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Donald Trump à la Maison Blanche le 31/03/20

Covid-19 : Donald Trump affronte enfin la "douloureuse" réalité en face

7 min
À retrouver dans l'émission

En reconnaissant que l'épidémie aux Etats-Unis pourrait entraîner jusqu’à 240 000 morts, Donald Trump change de ton, devenant grave et sobre dans sa communication sur le coronavirus. En Allemagne, l'idée d'un revenu inconditionnel de base refait du chemin à la faveur de la crise.

Donald Trump à la Maison Blanche le 31/03/20
Donald Trump à la Maison Blanche le 31/03/20 Crédits : Win McAnee - AFP

Les journaux américains notent un changement de ton radical chez Donald Trump, à mesure que l'épidémie de Covid-19 prend de l'ampleur aux Etats-Unis.

Déjà plus de mille morts rien qu'à New-York, et cet autre chiffre désormais assumé par la Maison Blanche : le coronavirus pourrait faire jusqu'à 240 000 morts, malgré les mesures déjà mises en place, si le rythme de propagation de ces derniers jours se maintient. C'est bien ce chiffre-là qui fait la Une du Washington Post et de tous les journaux américains cette nuit.

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Et Donald Trump lui-même, que l'on avait vu si fuyant, fantaisiste ou même irresponsable depuis des semaines tant il semblait refuser de prendre la mesure du danger, prend aujourd'hui des accents tragiques : "les deux prochaines semaines vont être rudes, très très douloureuses", déclarait-il hier soir dans son point presse quotidien.  

Le président américain serait-il parvenu à faire l'une des choses qui lui semblent les plus difficiles, à savoir regarder la réalité en face ? 

En tous cas il est apparu inhabituellement "sobre et calme" hier face aux journalistes, note encore le Washington Post ; il n'a pas hésité à contredire très clairement plusieurs de ses propos des jours précédents, à se ranger enfin à l'avis des scientifiques, et il a été très clair sur l'importance des gestes barrières, des mesures de distanciation sociale, ce message, "restez chez vous jusqu'au 30 avril au moins" qu'il avait eu tant de mal à assumer jusque-là.

Il faut dire que l'heure est grave, aux Etats-Unis, et le New York Times documente déjà la crise sociale qui prend forme dans ce pays où l'on croit reconnaître les symptômes de la grande dépression de 1929. On nous explique par exemple que le taux de chomage habituellement à moins de 4% pourrait passer à près de 20% dans les mois qui viennent, que plus de 3 millions d'Américains ont déjà fait une demande d'aide à l'Etat après avoir perdu brusquement leur emploi ces derniers jours.  

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Certains, rencontrés par les reporters du New York Times, sont obligés de "ravaler leur fierté et d'aller demander de l'aide aux organisme de charité" pour avoir de quoi manger. A New York, le Times annonce enfin un désastreux "effet domino" en ce qui concerne le logement : "40% des locataires new-yorkais risquent de ne pas pouvoir payer leur loyer ce mois-ci", avec les conséquences économiques que ça pourrait avoir, ensuite, sur les propriétaires et tout le secteur des prêts immobiliers.

De tout cela, Donald Trump semble donc avoir enfin pris conscience. Mais rassurez-vous il ne fait tout de même pas l'unanimité médiatique derrière lui pour autant. Deux choses luis sont reprochées : d'abord, comme le rapporte The Guardian, le fait que Trump refuse de démobiliser les marins engagés sur les navires de guerre américains, des lieux confinés, certes, mais où la distanciation sociale est tout bonnement impossible à respecter. 

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En ce moment-même il y a un porte-avion dans le Pacifique, le Theodore Roosevelt, où l'on a détecté plusieurs cas de Covid-19, et il y a plus de mille personnes à bord. "Si nous ne pouvons pas évacuer rapidement, les marins vont mourir, et nous ne sommes pas en guerre, mes hommes n'ont pas à y laisser leur vie !", écrit désespérément le capitaine à ses supérieurs du Pentagone, qui pour le moment refusent de le laisser évacuer les malades sur l'archipel américain de Guam.

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Et puis la dernière chose qui nous permet de nous assurer que Donald Trump reste bien lu-même, c'est cette phrase lâchée pendant son point presse et reprise par le New York Post notamment : petit conseil sanitaire, "les Américains qui n'ont pas de masque chirurgicaux pour se protéger peuvent porter un foulard devant leur visage". Depuis, c'est un déferlement de critiques et de rectification  de la part de médecins : non un bout de tissu ne protège pas du virus... on ne le dira apparemment jamais assez.

