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Jair Bolsonaro, contaminé par le coronavirus, le 07 juillet 2020

Même contaminé, Jair Bolsonaro ne change rien face à la Covid-19

6 min
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Pas vraiment surpris par l'annonce de la contamination de leur président au coronavirus, les médias brésiliens espèrent, sans trop y croire, que la maladie fera évoluer la position irresponsable de Jair Bolsonaro face à la pandémie.

Jair Bolsonaro, contaminé par le coronavirus, le 07 juillet 2020
Jair Bolsonaro, contaminé par le coronavirus, le 07 juillet 2020 Crédits : Sergio Lima - AFP

La presse brésilienne rouvre ce matin un vieux débat : peut-on souhaiter la mort de quelqu'un ? 

D'autant plus quand ce quelqu'un est ... le président élu de la République : Jair Bolsonaro a donc confirmé ce mercredi  les rumeurs qui le disait contaminé par le coronavirus et touché par ses symptomes, fièvre, fatigue, etc. Le deuxième test réalisé était positif, comme le premier. Et dans les heures qui ont suivi cette annonce, la Folha de Sao Paulo publiait dans ses pages opinions ce billet forcément polémique intitulé "Pourquoi je souhaite que Bolsonaro meurre de la Covid-19". Voilà qui est posé très clairement, vous en conviendrez, et argumenté, qui plus est, par le journaliste et philosophe Helio Schartzman qui en est l'auteur : il nous explique que dans cette mort hypothétique (et donc souhaitable selon lui), le président d'extrême-droite "rendrait à son pays un service qu'il a jusque-là été incapable d'accomplir de son vivant" à savoir, assumer les conséquences de son irresponsabilité coupable et alerter vraiment la population du danger réel et immédiat que fait courir la pandémie sur tout le Brésil. 

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Il faut ajouter d'emblée, avec la Gazeta do Povo, qu'Helio Schartwman risque des ennuis judiciaires pour avoir ainsi souhaité publiquement la mort du chef de l'Etat : le ministre de la Justice du Brésil a lancé une enquête contre le journaliste accusé d'avoir "_poussé trop loin les limites de la démocratie et de la liberté d'expressio_n". 

Sans aller jusqu'à souhaiter la mort du président, d'autres journaux espèrent que la maladie va lui servir de leçon : c'est même la position officielle prise par la Follha de Sao Paulo, journal d'opposition qui dans son édito cette fois dit espérer que le Président va se remettre rapidement et que ça va lui mettre du plomb dans la cervelle pour la suite de la gestion de la pandémie. Car il faut bien le dire (tout le monde d'ailleurs semble d'accord sur ce constat) jusque-là Jair Bolsonaro n'a fait que minimiser la dangerosité de la crise sanitaire, il a freiné l'instauration de mesures fortes, par exemple le port obligatoire du masque dans les lieux accueillant du public ou le confinement alors que le Brésil compte déjà plus de 60 000 morts de la Covid-19 et mille de plus au moins chaque jour qui passe.

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Mais non, quoiqu'il en soit, écrit Alexandre Aguiar dans le Jornal de Novo Hamburgo, "même la plus abjecte des personnalités ne mérite pas que l'on souhaite sa mort. Souhaitons plutôt, poursuit l'éditorialiste, qu'il survive et que l'on puisse le traîner devant les tribunaux qu'il mérite pour sa gestion catastrophique du pays". Que ça lui serve de leçon ? 

N'y comptez pas trop, reprend Maia Menezes dans O Globo : même depuis qu'il se sait contaminé, Jair Bolsonaro n'a en rien changé son discours sur la crise sanitaire. Pour en juger il suffit de se repasser cette séquence: 

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C'est la conférence de presse à le président brésilien est face aux micros et caméras pour annoncer qu'il est contaminé, et il insiste auprès des journalistes pour répondre à leur question sans porter de masque. Il l'enlève et recule de deux mètres pour leur parler : en terme de responsabilité, on repassera.  

Idem quelques heures plus tard quand Jair Bolsonaro publie sur les réseaux sociaux cette vidéo :  

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Cette fois il est à son bureau, sourire d'acteur publicitaire aux lèvres, et il nous explique que tout va bien, parce qu'il prend deux fois par jour de l'hydroxychloroquine... ce fameux médicament dont l'efficacité contre la Covid-19 est tout sauf prouvée mais sur lequel Bolsonaro a basé l'essentiel de sa réponse à la pandémie, quitte à faire fabriquer près de deux millions de pilulles par les soldats de son armée. Le voir aujourd'hui, lui-même malade, continuer à dire aux Brésiliens que la chloroquine est la solution, et que le port du masque n'est pas nécessaire, voilà selon O Antagonista la preuve s'il en était besoin que non, la Covid-19 n'a pas encore mis du plomb dans la cervelle de Jair Bolsonaro.   

Le coronavirus fait également son retour à la Une de la presse australienne.  

En particulier le quotidien The Age publié à Melbourne, dans une ville et un Etat de Victoria qui seront à nouveau coupé du reste du monde, à compter de ce soir minuit. Plus aucun vol international, plus de passage par la route depuis l'Etat voisin de Nouvelles-Galles-du-Sud, et un reconfinement imposé à 5 millions d'habitants pour au moins six semaines. C'est ce que tout le monde craint ces derniers temps, le retour à la case confinement alors que les règles devaient encore assouplies dans les prochains jours... et tout ça, nous dit The Age, à cause de quelques centaines de nouveaux cas détectés chaque jour depuis le début de la semaine. 

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Mais, écrit le journaliste Jon Faine pour résumer l'état d'esprit général, "le monde est imparfait, les experts se trompent parfois comme tout le monde, et "s'il faut à nouveau se mobiliser pour repousser le coronavirus, alors faisons-le, quels que soient les moyens qu'il faudra employer". Ce sera donc le reconfinement général, pour Melbourne et sa région qui voient des milliers de leurs habitants fuir par la route, depuis mardi et tant qu'il est encore temps, pour rejoindre Sydney. Sur la route entre les deux métropoles, constate The Guardian dans sa version australienne, des embouteillages monstres, dignes de scènes d'exodes, ont pris forme sous les yeux des centaines de soldats déployés pour fermer la frontière dans quelques heures. 

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La crainte à présent c'est que l'épidémie ne suive ce mouvement de foule et ne reprenne de la vigueur également à Sydney ;  c'est fort probable, reconnait le Sydney Morning Herald citant la Première ministre de la région qui n'est pas franchement optimiste. Alors on n'en est pas encore à reconfiner Sydney, mais on s'y prépare. De toute façon, comme le suggère à nouveau le Sydney Morning Herald de manière très opportune aujourd'hui, six mois après le début de la pandémie on n'a pas trouvé mieux que de s'enfermer chez soi pour lutter efficacement contre la porpagation du virus : regardez le Brésil ou les Etats-Unis qui n'ont quasiment rien fait et ont vu l'épidémie flamber, ou encore la Suède qui se mord aujourd'hui les doigts de ne pas avoir opté pour le confinement, à l'inverse de tous ses voisins européens. "La Suède, ce contre-exemple édifiant de ce qu'il ne faut pas faire", titre le quotidien australien... comme une manière de remotiver ses lecteurs pour les dures semaines qui s'annoncent.

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