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Militaire vénézuélien passé dans le camp de Juan Guaido

Jours incertains au Venezuela

6 min
À retrouver dans l'émission

Les violents affrontements de ce mardi autour d'une caserne militaire de Caracas sont interprétés très différemment par les médias du pays : tentative avortée de putsch pro-Guaido ou début de la fin pour Maduro ? Au Japon, les femmes invisibilisées et sacrifiées par la maison impériale.

Militaire vénézuélien passé dans le camp de Juan Guaido
Militaire vénézuélien passé dans le camp de Juan Guaido Crédits : Hugo Passarello Luna - AFP

Autant le dire tout de suite, il est très difficile d'y voir clair dans ce qui est en train de se passer depuis hier au Vénézuéla...

... Et la lecture de la presse vénézuélienne n'aide pas forcément, tant cette presse est ultra-polarisée, propagande contre propagande, entre les pro-Maduro, les loyalistes... et les pro-Guaido favorables au changement de régime. Selon la chaîne de télé que l'on regardera, le journal que l'on lira, on se convaincra de tout comme de son contraire. 

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Par exemple, sur la chaîne TéléSur financé par l'Etat, il ne fait aucun doute que Juan Guaido et quelques centaines de militaires acquis à sa cause ont échoué ce mardi à mener un coup d'Etat fomenté depuis Washington. TeleSur donne une large place, ce matin, aux appels lancés par le président Nicolas Maduro à la mobilisation des citoyens ce mercredi, pour "défendre la Nation et la Révolution bolivarienne". 

Maduro se félicite que l'état-major militaire lui ait renouvellé dans la soirée sa loyauté, et il tourne en ridicule les évènements d'hier, cette "escarmouche de soldats qui a voulu mener un coup d'Etat... sur une autoroute ? Qui est-ce qu'ils pensaient abattre là-bas ? ", s'interroge le président, évoquant les images de ces soldats arborant un brassard bleu, signe de ralliement des pro-Guaido, amplement photographiés hier sur le pont depuis lequel ils braquaient leurs fusils mitrailleurs sur la route déserte. 

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Mais à lire El Nacional, cette fois, on entrevoit un Maduro qui n'a vraiment pas de quoi faire de l'humour. Estefani Brito écrit, que "la peur a changé de camp", que les citoyens qui ont répondu ce mardi à l'appel de Juan Guaido "ne quiterront plus la rue jusqu'à ce que l'usurpation maduriste prenne fin.  Ils n'ont plus rien à perdre, on leur a tout pris, alors peu importe le temps que ça prendra, le coût humain qu'il faudra payer, la lutte devra déboucher sur le retour glorieux à la démocratie". 

Car même inachevé, le soulèvement militaire de la caserne Carlota, hier, n'est selon El Nacional que le début, de la fin promise de Nicolas Maduro. Le journal d'opposition en ligne annonçait pour hier une journée "historique" ; ça n'a pas franchement marché, alors on reprend le qualificatif pour aujourd'hui mercredi avec l'annonce donc de nouvelles manifestations massives. 

Et pour se redonner du courage, le camp du président auto-proclamé Juan Guaido peut aussi lire la presse étrangère. 

La BBC, par exemple, qui cite des informations américaines selon lesquelles Nicolas Maduro, poussé par trois de ses plus proches lieutenants, était prêt à quitter le pouvoir hier, à prendre un avion pour se réfugier à Cuba. Selon le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, c'est Moscou qui a forcé le président a rester à Caracas et à affronter la crise. 

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On ne saura sans doute jamais s'il s'agit d'informations de propagande, destinées à intoxiquer les chefs de l'Armée Vénézuélienne et les pousser à déserter, mais pour le média russe Lenta, il s'agit bien de "fake news", forgées à la Maison Blanche, et qui ne sont rien d'autre qu'un aveu que la tentative de coup d'Etat d'hier a lamentablement échoué.

