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Salwa Smaoui, comapgne de Nabil Karoui, assure la campagne de son mari emprisonné

Tunisie : Naibil Karoui reste en prison, la présidentielle dans l'impasse

5 min
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La candidat au second tour de la présidentielle tunisienne Nabil Karoui n'a pas obtenu mardi sa remise en liberté pour faire campagne. Le scrutin du 13/10 pourrait donc être invalidé. Les Russes boivent moins d'alcool, -43% en 13 ans, alors ils vont subventionner l'exportation de leurs bières vodkas

Salwa Smaoui, comapgne de Nabil Karoui, assure la campagne de son mari emprisonné
Salwa Smaoui, comapgne de Nabil Karoui, assure la campagne de son mari emprisonné Crédits : FETHI BELAID - AFP

La Tunisie doit élire son prochain président dans moins de deux semaines, mais ce second tour de l'élection présidentielle a du plomb dans l'aile.  

C'est le grand titre du site d'info tunisien Leaders : ce mardi le candidat Nabil Karoui a vu sa demande de remise en liberté rejetée par la chambre d'accusation de la cour d'Appel de Tunis. Le milliardaire magnat des médias, celui qui ne cache pas son admiration mimétique pour Silvio Berlusconi, reste donc en prison où il dort depuis avant même le premier tour, soupçonné qu'il est de blanchiment d'argent et de fraude fiscale. 

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Karoui toujours en lice pour ce second tour du 13 octobre, face au vieux professeur de droit constitutionnel et très conservateur Kaïs Saied, mais Karoui maintenu en détention : avec cette décision de justice, résume Leaders, "on s'achemine en bonne logique vers une invalidation du scrutin". Car, analyse le journal La Presse à Tunis, si la loi n'empêche pas en théorie que le second tour ait lieu, les avocats de Nabil Karoui disent depuis longtemps que si leur client n'est pas libre de mener campagne, alors ils contesteront la validité du scrutin sur la base du non-respect du principe d'égalité de traitement entre les candidats... et de l'avis général, ils ont de bonne chance d'avoir gain de cause.

On s'achemine donc, c'est le moins que l'on puiss dire, vers "un second tour atypique", c'est l'euphémisme retenu par La Presse, pour résumer cette situation exceptionnelle : personne ne sait vraiment à quoi il va ressembler, ce second tour, d'autant que même emprisonné Nabil Karoui garde de réelles chances de victoire. Si le vainqueur est en prison, qu'est-ce que l'on fait ? Encore un point d'interrogation qui pèse lourd sur la jeune démocratie tunisienne. 

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Mais à lire cette même Presse, il doit y avoir "une audience de la dernière chance" pour la libération de Nabil Karoui ce mercredi matin ; alors l'Economiste Maghrébin ou encore le HuffPost Tunisie y vont de leurs articles exigeant, encore et toujours, que le candidat soit laissé libre de mener campagne. Cette libération, comprend-on, est en fait la seule manière de se sortir d'une impasse judiciaire et politique complète. Car si l'on va vers une annulation probable des résultats du second tour, alors quid de la suite, sachant que l'actuel président Mohamed Ennaceur n'est là que par intérim, après la mort de Béji Caid Essebsi fin juillet ? L'intérim ne peut pas durer plus de 90 jours, on y arrive bientôt, alors là aussi on se retrouve dans une impasse.

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Ajoutez à cela le fait, rappelé par Kapitalis, que les Tunisiens votent ce samedi pour cette fois des élections législatives qui, toutes cruciales qu'elles sont, n'en on pas moins été phagocytées par ce tumulte présidentiel. Qu'on apprécie ou non le "Berlusconi tunisien", on est bien obligés de le reconnaître ce matin, pour que la démocratie tunisienne existe au moine le temps de l'élection, "il faut libérer Nabil Karoui".

La presse russe, elle, trinque à une bonne nouvelle en matière de santé publique !  

Champagne, en effet, puisque selon des données de l'OMS reprises par plusieurs titres à commencer par la Rossiskaya Gazeta, "les Russes boivent de moins en moins d'alcool, leur consommation moyenne a baissé de 43% entre 2003 et 2016". 

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-43% c'est colossal, c'est un changement sociétal fort, d'autant, ajoute le ministère de  la Santé russe, que le nombre de personnes traitées médicalement pour alcoolisme a quasiment baissé de moitié dans la même période. Presque moitié moins de malades, -43% de consommation en moyenne : ce sdeux chiffres symétriques pourraient tendre à démontrer qu'en fait tous les Russes en 2003 souffraient d'alcoolisme... mais n'allons pas faire dire n'importe quoi aux chiffres, tout cela est très sérieux et tord justement le cou à un vieux cliché.

D'autant que les conséquences en matière de santé publique sont frappantes, nous dit Radio Svoboda : l'effet a été immédiat sur l'espérance de vie des Russes, qui connait "un pic historique". Voyez plutôt, 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes ; ça vous semblera peut-être jeune pour mourir, mais il faut se souvenir que cette même espérance de vie était d'à peine 58 ans pour les hommes russes à la chute de l'URSS. 

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Tout cela fait que la Russie, même si elle "reste l'un des pays où l'on boit le plus au monde", est aussi désormais "citée en exemple de l'efficacité des politiques anti-alcool mises en place" ces deux dernières décennies.  La correspondante à Moscou de la BBC Sarah Rainsford nous rappelle ces lois successives prises sous Poutine et Medvedev, en nous racontant les transformations qu'elles ont suscité dans  le paysage urbain de la capitale : la disparition des kiosques en pleine rue ouverts toute la nuit et qui regorgaient de bouteilles de bières, vodka et tout ce qu'il faut pour grignoter avec ;  l'interdiction de boire sur l'espace public qui a changé la physionomie des trottoirs et des parcs ; tout ça va avec une "promotion de modes de vie plus sains, de consommations d'alcools moins quantitatives et plus qualitatives". 

Mais Sarah Rainsford nous rappelle aussi que "tout cela est vrai avant tout chez les habitants plutôt aisés de Moscou, mais que là où persiste la pauvreté, dans les campagnes russes, l'alcool de mauvaise qualité et les spiritueux faits maison restent toujours une norme" très couteuse en 

D'ailleurs si elle consomme moins d'alcool la Russie continue d'en produire beaucoup. Et dans le quotidien économique Vedomosti on apprend à ce propos que "le gouvernement a décidé de subventionner l'exportation des alcools russes". C'est arrivé hier au même moment que les statistiques encourageantes de l'OMS ; d'ailleurs ça donne un peu l'impression qu'on va inonder le reste du monde avec les stocks non consommé sur le marché intérieur.  

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Plus sérieusement; le président Poutine en personne vient donc de signer une loi qui modifie le budget national en instaurant des subventions pour les producteurs d'alcools russes à l'export : jusque-là, seul le secteur quasi-insignifiant du vin bénéficiait de ces aides publiques, désormais tous les spiritueux "Made in  Russia" y auront droit, et forcément ce sont les bières et les vodkas russes qui devraient en profiter pour se lancer à la conquête du marché mondial.  

Il faut savoir, et Vedomosti nous le dit bien d'ailleurs, que si les exportations de vodka à travers la planète représentent un chiffre d'affaire annuel de 40 milliards de dollars dont 15 milliards vendus avec une étiquette indiquant "vodka russe", en vérité seule une infime partie est réellement produite en Russie. C'est cela que veut apparemment changer Vladimir Poutine, et in fine l'OMS ne lui dira peut-être pas merci.

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