zurich donc en juillet dernier, du patriarche Sergio Marchionne : lui était le directeur exécutif de Fiat-Chrysler, ses relations avec Carlos Ghosn étaient notoirement détestables. Il a donc fallu que le premier pousse son dernier soupir et que le second soit mis hors-jeu par la justice nippone, pour que le projet de mariage Fiat-Renault revienne sur la table.  

C'est ce qu'on appelle en journalisme "remettre de l'humain dans l'économie", et c'est un article passionnant que je vous reconmande chaudement, dans les colonnes du Wall Street Journal.

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