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Dans le journal brésilien O Globo, on nous apprend que 25 militaires vénézuéliens ont demandé (et obtenu) l'asile politique au Brésil de Jaïr Bolsonaro Vingt-cinq, ce n'est pas beaucoup, mais ça nous est présenté comme un signe du basculement possible et massif à venir dans l'armée l'armée de Maduro. 

Ce qu'on en retient, c'est cette sensation que le Vénézuéla n'a jamais été aussi divisé, et qu'il y a une guerre médiatique et psychologique qui est en cours pour faire basculer les militaires et l'opinion d'un coté où de l'autre. Sur quoi est-ce que ça va déboucher, personne ne se risque à le pronostiquer... mais il n'en reste pas moins vrai que ce 1er Mai semble tout avoir pour être une journée "historique".

L'Histoire s'écrit aussi aujourd'hui au Japon où le nouvel empereur Naruhito vient d'accéder au trône de chrysanthème.  

C'est la suite logique de l'abdication hier de son père Akihito, dont on retiendra, avec le Washington Post, les efforts déployés pour "moderniser la maison impériale nippone tout en respectant ses traditions" vieilles de deux millénaires et demi. 

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Enfin, our ce qui est de la modernisation, on repassera, nous dit le Post, en ce qui concerne la place des femmes dans la famille impériale. Et pour illustrer cette place (un bon pas derrière l'Empereur), rien de mieux que de faire le portrait de la nouvelle impératrice, Masako. 

D'elle, en lisant l'Asahi Shimbun, on comprend qu'elle incarne malgré elle tout le problème : elle était une diplomate brillante, promise à une grande carrière ; elle a résisté pendant deux ans aux avances du prince héritier Naruhito ; et finalement quand elle est devenue princesse, qu'elle a du renoncer à ses ambitions et à son autonomie, elle a sombré dans ce que la presse japonaise appelle poliment "des troubles de l'adaptation", ou si vous préférez dans une profonde dépression qui l'a tenue à l'écart de toute mondanité pendant une décennie. 

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Depuis qu'on a appris l'abdication de son beau-père, et donc l'accession de son mari au trône, Masako est réapparue progressivement en public : on la dit plus solide après des années de thérapie, et prête à affronter sa charge protocolaire.  Mais quoi qu'il en soit, la désormais impératrice n'était tout simplement pas conviée, ce matin, à la cérémonie d'intronisation : les femmes, c'est la tradition, n'y ont pas leur place.  

Autre tradition : la fille unique du couple impérial, Aiko, 17 ans ne pourra pas succéder à son père. 

Eh non, puisque, nous explique Reuters, la maison impériale japonaise fonctionne sur la règle stricte de la patri-linéarité... et donc Aiko, pourtant seule descendante directe de l'empereur, c'est comme si elle n'existait pas, dans l'ordre de succession.  Le prince héritier c'est désormais le frère cadet de Naruhito, Aki-shino, suivi de son fils Hisa-hito, qui est aujourd'hui agé de 12 ans seulement. 

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Le Japon commence donc à manquer sérieusement d'héritiers mâles, s'inquiète Reuters qui nous dit pourtant qu'une majorité de Japonais est favorable à ce que la règle change, pour que des femmes puissent accéder au trône. En 2001, à la naissance d'Aiko, on avait commencé à évoquer sérieusement cette possibilité, mais en 2006, le neveu Hisahito est né, on tenait donc un garçon pour pérpétuer la lignée, et ça coupé court à toute idée de modernisation. 

Entretemps, la princesse Masako subissait des pressions familiales pour donner d'autres enfants à Naru-hito, et de préférence des garçons. Ca n'a pa fonctionné, et ça n'a sans doute rien arrangé à ses années de dépression à croire le Washington Post.  Voila donc, quand vous entendrez parler de l'ère "Reiwa" qui débute aujourd'hui au Japon et qui est synonyme de "beauté et d'harmonie", vous pourrez tout de même, avoir une pensée pour les femmes sacrifiées de la famille impériale.

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