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Roberto Marrero, opposant vénézuélien gracié le 1er septembre 2020

Venezuela : Nicolas Maduro libère ses opposants pour mieux les diviser

5 min
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En graciant plus d'une centaine d'opposants détenus, le président du Venezuela Nicolas Maduro tente de convaincre une partie de l'opposition de participer aux prochaines législatives. Au Cambodge, mort du "camarade Douche", unique responsable du génocide des Khmers rouges à avoir avoué ses crimes.

Roberto Marrero, opposant vénézuélien gracié le 1er septembre 2020
Roberto Marrero, opposant vénézuélien gracié le 1er septembre 2020 Crédits : Federico Parra - AFP

Difficile de se prétendre démocrate quand on concourt aux élections sans opposition. 

C'est le constat qu'a semble-t-il fait le président du Venezuela Nicolas Maduro, et c'est à la surprise générale qu'il a accordé lundi sa grâce à près de 110 représentants de son opposition avec libération immédiate pour ceux, parmi lesquels de nombreux députés élus, qui étaient emprisonnés. 

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Depuis deux jours, sur les chaînes d'info indépendantes et les journaux en ligne du Venezuela, on voit se multiplier les vidéos de libérations, effusions de joie et retrouvailles avec les proches des prisonniers politiques libérés... comme ici avec Roberto Marrero, l'ancien directeur de cabinet du chef de l'opposition Juan Guaido... dont les premiers instants de liberté ont été filmés par El Pitazo.  

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Ce qui est important dans cette vidéo, ce ne sont pas tant les cris de joie et les embrassades mais les premières paroles de Marrero : il affirme que ces libérations d'opposants sont un "piège" dressé par Maduro pour légitimer les élections législatives qui doivent avoir lieu le 6 décembre, élections que l'opposition menée par Juan Guaido appelle à boycotter.

Grâces présidentielles ou pas, "nous ne participerons pas à cette mascarade d'élections", assène à nouveau Guaido dans les colonnes du quotidien Panorama.  Car personne n'est vraiment dupe, à croire l'édito d'El Pais America : si Nicolas Maduro fait preuve d'indulgence, s'il donne des gages d'ouverture même en direction de ses opposants,  c'est bien qu'il y a un intérêt politique pour lui. Avec l'outil de la grâce présidentielle, il reconnaît en creux qu'il y a bien des prisonniers  politiques, par dizaines, dans les prisons vénézuéliennes... mais il a besoin que l'opposition participe aux législatives, pour tenter de montrer au reste du monde qu'il n'est pas l'affreux dictateur que dénoncent les américains et le camp Guaido. 

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Et Maduro, analyse encore El Pais, veut surtout affaiblir, diviser l'opposition en faisant mener par ses négociateurs des pourparlers, sous médiation turque, avec certains représentants de courants d'opposants dissidents de Juan Guaido, à commencer par l'ancien candidat à la présidentielle Henrique Capriles. S'il arrive comme celà a l'air de de dessiner, à convaincre cette opposition-là de participer au scrutin, alors il  un nouveau Parlement sera élu plus ou moins légitimement le 6 décembre, et Juan Guaido sera mis sur la touche, lui qui tire sa légitimité de son mandat de président de l'Assemblée Nationale conquis en janvier 2019.  

Cette décision de faire libérer une centaine de prisonniers politiques, peut aussi être interprêté comme  un aveu de faiblesse pour Nicolas Maduro. Là-dessus la presse de Caracas est partagée : il y a d'un côté ceux, comme Hernan Lugo-Galicia dans El Nacional, qui disent que les grâces présidentielles sont une démonstration de force arbitraire, un fait du prince destiné à rassurer les militaires sur leur fait qu'il reste le seul maitre du jeu politique vénézuélien. 

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A l'inverse, le quotidien El Carabobeño insiste sur le fait que Maduro est de plus en plus isolé politiquement, alors que les partis de gauche qui le soutenaient jusque-là se désolidarisent les uns après les autres de son gouvernement accusé de trahir les idéaux du chavisme. Le plus frappant, c'est la rupture consommée avec le très puissant Parti communiste vénézuélien qui pour la premièr fois a décidé de faire cavalier seul en décembre. Si l'opposition traditionnelle, marquée à droite, ne participe pas au scrutin, alors le PC pourrait bien faire figure de principale alternative au Partido Socialista Unido (PSUV) du président, et c'est justement ce cas de figure-là que semble vouloir éviter Nicolas Maduro... quitte à devoir sortir de prison sa bonne vieille opposition de droite.   

La presse asiatique dresse l'effroyable nécrologie d'un des plus grands bourreaux du siècle dernier. 

A lire dans le Phnom Penh Post, l'annonce du décès à l'âge de 77 ans de celui qui restera dans l'histoire du Cambodge et du monde comme le "camarade Douch" deson nom de guerre chez les Khmers rouges pour qui il assura, dans la deuxième moitié des années 70, la direction de la terrible prison de Tuol Sleng.

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C'est là, dans ce que l'administration génocidaire avait nommé le "centre de sécurité S-21", que furent détenus, torturés et exécutés des milliers de personnes.  De lui, d'ailleurs, The Washington Post retient cette phrase, prononcée lors de son procès pour crimes contre l'humanité en 2010, "je suis à moi seul responsable de la mort d'au moins 12380 Cambodgiens" : car Douch aura été "l'unique responsable du régime des Khmers rouges à plaider coupable de ces crimes" menés à une échelle industrielle et avec une cruauté sans borne. Face à ses juges internationaux, il avait prononcé des excuses, qui n'avaient bien sûr rien changé à sa condamnation à 35 ans de prison. 

Le procès de 2010, poursuit la Nikkei Asian Review, avait permis de lever le voile sur l'ampleur et l'atrocité des massacres menés par les Khmers rouges, dont il faut rappeler qu'ils sont responsables de la mort d'1,7 millons de Cambodgiens, soit un quart de la population du pays exterminée en à peine 5 années. 

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Douch lui-même le reconnaissait, "toute personne qui nous était amenée au centre S-21 était considérée comme déjà morte".  Alors bien sûr, le vieil homme était devenu le nom et le visage de cette mémoire du génocide, et sa mort,  conclut le site CambodiaNess, le soustrait à la Justice qui est si importante pour le Cambodge d'aujourd'hui. "A présent, il ne reste plus q"'un haut responsable Khmer rouge à purger une peine de prison pour crimes contre l'humanité, et il a 89 ans", constate le journal en ligne. Heureusement l'ancienne prison de Tuol Sleng à Phnom Penh est devenue un musée, l'un des plus visités du Cambodge. A défaut des hommes, il restera les lieux, comme ultimes témoins de l'histoire.

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