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Boris Johnson

Et si Boris Johnson obtenait enfin un "yes" du Parlement britannique ?

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A défaut d'avoir pu imposer le Brexit le 1er novembre, Boris Johnson a consenti à un nouveau report mais concentre ses efforts sur l'organisation d'élections anticipées le 12 décembre. Il pourrait y parvenir ce mardi. Cyberattaque massive en Géorgie, les pirates russes à nouveau pointés du doigt.

Boris Johnson
Boris Johnson Crédits : JOHANNES EISELE - AFP

C'est assez rare pour être remarqué : ce mardi la presse britannique ne titre pas sur le Brexit. 

... Et pourtant il y a des titres comme celui du Times qui semblent y faire implicitement référence, jugez plutôt : "Une dose d'aspirine par jour aide à lutter contre la dépression", c'est le genre de conseil santé qui devrait intéresser tous les journalistes basés à Londres... mais non, vérification faite, rien à voir avec le Brexit. 

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Avec Boris Johnson, à en croire The Guardian ce serait plutôt "un vote par jour à la Chambre des communes aide à obtenir enfin l'organisation d'élections législatives anticipées", puisque c'est bien cela qui occupe tous les esprits outre-Manche. Depuis hier, le Royaume-Uni sait avec certitude qu'il ne se passera rien vendredi, ce 1er novembre qu'on nous annonçait comme le D-Day pour le Brexit ou pour l'apocalypse, quoi qu'il arrive ; finalement les 27 se sont accordés pour repousser l'échéance une fois de plus, au 31 janvier... alors les Britanniques se concentrent sur leur crise politique interne (indossociable, il est vrai, du Brexit). 

Pour faire oublier son échec à obtenir la sortie de l'UE dès vendredi, analyse The Daily Telegraph, le Prime Ministrer Johnson remet le dossier "au frais" quelques temps, et concentre ses forces sur la bataille des élections. Il veut un scrutin le 12 décembre, il a proposé hier une loi spéciale pour fixer la date, mais il n'a pas obtenu, et de très loin, la majorité des deux-tiers prévue par le droit britannique. Alors il va retenter le coup aujourd'hui, avec une subtilité : il ne présentera cette fois à la chambre qu'une loi ordinaire, une ligne, disant "Des élections législatives anticipées devront se tenir le 12 décembre" ; il n'aura besoin cette fois que d'une majorité simple pour emporter le vote et il a de sérieuses chances d'y parvenir, à en croire Metro UK selon qui le chef de file des travaillistes Jeremy Corbyn est sur le point de se faire avoir "par la bande", pour reprendre un terme de billard : il a réussi à bloquer le vote hier mais pourrait être impuissant aujourd'hui à ce qu'une majorité contre-nature se forme en faveur d'une élection avant Noël.  

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Une majorité "contre-nature", parce que tout à l'heure des groupes parlementaires opposés pourraient voter ensemble en faveur du scrutin du 12 décembre : les conservateurs de Boris Johsnon bien sûr, mais aussi selon The Independent les libéraux-démocrates, de fervents détracteurs du Brexit qui sont donc dans l'opposition mais qui espèrent bien tirer leur épingle du jeu dans une élection à venir. Idem, plus surprenant encore, pour les indépendantistes écossais du SNP : ennemis farouches de BoJo sur la question du Brexit, ils n'en sont pas moins tentés par un scrutin anticipé qu'ils voudraient, eux, organiser le 9 décembre ; ils voient dans cette alliance de circonstance avec le Premier ministre "un accord gagnant-gagnant" dixit The Times, une manière de débloquer la crise politique et de se renforcer en espérant qu'à la fin une possible majorité anti-Brexit à la Chambre des Communes pourra imposer un deuxième référendum sur le Brexit, et pourquoi pas son abandon complet. 

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J'en termine tout de même avec cet avertissement, formulé par The I à l'adresse de Boris Johnson : la victoire ce mardi n'est pas encore acquise, et attention au contre-coup qui pourrait venir des rangs conservateurs. Certains vieux sages du Parti, nous dit le quotidien, mettent en garde contre le fait que les électeurs excédés par ces années de crise du Brexit pourraient vouloir punir les Tories dans les urnes.

The I ajoute que ces huit dernières semaines, l'administration britannique a enregistré une hausse très forte des demandes d'inscription sur les listes électorales, en prévision du possible scrutin de cet hiver. Deux millions de nouveaux électeurs inscrits dont plus de la moitié ont moins de 34 ans : comme quoi il y a bien sûr une grosse fatigue du Brexit, mais il y a surtout de jeunes Britanniques qui n'attendent qu'une chose, qu'on leur donne enfin la possibilité de dire ce qu'ils ont à dire sur le sujet.

Dans le Caucase, la Géorgie a été victime hier d'un cyber-attaque qui étonne par sa nature et par son ampleur.

Des milliers de sites web paralysés, parmi lesquels ceux des principales administrations, entreprises et médias de cette petite république d'Ex-URSS : hier après-midi, si par exemple vous alliez sur le site officiel de la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili, vous tombiez sur une photo fixe de Mikhaïl Saakachvili, l'ancien président qui a été à la tête de la Géorgie de 2008 à 2013.  

Cette photo, on la retrouve sur le site de la BBC ; on y voir donc Saakachvili, tout sourire, pouces levés devant un drapeau géorgien sur lequel on a ajouté cette phrase : "Je suis de retour!" Ce seraient donc des partisans de l'ex-président qui auraient mené cette cyber-attaque ?  C'est un peu cousu de fil blanc, mais le journal Vestnik Kavkaza (le "Messager du Caucase" basé à Erevan) semble y croire : il rappelle d'ailleurs que Mikhal Saakachvili, aujourd'hui poursuivi par la justice géorgienne et exilé en Ukraine, a juré pas plus tard que fin septembre qu'il "allait revenir dans son pays, pour y laver son honneur et au passage restaurer la grandeur de la Géorgie".  

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Sauf que personne d'autre n'y croit, et les regards se tournent ailleurs : vers la Russie, forcément, selon The Washington Post. Car la cyber-attaque d'hier, en ce qu'elle expose le piètre niveau de protection du web géorgien, semble porter la signature des groupes de pirates informatiques russes... avec toujours la question de savoir à quel point leurs cibles leur sont ou non suggérées par le Kremlin. La question s'était déjà posée en Géorgie, nous rappelle le Post : c'était en 2008, au tout début de la guerre en Ossétie du Sud et en Abkhazie ; l'arrivée des chars russes dans les deux régions séparatistes s'était accompagnée d'un piratage et d'une blocage systématique de tous les sites officiels géorgiens. 

C'était la première cyber-attaque aussi clairement politique de l'histoire moderne. Celle d'hier était plus massive encore, confirme le site spécialisé ZDNet selon qui environ 15 000 sites ont été touchés, et seulement la moitié remis en service ce matin. Voilà qui explique pourquoi je n'ai pas pu vous citer de journaux géorgiens pour étayer cette revue de presse ; mais rassurez-vous, le site de la présidente Zourabichvili lui a bien été restauré... et il ne fait aucune référence à ce qui s'est passé hier.

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