En Allemagne la crise sanitaire est pour le moment moins meurtrière... mais elle suscite un grand débat de société.

Les Allemands interrogent les médias à travers toute l'Europe, tant ils font figure d'exception :  comment font-ils pour ne pas être tous confinés et pourtant voir leur mortalité plutôt contenue (pour le moment) avec 710 morts pour 68 000 cas détectés ?  

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Un premier élément de réponse dans Der Spiegel  ce matin : attention, prévient un expert en statistiques, "les chiffres officiels ne sont pas du tout fiables" en Allemagne comme ailleurs, qu'on se le dise.   

Mais tout de même, en ces temps de crise globale, certains intellectuels et artistes allemands tentent de remettre au goût du jour une grande idée, celle du revenu inconditionnel de base.

"Nous avons besoin d'un vrai débat" sur ce concept, lit-on donc dans Der TagesSpiegel, particulièrement en ces temps de coronavirus qui menace de mettre sur la paille les plus précaires, les travailleurs pauvres, les indépendants, les auto-entrepreneurs, les artistes... tous ceux qui se retrouvent sans aucun revenu et sans filet de protection sociale face au ralentissement généralisé de l'économie.

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Le TagesSpiegel se base pour relancer ce débat sur une pétition en ligne qui a récolté environ 500 000 signatures en Allemagne en faveur d'un revenu universel entre 800 et 1000€. Alors bien sûr, ce dernier est toujours caricaturé par une partie de la presse comme le Frankfurter Rundschau qui y voit une dispendieuse allocation faisant la promotion de l'oisiveté à travers un dispositif utopique et prompt à aggraver les inégalités.

D'autres pourtant comme magazine Focus acceptent de s'intéresser sérieusement aux expérimentations qui existent outre-Rhin. Ils y voient une remise en question de notre rapport au travail, à l'argent, ce qui est plutôt dans l'air du temps, au moment où le monde entier se retrouve par la force des choses confiné chez lui, en famille, à essayer d'aider sa communauté tout en se rendant compte qu'il y a des moyens d'être utile en dehors de l'injonction permanente au travail.

Selon le TagesSpiegel, cette grande idée risque surtout d'aboutir en une sorte de revenu de base pour les artistes et profesionnels des secteurs de la création ; une sorte d'intermittence du spectacle sur laquelle pourraient s'entendre les Verts allemands et les socio-démocrates du SPD. Tout ça est très hypothétique, mais il n'est pas exclu que l'idée fasse son chemin d'une manière ou d'une autre... et le Coronavirus n'y aura pas été pour rien.

Pas de poisson d'avril dans cette revue de presse du 1er Avril, mais des éléphants thaïlandais.

Des éléphants qui aimeraient bien, eux aussi, bénéficier d'un revenu inconditionnel de base. Car, nous alerte la BBC, ils sont des dizaines, peut-être des centaines à dépérir dans la périphéries des lieux touritiques thaïlandais, où les touristes justement se font de plus en plus rares.

Ces éléphants, forcés d'ordinaire à promener les touristes sur leurs dos, ou a effectuer pour eux des numéros,  ne sont déjà pas très bien traités d'ordinaire ; la chaîne américaine CNN avait voulu, il y a quelques jours, voir le bon côté des choses, parlant d'une "libération" de ces pachydermes "mis au repos" par la force des choses et qui n'ont donc plus à souffrir pour divertir les humains.

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Mais la BBC, elle,  nous révèle la face sombre de cette libération : des dizaines d'éléphants décharnés, abandonnés sur des parkings de Bangkok ou d'ailleurs comme de vulgaires utilitaires au rebut, enchaînés à des poteaux de bétons, sans grand-chose à manger ou à boire.  

Or "quand un éléphant a faim, il déprime", nous apprend un spécialiste de l'espèce qui explique aussi qu'il ne faut pas accabler les propriétaires de ces animaux : subvenir aux besoins de leurs éléphants, ça coûte cher, et les cornacs ne gagnent plus d'argent, obligés, dans le pire des scénarios, à "choisir entre nourrir leurs éléphants et nourrir leur famille".

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