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Soldat éthiopien à Dansha, Tigé, le 20/11/21

Abiy Ahmed et l'armée éthiopienne perdent l'avantage au Tigré

5 min
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L'armée éthiopienne commandée par le PM Abiy Ahmed a quitté la capitale du Tigré, qui est immédiatement repassée aux mains des forces régionales du TPLF. Un tournant après huit mois de conflit armé. La crise politique précipite l'effondrement du Liban : Emmanuel Macron en partie responsable ?

Soldat éthiopien à Dansha, Tigé, le 20/11/21
Soldat éthiopien à Dansha, Tigé, le 20/11/21 Crédits : Eduardo Soteras - AFP

Ce lundi a marqué un tournant dans le conflit qui déchire la région du Tigré en Ethiopie depuis huit mois. 

Huit mois, rappelle l'Addis Standard, que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée éthiopienne au Tigré pour en chasser les autorités régionales acquises à la cause du TPLF, le Front populaire de libération du Tigré qui s'opposait de plus en plus fortement à la politique menée par le Prix Nobel de la Paix 2019. 

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Huit mois, des milliers de morts et la menace d'une famine pour cette guerre au Tigré, c'est vrai, qui est entrée ce lundi dans une nouvelle phase. L'Addis Standard a eu des contacts dans la capitale tigréenne Mekelle, où l'on a confirmé les cris, les drapeaux et les scènes de liesse qui ont envahi la ville hier soir : les rebelles du TPLF qui avaient quitté la ville il y a huit mois y sont revenus en héros, le gouvernement intérimaire installé par Abiy Ahmed et son armée a fuit Mekelle et Addis Abeba n'a pas vraiment eu d'autre choix, pour sauver la face après cette retraite en rase campagne, que de décréter un cessez-le-feu unilatéral… non sans expliquer que c'est pour "permettre aux agriculteurs de mener à bien leur récolte d'été et aux humanitaires de venir au secours de la population affamée" qu'il a mis fin si précipitamment aux hostilités.

Qu'on ne s'y trompe pas, cela faisait quelques jours que les combattants tigréens avaient lancé une contre-offensive après des mois passés dans la clandestinité à refaire leur arsenal et à recruter des soldats. Les hommes du TPLF étaient aux portes de Mekelle où les combats s'intensifiaient depuis une semaine, confirme Declan Walsh du New York Times qui est l'un des très rares journalistes internationaux à avoir pu rejoindre la ville lundi soir. 

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Il raconte donc comment des milliers d'habitants sont sortis dans la soirée pour fêter le départ des occupants et célébrer le retour des autorités régionales. Dans cette foule, on rêve déjà d'un Tigré indépendant, on traite Abiy Ahmed de "menteur et de dictateur" ; on raconte aussi comment les soldats de l'armée éthiopienne sont partis en pillant ce qu'ils pouvaient, en faisant irruption dans les QG de l'UNICEF et du Programme Alimentaire Mondial pour y couper l'internet avant de quitter la ville. La fuite a été précipitée, comme ce cessez-le-feu décrété avant même que le premier coup de feu soit tiré dans Mekelle.  

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Le moins que l'on puisse en dire, avec le journal en ligne The Africa Report, c'est que ce retrait des forces éthiopienne du Tigré est un gros coup porté à l'autorité d'Abiy Ahmed, à un moment où le Premier ministre attend des élections générales organisées la semaine dernière une légitimation par les urnes de son pouvoir de plus en plus autoritaire. Les résultats du scrutin se font attendre, le déroulement de l'élection a donné lieu à des critiques très vives de la part de l'opposition qui l'a boycotté dans des régions entières… Même la guerre au Tigré qui apparaissait comme un moyen pour Abiy Ahmed d'asseoir son pouvoir, semble tourner en sa défaveur… A présent il ne semble plus vraiment avoir les cartes en main… Les rebelles du TPLF, d'après Al Jazeera, ne se sont même pas donné la peine de répondre à son offre de cessez-le-feu immédiat et unilatéral.   

Un pays qui n'en finit pas de s'effondrer lentement, c'est le Liban qui n'a plus de gouvernement constitué depuis octobre dernier.  

... Et ce alors que des décisions drastiques s'imposeraient, dans ce pays où les pénuries, de carburants, de nourriture et maintenant d'électricité sont en train de devenir la norme. "La crise politique, l'incapacité des partis traditionnels à s'entendre pour former un gouvernement, tire le pays plus bas encore chaque jour un peu plus", alerte Nader Hijaz présenté comme un expert de la situation libanaise par Al Arabiya. Il rappelle que l'année 2022 sera décisive, avec des élections législatives et présidentielles, la campagne a déjà commencé, "le futur du Liban dépend de ces élections, mais les électeurs Libanais doutent que le système politique, dans l'impasse, ne soit même pas en mesure d'organiser ces élections".

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Le quotidien de Beyrouth L'Orient-Le Jour titre ce matin encore sur "la colère qui continue de gronder face à cet effondrement progressif, cette dégradation sans fin des conditions de vie de la population". Rien que ce lundi les manifestations de Libanais excédés se sont multipliées, certaines ont fait place à des affrontements violents avec les forces de l'ordre. Des routes sont bloquées, des banques sont attaquées, le président Michel Aoun a convoqué un Conseil Supérieur de Défense ce mardi pour évoquer cette situation sécuritaire ultra-tendue. 

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Même le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, fait mine de comprendre cette colère du peuple : "On peut craindre le pire, déclarait-il hier au média panarabe Asharq Al-Awsat, parce que les gens peuvent tout supporter sauf de voir leurs enfants affamés"... Avant de prédire que "_tant que la situation politique ne changera pas [_avec un nouveau gouvernement nommé] le chaos va continuer à s'accroître". 

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Sauf que pour sortir de l'impasse politique, il faut que les vieux partis confessionnels libanais parviennent à s'entendre. Pour avoir cru qu'un coup de pression paternaliste venu de l'ancienne puissance coloniale allait suffire à leur faire dépasser leurs désaccords et autres luttes d'intérêts privés, "le Président français porte une responsabilités dans l'aggravation de la crise au Liban", estime la journaliste libanaise Anchal Vohra qui publie une longue et éclairante analyse de cette responsabilité (partielle) de la France dans la revueForeign Policy que vous pouvez lire, traduite en français, chez nos confrères et amis de Courrier International.

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