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Pablo Iglesias en meeting à Madrid le 18/04/21

Battu à Madrid, Pablo Iglesias met fin à sa carrière politique

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Pablo Iglesias, figure du mouvement de gauche espagnol Podemos, quitte la politique sur un échec à empêcher la victoire de la droite alliée à l'extrême-droite à Madrid. Un débris de fusée chinoise s'apprête à s'écraser sur Terre sans que Pékin ne contrôle sa trajectoire.

Pablo Iglesias en meeting à Madrid le 18/04/21
Pablo Iglesias en meeting à Madrid le 18/04/21 Crédits : Pierre-Philippe Marcou - AFP

Pas de surprise à l'élection qui se déroulait mardi dans la région de Madrid : la candidate de droite l’a largement emporté, et elle va devoir s’allier à l’extrême-droite pour gouverner.

Pas de majorité absolue donc pour Isabel Diaz Ayuso, mais une victoire tout de même massive, un Partido Popular qui exulte, les centristes de Ciudadanos rayés de la carte, le PSOE (parti socialiste du Premier ministre espagnol) qui essuie un nouveau recul, la montée à sa gauche de Mas Madrid, nouvelle alternative citoyenne qui bat le PSOE avec plus de 17% des suffrages… Voilà pour les grands enseignements de cette élection régionale qui, qu’on se le dise, a bien valeur de test national pour le gouvernement de Pedro Sanchez selon les éditorialistes de la presse madrilène

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Mais ce qui a aussi retenu leur attention, à ces éditorialistes, c’est l’autre info de la soirée : le leader de la gauche radicale, co-fondateur du mouvement Podemos en 2014 Pablo Iglesias, figure incontournable de la vie politique espagnole et de la gauche radicale européenne, met fin à sa carrière politique. Il renonce à retrouver ce poste de deuxième vice-président du gouvernement Sanchez, qu’il avait abandonné pour s’engager dans la campagne de Madrid. 

Car "en devenant tête de liste de Podemos à ces régionales, résume Paula Chouza pour El Pais, Pablo Iglesias acceptait de prendre sur ses seules épaules la responsabilité d’un possible échec. Il n’a pas réussi à devenir ce répulsif qu’il voulait être" contre la victoire annoncée de la droite et de l’extrême-droite. Alors malgré les dix sièges conquis mardi par sa liste à l’Assemblée régionale, soit trois de mieux que lors des dernières élections, Iglesias prend acte de son échec à faire battre Isabel Diaz Ayuso, et il quitte la politique. Il l’a annoncé à ses supporters, en ces termes :

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"Je renonce à tous mes mandats, je renonce à la politique vue dans sa dimension partisane et institutionnelle. Je resterai engagé pour mon pays, bien sûr, mais je ne veux pas être un obstacle à la nécessaire refondation de Podemos" déclarait donc Pablo Iglesias, regrettant un peu plus tôt d’être devenu "un bouc-émissaire et la cible de tout ce que la démocratie peut générer de plus sombre". Référence au climat très agressif de cette campagne madrilène, où lui et d’autres à gauche, ont été accusés par Ayuso et par l’extrême-droite d’être de dangereux bolchéviques prêts à instaurer une dictature communiste dans la capitale espagnole. 

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Pourtant, à lire ce qu’écrit sur lui le très conservateur quotidien ABC, c’est Pablo Iglesias lui-même qui serait le principal responsable de cette violence politique. "C’est lui qui a importé le populisme dans la vie politique espagnole", renchérit El Mundo. Artisan paradoxal du renouveau d’une extrême-gauche qui se voulait anti-système mais capable de gouverner, Iglesias a suscité bien au-delà des frontières de son pays "la passion autant que la haine" : il était, reprend Pedro Garcia Cuartango d’ABC, "plus nécessaire à ses adversaires qu’à ses partisans, car il suscitait un effet cathartique" facilement caricaturable : un épouvantail parfait, en somme, pour l’électorat de droite. 

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"Il faut se rendre à l’évidence, je n’arrive pas à rassembler à gauche", c’est le constat dressé hier soir par Pablo Iglesias, repris aussi bien par El Mundo que par le site d’info de gauche InfoLibre, lequel prend le temps de laisser la parole au prof de sciences politiques devenu acteur de son propre objet de recherche : dans la victoire d’Isabel Diaz Ayuso à Madrid, il voit "le succès inquiétant d’une droite inspirée par le modèle trumpiste, et le consolidation tragique de l’ultra-droite", une "augmentation sans précédent de la violence politique, une normalisation des discours fascistes dans les médias". Face à cela, "nous, à gauche, avons échoué" reconnaît enfin Pablo Iglesias… Pour Luis Fernando Lopez d’El Mundo il aura au moins réussi son retrait de la vie politique, sans s’accrocher au pouvoir, soignant sa "légende noire" pour mieux se faire une place dans l’histoire politique espagnole où il incarnera à coup sûr quelque chose de l’époque actuelle, à défaut d’y avoir vraiment réussi son passage. 

Dans un tout autre registre, la Chine est entrée dans la cour des grands de la conquête spatiale… pour le meilleur et peut-être pour le pire.

Jeudi dernier la fusée chinoise Longue Marche 5B a décollé avec succès et a mis sur orbite le premier élément de ce qui sera bientôt la station spatiale 100% Made in China… concurrente de la station internationale où se trouve en ce moment Thomas Pesquet. Pour le Global Times de Pékin, pas de doute possible : c’est une victoire éclatante pour tout le programme spatial chinois, "une étape vers le premier vol habité, et une inspiration sans limite pour des millions de Chinois qui regardent désormais le ciel avec fierté".

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Sauf qu’ailleurs dans le monde on regarde plutôt le ciel avec crainte, depuis que l’on sait grâce à l’astrophysicien américain Jonathan McDowell interviewé par The Guardian que l’agence spatiale chinoise ne contrôle absolument pas le retour dans l’atmosphère d’un gros débris de la fusée chinoise, vingt tonnes de métal qui se trouvent en ce moment en orbite basse autour de la Terre, à environ 300 km au-dessus de nos têtes et à une vitesse de 27 000 km/h mais qui va finir par nous retomber dessus… Et pourrait s'écraser sur le plancher des vaches d’ici environ trois jours, autour du 8 mai selon le site spécialisé SpaceNews qui cite les pronostics de l’armée américaine. Eh oui, le Pentagone, inquiet et accessoirement pas mécontent de pointer les faiblesses de son rival chinois, a décidé de surveiller de près le débris spatial, puisque son propriétaire ne le fait pas. 

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En fait, les Chinois semblent s’en être remis au fait que 70% de la surface terrestre est inhabitée, et donc que la probabilité que le morceau de fusée fasse des dégâts est infime… Mais Jonathan McDowell dans The Guardian rappelle tout de même que, lors d’un précédent lancement chinois, des gros morceaux de métal étaient retombés sur des habitations en Côte-d’Ivoire, et que "ça avait été un miracle s’il n’y avait pas eu de victime".

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