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Message vidéo d'Abou Bakr Al-Baghdadi publiée le 29 avril 2019

Abou Bakr Al-Baghdadi réapparaît en vidéo : preuve de vie ou aveu de faiblesse pour Daech ?

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Le chef du de Daech apparaît dans une vidéo censée prouver que ni lui ni son organisation jihadiste ne sont morts. Faut-il y voir un retour en force ou une tentative désespérée d'exister médiatiquement ? Au Honduras, professeurs et médecins sont réprimés pour avoir défendus leurs services publics.

Message vidéo d'Abou Bakr Al-Baghdadi publiée le 29 avril 2019
Message vidéo d'Abou Bakr Al-Baghdadi publiée le 29 avril 2019 Crédits : AFP

Il y a une image qui domine ce matin le kiosque internationale : c'est celle d'un homme, barbe grisonnante teinte au hénné, assis jambes croisées, une kalachnikov posée sur le mur derrière lui.   

Et cet homme, on en est à présent sûr, c'est  Abou Bakr Al-Baghdadi. L'insaisissable chef du groupe état islamique que l'on avait tant de fois dit mort mais qui a fait hier ce qu'il s'était refusé à faire depuis 5 ans : il a fait publier une vidéo de lui, prise incontestable de risque pour sa sécurité mais preuve de vie et manifeste pour remobiliser les troupes djihadistes. 

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"Al Baghdadi revient d'entre les morts" : ça amuserait presque le journal sénégalais DakarActu, mais ça inquiête surtout le New York Times...  L'homme le plus recherché au monde, avec une récompense de 25 millions de dollars sur sa tête, est donc toujours en vie, constate Al-Jazeera, qui a bien noté qu'Al-Baghdadi évoque dans son message les dernières attaques terroristes de Pâques au Sri Lanka, ce qui permet donc de dater la vidéo à 8 jours maximum.  

Pour The Guardian, le message est on ne peut plus clair : n'en déplaise à Donald Trump qui avait annoncé prématurément son anéantissement, Daech est toujours là, Al-Baghdadi en tient toujours les commandes (ça c'est le message envoyé en interne à ceux qui contestaient son pouvoir), et même s'il reconnaît la défaite territoriale après la bataille de Baghouz en Syrie, le groupe état islamique jure de poursuivre sa "bataille pour l'islam", partout sur la planète.  D'ailleurs, précise The Guardian, l'attentat au Sri Lanka est présenté comme "une représaille contre l'Occident chrétien", après les pertes infligées à Baghouz.  

Mais au-delà de cette preuve de vie, n'est-ce pas un groupe état islamique aux abois qui transparaît dans la video de son chef? 

C'est en tous cas ce qu'analysent plusieurs spécialistes de la chose terroriste, cités par le New York Times. Ils s'interrogent sur la prise de risque que représente pour le fugitif Baghdadi le fait de se montrer, et donc de livrer possiblement des indices sur sa localisation. S'il le fait, c'est qu'il n'a plus d'autre choix, que l'heure est grave et qu'il faut consentir, pour Daech, à jouer du culte de la personnalité du chef pour tenter de recréer un engouement. 

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C'est ce qu'avait fait Al Qaeda avec Oussama Ben Laden, beaucoup moins avare en apparitions publiques.  Celles d'Abou Bakr Al Baghdadi pourraient donc devenir plus fréquentes à l'avenir, pronostique cette fois le Los Angeles Times, pour qui le fondateur du groupe état islamique, dans la vidéo publiée hier, se comporte en fait en patron d'un réseau de boutiques franchisées à qui il fixe un cap et dont il prend soin de citer les chefs pour les ramener à bord. On y énumère en particulier les pays où l'on se félicite de compter de nouvelles allégeances de groupes jihadistes, histoire de montrer que l'entreprise Daech ne cesse de conquérir de nouveaux territoires.  

Et sans grande surprise, parmi ces pays beaucoup se trouvent sur le continent africain, à commencer par le Burkina Faso.  

Avec le Mali, c'est le principal pays d'Afrique de l'Ouest où Al-Baghdadi se félicite de voir des "frères rejoindre le convoi du Califat pour intensifier les attaques contre la France croisée" qui maintient dans le Sahel la forcemilitaire Barkhane. 

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Au Burkina en particulier, le terrorisme islamiste ne cesse de gagner en intensité : il semble à nouveau avoir frappé, ce dimanche, nous apprend l'Observateur Paalga. Ce dimanche, après l'office, une douzaine d'hommes armés, a moto, a fait irruption devant l'église protestante de Sirgadji, dans le nord du pays. Ils ont ordonné à tous les fidèles présents de jeter leurs bibles, de se convertir à l'Islam... puis ont ils les froidement abattu. Le pasteur Pierre Ouédraogo a été tué, ainsi que deux de ses fils et trois fidèles.  

Six morts en tout, dans ce qui est, note le site d'info panafricain Wakat Séra, la première attaque de lieu de culte chrétien au Burkina Faso, un pays jusque-là plutôt épargné par les violences inter-religieuses, mais où les terroristes qui se réclament de l'Islam et viennent de pays voisins semblent avoir constitué des cellules dormantes. 

"L'horreur de leurs attaques ne semble plus avoir de limite et n'avoir pas encore atteint son paroxysme", prédit enfin Wakat Séra

Un autre point chaud qui apparaît sur la planète, c'est le Honduras, en Amérique centrale, où les tensions sont cette fois sociales et politiques.  

Tensions palpables dans les vidéos et photos, dans les journaux de la capitale Tegucigalpa, transformée en champ de bataille, hier, à croire La Prensa de Honduras : et c'est vrai que les images d'émeutes urbaines le prouvent, les affrontements ont été particulièrement vifs entre quelques milliers de manifestants opposés à la réforme de la santé et de l'éducation publiques et les forces de l'ordre, envoyées par le président Juan Hernandez pour les réprimer. 

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"Répression", c'est bien le terme qui résume les évenements d'hier, selon le quotidien mexicain La Jornada, pour qui les manifestants étaient 10 000, professeurs, médecins, étudiants déterminés à empêcher la privatisation de leurs services publics et les licenciements massifs de fonctionnaires qui iront avec. en retour, ils ont eu des canons à eau, une pluie de gaz lacrymogènes et de coups de matraques. 

Il y a des dizaines de blessés, confirme El Pais évoquant en particulier un homme qui semble avoir été touché à balle réelle par la police anti-émeutes. El Pais nous dit encore que, face à la virulence de cette contestation qui avait démarré plus pacifiquement vendredi, le Parlement du Honduras a ajourné, hier, le vote sur les fameuses réformes.  

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Mais cela ne semble devoir être qu'un report temporaire. Le site d'info marqué à gauche Criterio y voit la preuve que le Honduras "se débat dans des temps violents", entretenus par un président, Juan Hernandez, décrit comme "menteur, ennemi des droits humains, accumulateur compulsif de richesses, étroitement lié au narcotrafic, et aux ordres des Etats-Unis comme du Fonds Monétaire international".

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