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Qui veut aller au Liban ?

La grande évasion de Carlos Ghosn

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Carlos Ghosn, patron déchu de Renault et de Nissan, a fui la justice japonaise pour se réfugier au Liban. Accusé de malversations financières, il déclare échapper à "l'injustice et la persécution. Une nouvelle qui a tenu en haleine la presse du monde entier.

Qui veut aller au Liban ?
Qui veut aller au Liban ? Crédits : ERIC PIERMONT - AFP

Ce matin toute la presse internationale parle d'un homme et d'un seul, Carlos Ghosn.

L'ancien patron de Renault et de Nissan, qui, on l'a appris hier soir par la presse libanaise, le quotidien Al Joumhouria, puis L'Orient Le Jour est arrivé dimanche soir à Beyrouth, en provenance de la Turquie et avant cela, du Japon, à l'aide d'un jet privé. Branle-bas de combat dans les rédactions des médias du monde entier. Financial Times, New York Times, Spiegel, BBC, Guardian, Asashi et Nikkei au Japon... Une libération "surprenante" titrent alors la plupart des journaux, suivi très rapidement des interrogations d'usage : comment un homme, impliqué dans l'affaire économico-judiciaire la plus importante de l'année au Japon, accusé d'abus de confiance et d'avoir dissimulé des revenus, libéré sous caution, sous contrôle judiciaire très strict, sans autorisation de quitter le territoire nippon bien entendu dans l'attente de son procès prévu en 2020... Comment Carlos Ghosn peut se retrouver aujourd'hui au Liban ?

L'occasion d'apprendre un beau lot d'expressions dans toutes les langues, prendre la poudre d'escampette, filer à l'anglaise, car c'est ce que tous supposent dans un premier temps. Aucun média en revanche, ne parle encore d'évasion. C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit. Et c'est rapidement confirmé par le procureur du tribunal de district de Tokyo, qui précise au quotidien économique de référence au Japon, Nikkei, que "ses conditions de mise en liberté sous caution concernant l'interdiction de voyager à l'étranger n'ont pas été modifiées". Et l'un de ses avocats japonais également interrogé, s'est d'abord refusé à tout commentaire avant de préciser que "c'est une surprise totale" d'avoir appris "par la télévision" qu'il avait fui le Japon.

Junichiro Hironaka, l'un des avocats de Carlos Ghosn
Junichiro Hironaka, l'un des avocats de Carlos Ghosn Crédits : Kazuhiro NOGI - AFP

L'intéressé, qui a toujours nié les accusations formulées contre lui et dénoncé ses conditions de détention, finira par expliquer lui même son départ par un communiqué diffusé aux agences de presse autour de 4h du matin. Dans ce dernier, il confirme être maintenant au Liban, se qualifie "d'otage d'un système judiciaire japonais partial", qui ne respecte pas "les droits humains" et "le droit international". Et d'ajouter : "je n'ai pas fui la justice - j'ai échappé à l'injustice et à la persécution politique". Voila qui va alimenter la presse pour la journée... 

Celle-ci ne manquera pas de rappeler les craintes de la justice tokyoïte, répétées à chaque demande de libération conditionnelle formulées par ses avocats, de voir l'homme d'affaire déchu s'enfuir. Ou encore, les garanties proposées par Carlos Ghosn afin que la justice tranche en sa faveur, comme en janvier dernier : "alors que le tribunal examine ma demande de mise en liberté sous caution, je tiens à souligner que je résiderai au Japon et respecterai toutes les conditions de mise en liberté sous caution".  Preuve de sa bonne foi, il avait même proposé de porter un bracelet électronique à sa cheville, de renoncer à son passeport et de payer des gardes de sécurité approuvés par les procureurs. 

Finalement, la justice lui avait accordé la liberté à la condition d'être assigné à résidence au Japon, d'avoir une caméra surveillant sa porte d'entrée, et ses visites limitées à sa femme et ses avocats. Des conditions strictes tout de même, précise le Financial Times, qui supposaient la surveillance étroite de la police, des procureurs et même de détectives privés. Comment y a t-il échappé ? S'est-il déguisé, caché ? "A t-il utilisé un faux nom", se demande Nikkei. C'est pour l'instant un mystère. Reste à savoir également comme le souligne Bloomberg, quels sont les accords d'extraditions entre le Liban et le Japon. Il n'y en a aucun, semble déjà laisser entendre la presse japonaise. Le Liban, dont Carlos Ghosn est citoyen (il a la triple nationalité, française, libanaise et brésilienne), et qui l'avait honoré, rappelle le Wall Street Journal, d'un timbre à son effigie en 2017. 

Des moments forts de l'année, liés à l'écologie, que ce soit le phénomène Greta Thunberg, les manifestations des jeunes pour le climat partout dans le monde, l'échec de la COP25, à ceci s'ajoute les feux qui ravagent l'Australie

Avec des images, qui figent les esprits et que je vous invite à consulter sur les sites de la BBC, du Guardian, du Daily Mail, du Sidney Morning Herald, de The West, et du Camberra Times. Une couleur domine : le rouge. Un ciel rouge, sombre et brumeux. Une atmosphère lourde et intimidante. "L'Enfer sur terre", titre The Age, au sujet des milliers de personnes qui se sont dernièrement réfugiées sur les plages de Mallacoota, village côtier du sud est du pays, confrontés à l'avancée des feux de brousse, alimentés par les fortes chaleurs et les vents violents. Ils ont des masques sur les yeux, un foulard qui couvre la bouche et le nez, des couvertures humides et des glacières avec de quoi se ravitailler, et assister impuissants à ce spectacle de chaos.

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. Crédits : SAEED KHAN - AFP

Dans le centre-ville, comme quelques téméraires ou inconscients, le gérant du bar d'un hôtel est resté lui, pour arroser le toit du bâtiment avec l'eau de la piscine. Avant d'être rouge, le ciel était noir, explique t-il, un masque à gaz sur le visage, "c'était comme l'apocalypse". Mallacoota fait partie de l'état de Victoria où 260 feux ont démarré dans la seule journée d'hier. Des centaines de milliers d'hectares sont brûlés. Ce matin, le vent a changé de direction, la ville est sauvée, non sans dégâts. 

Un peu plus au nord, 1 pompier est mort hier, il venait de se marier, rapporte le Sidney Morning Herald. Un pompier bénévole, comme la quasi totalité des 70 000 membres du corps, le NSW. Voila des mois que l'Australie se bat contre des incendies à répétition. Le changement climatique fait que là-bas, ces événements se répètent de plus en plus souvent. Et rien n'est plus effarant pour eux et pour nous de réaliser que 2020 commencera également en feu et en fumées.

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. Crédits : SEAN DAVEY - AFP

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