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Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3 blanchie par la justice italienne et Ursula von der Leyen choisie pour la présidence de la Commission européenne

Rackete Vs von der Leyen : deux femmes que tout oppose en Une de la presse allemande

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Les quotidiens d'outre-Rhin saluent la libération de Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3 blanchie par la justice italienne au grand dam de Matteo Salvini, et s'interrogent sur le bien-fondé de la nomination d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne.

Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3 blanchie par la justice italienne et Ursula von der Leyen choisie pour la présidence de la Commission européenne
Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3 blanchie par la justice italienne et Ursula von der Leyen choisie pour la présidence de la Commission européenne Crédits : GIOVANNI ISOLINO et CHRISTIAN CHARISIUS / DPA - AFP

Deux visages féminins occupent ce matin les Unes des journaux allemands.  

Deux femmes qu'à peu près tout oppose, comme à peu près tout oppose leur manière à chacune de tenter de sauver l'âme de l'Europe. A peu près à égalité donc ce matin dans les quotidiens d'outre-Rhin, on lira des articles sur la libération par la Justice italienne de Carola Rackete, la capitaine du bateau humanitaire Sea-Watch 3, ou bien des analyses sur la nomination à la tête de la Commission Européenne d'Ursula Von der Leyen. 

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La première, on connait déjà son portrait, esquissé par le Tagesspiegel : 31 ans, longs cheveux bruns rassemblés en dreadlocks, fille de militaire, engagée dans la marine scientifique puis dans le secours aux migrants en Méditerranée, Carola Rackete était depuis vendredi assignée à résidence en Sicile, interpellée à peine avait-elle fait accoster son navire malgré le blocus italien pour y débarquer 40 migrants après deux semaines d'errance en mer. 

Hier, la Justice d'Italie a donné entièrement raison à la jeune femme, décisions saluée par le Berliner MorgenPost et par une grande partie de la presse allemande.  Car, comme le note un brin narquois le magazine Focus, "il semblait de bon ton ces derniers jours en Allemagne de prendre la défense de Carola Rackete". Des dirigeants politique de premier plan, et surtout la diplomatie allemande, n'ont pas mâché leurs mots contre l'Italie, ni économisé leurs efforts pour faire libérer la capitaine du Sea-Watch 3.  

D'ailleurs les seuls mots que Rackete a prononcé hier soir, après sa libération, étaient pour saluer cet élan de solidarité qui l'a profondément "touchée", dit-elle dans Die Welt

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Et puis l'autre succès de Carola Rackete et de son équipage, c'est d'avoir remis en lumière le drame de l'immigration en Méditerrannée, l'extrémisme immoral de Matteo Salvini et le désengagement coupable des pays membres de l'UE, à commencer par l'Allemagne. Der Spiegel à ce sujet nous apprend que le gouvernement fédéral à Berlin a accepté hier d'accueillir un tiers des 40 réfugiés secourus par le Sea-Watch 3 et sa capitaine. Le reste du groupe devrait être pris en charge entre la France, la Finlande le Portugal et le Luxembourg.

Et voilà qui nous amène à l'autre figure allemande du jour : Ursula Von der Leyen.  

Elle... a 60 ans, issue d'une famille aristocratique, elle a sept enfants et sa carrière politique, chez les chrétiens-démocrates de la CDU, l'a amenée à devenir il y a 5 ans et demi la première femme ministre de la Défense en Allemagne. 

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Hier au terme d'un casse-tête européen qui aura duré plus d'un mois, elle a donc été choisie pour devenir la première présidente de la Commission européenne, si toutefois sa nomination est confirmée par le Parlement de Strasbourg aujourd'hui. Ursula von der Leyen, écrit en Une la Süddeutsche Zeitung, c'est "la candidate du compromis" entre Berlin et Paris : le fait qu'elle se retrouve dans cette situation d'arracher la présidence de la Commission relève du "miracle politique", estime même Stefan Kornelius, tant "son nom n'avait jusque-là jamais été évoqué au conclave de Bruxelles". Mais quand il faut "concilier les intérêts de 28 Etats-membres, de 7 familles politiques et de 751 eurodéputés, on s'en remet au plus fort dénominateur commun", en l'occurence elle, Ursula von der Leyen. 

Ce n'est pas très glorieux comme façon de présenter les choses, et ça ne l'est pas plus dans ce qu'en écrit Der Spiegel : "La chancelière Merkel, commentent Markus Becker et Peter Muller, ne sort pas gagnante de cette négociation forcenée avec Emmanuel Macron". Tout le monde semble d'accord pour dire que c'est le président français qui a proposé le nom de von der Leyen comme alternative à Manfred Weber dont il ne voulait pas. Et comme Ursula von der Leyen est une fidèle alliée de Merkel, issue de son parti, la chancelière a finalement dû se ranger à ce choix... un peu malgré elle.  

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"Une solution, mais que d'imperfections!" résume enfin la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui prévient aussi que mathématiquement Ursula von der Leyen n'est pas assurée d'avoir une majorité de députés pour valider sa nomination tout à l'heure au Parlement européen. Reste à savoir si ces eurodéputés tenteront le bras de fer avec leurs chefs d’État :"ils pourraient avoir plus à y perdre qu'à y gagner", selon Berthold Köhler de la FAZ.  

Il y a aussi une "vérité qui dérange" derrière la nomination de la ministre de la défense allemande...  

Cette "vérité qui dérange", selon la formule choisie par Politico, c'est qu'Ursula Von der Leyen est très critiquée dans son propre pays. Elle est "la ministre la plus impopulaire, la plus faible du gouvernement fédéral" persifflent des membres du parti de gauche le SPD ; "l'armée, sous sa tutelle, manque de tout, matériel comme personnel". Et l'on apprend aussi que le ministère de la Défense, qu'elle dirige donc depuis 2013, fait face à des accusations persistantes de corruption dans des marchés publics apparemment frauduleux passés avec des cabinets de consulting.  Il y en a pour des millions d'euros d'argent public ; une commission d'enquête parlementaire est en cours, et "les auditions de témoins-clés ces derniers jours ont plutôt confirmé les soupçons de malversations". 

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Voilà, conclut Politico, pourquoi son parti la CDU serait plus qu'heureux, soulagé, de voir l'embarrassante ministre partir par le haut vers Bruxelles. Et au final, il n'y a guère dans la presse allemande  que la Volkszeitung de Leipzig pour s'en tenir à l'analyse chauvine de la chose : une Allemande au sommet des institutions européennes, c'est selon le quotidien "une énorme succès pour la chancelière". Depuis 14 années, jamais Angela Merkel n'avait réussi à placer un compatriote à un poste international de premier plan.

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