LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Un supporter de Donald Trump faisant face à un militant du mouvement Black lives Matter à Washington

Présidentielle USA : la nuit américaine pourrait durer plusieurs jours

5 min
À retrouver dans l'émission

Les premiers résultats des votes à la présidentielle sont extrêmement serrés aux États-Unis. Mais les médias américains constatent que, malgré de vives tensions entre partisans démocrates et républicains, la soirée s'est déroulée sans violences. Reste à savoir si cela tiendra ces prochains jours...

Un supporter de Donald Trump faisant face à un militant du mouvement Black lives Matter à Washington
Un supporter de Donald Trump faisant face à un militant du mouvement Black lives Matter à Washington Crédits : Olivier DOULIERY - AFP

Un constat d’abord, du New York Times : le système électoral a tenu bon, hier en tous cas. Et c’est presqu’une surprise, pour les reporters du quotidien qui signent cet article : on avait tellement écrit sur les craintes de voir des débordements, des tentatives d’intimidations ou des confrontations dans les bureaux de vote que le calme, la responsabilité qui a globalement dominé la journée d’hier, oui, surprend (en positif) le New York Times.

Et c’est vrai qu’à force de commenter les outrances, les menaces et les entorses bien réelles à la règle démocratique, de la part du président-candidat Trump ces derniers mois, même les plus zélés des journalistes américains semblaient perdre confiance dans la force de l’appareil électoral des Etats-Unis et sa capacité à résister à des tentatives de déstabilisation.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais non, on le voit encore à l’heure où l’on se parle et où des armées d’assesseurs dépouillent patiemment des millions de votes, et où les résultats remontent en temps réel vers les ordinateurs de toutes les grandes chaînes du pays pour apparaître sur leurs cartes actualisées en temps réel… On le voit bien, la plus grande démocratie du monde, malgré tous ses travers et au grand dam de son actuel leader, est avant tout une très solide administration qui ne plaisante pas avec le rituel électoral.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Quant aux citoyens, aux électeurs eux-mêmes, quelle que soit la profondeur de leurs désaccords, et la radicalité de leur engagement, pour Donald Trump ou pour Joe Biden, ils n’ont pas cédé à la tentation de la violence : pour le moment, pour le moment je répête bien, c’est le calme qui domine confirme The Washington Post, lequel rapporte bien quelques tensions, des rixes mêmes hier devant certains bureaux de vote, mais rien de comparable avec ce que l’on craignait de la part en particulier des milices suprémacistes blanche pro-Trump qui n’ont pas mis leurs menaces à exécution. Mais encore une fois, le processus électoral est loin d‘être terminé : il sera temps de voir à la fin des fins si ces menaces, pour le moins tolérées par Donald Trump, faisaient partie d’un grand bluff ou d’une réelle stratégie de déstabilisation.

Sur les chaînes de télé américaines, cette soirée électorale s’est déroulée sans surprise majeure

Pas grand-chose pour venir troubler la litanie des cartes qui se colorent progressivement en bleu et rouge, la remontée des résultats, pourcentage par pourcentage, état par état, comté par comté : les "swing-states" les plus incertains et les plus décisifs restent dans la balance et pourraient y rester pour certains jusqu’à vendredi, comme le rappelle régulièrement CNN qui (comme Joe Biden l’a fait il y a environ une heure), appele tout le monde à la patience (c’est certainement le mantra de cette élection, la patience).

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il y a tout de même  bien eu une sensation, vers 5h30 environ heure de Paris, quand Fox News (qui fait figure de référence pour les résultats d’élections) a décidé d’attribuer la victoire à Joe Biden dans l’Etat d’Arizona.

Là vraiment, il s’est passé quelque chose d’inattendu : l’Arizona n’est clairement pas une terre démocrate, la campagne Biden y a consacré beaucoup d’énergie et d’argent pour tenter de la faire basculer avec ses 11 grands électeurs. Ce n’est pas une grosse prise mais c’est une surprise (qui, paraît-il, a fait enrager les directeurs de campagne de Trump contre FoxNews) et c’est surtout un indice assez fort qui a redonné de la foi aux démocrates.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et ils en avaient bien besoin, car la tendance jusqu’à ce moment-là de la nuit américaine était résumée ainsi par Politico : dans les Etats-clés du sud et du Nord-Est, c’est bien Donald Trump qui remporte la Floride, l’Ohio et qui semble avoir une longueur d’avance. Mais là encore… il faut se méfier des résultats partiels, qui donnent plus de poids aux dépouillement des voix d’électeurs venus vote en personne ce mardi, alors que les votes anticipés ou par correspondance mettent plus de temps à être dépouillés, et l’on sait qu’ils devraient pencher assez largement en faveur de Joe Biden. C’est justement dans ces Etats-là, Géorgie, Caroline du Nord, Wisconsin, Pennsylvanie, Michigan, que ces dépouillements vont prendre le plus de temps, entretenir le suspense possiblement jusqu’à vendredi… et nous condamner, prévient Politico, à une longue et frénétique attente.

Une dramaturgie médiatique en décalage avec la réalité

C’est d’ailleurs ce paradoxe qui frappe l’esprit, quand on regarde ces soirées électorales sur CNN, FoxNews et consoeurs : le décalage entre l’ultra-immédiateté des résultats mis en en scène sur les cartes, comme si tout pouvait basculer à la minute suivante… et cette résignation à la patience, ce rappel incessant que ce n’est sans doute pas ce soir (ce matin chez nous) que l’on connaîtra le nom du 46e président américain. Comme quoi il n’y a pas qu’en France que la dramaturgie télévisée traditionnelle ne semble plus vraiment en phase avec la réalité de l’élection présidentielle.

J’ajoute enfin une dernière info un peu secondaire par rapport à la grande course à la Maison Blanche, mais qui m’a semblée significative quand même : relevée par The Guardian, la victoire dans l’Etat de Georgie d’un siège à la Chambre des représentants, pour Marjorie Taylor Greene. Cette jeune militante républicaine s’est fait connaître par ses positions racistes et ultra-conservatrices, elle est l’un des plus influents relais de la théorie conspirationniste Q-Anon aux Etats-unis, avec la bénédiction de Donald Trump. 

Marjorie Taylor Greene élue, cela nous montre que, qu’il soit réélu ou pas à l’issue de cette présidentielle, le président sortant a déjà donné naissance à une inquiétante génération de bébé-Trump qui déferlent à présent sur le Congrès.

Chroniques
7H40
54 min
L'Invité(e) des Matins
Présidentielle américaine : un duel très serré pour une issue incertaine
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......