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Installation d'un bureau de vote enAfrique du Sud

En Afrique du Sud, la jeunesse post-apartheid se désintéresse du vote... mais pas de la politique

7 min
À retrouver dans l'émission

Les "born-free", électeurs sud-africains de moins de 25 ans qui n'ont jamais connu l'apartheid devraient massivement s'astenir aux élections législatives. Generali renonce à assurer l'un des plus gros pollueurs d'Europe. Une mini-série anglo-américaine fait revivre la catastrophe de Tchernobyl.

Installation d'un bureau de vote enAfrique du Sud
Installation d'un bureau de vote enAfrique du Sud Crédits : GUILLEM SARTORIO - AFP

L'Afrique du Sud élit aujourd'hui un nouveau Parlement, vingt-cinq ans après la fin de l'apartheid.

25 ans, c'est une génération, et ces législatives sont donc celles qui voient l'avènement d'une nouvelle génération d'électeurs sud-africains : ceux qui ont moins de 25 ans et qui de toute leur vie n'ont pas connu l'apartheid. 

On les appelle les "born free", et la presse d'Afrique du Sud n'a eu d'yeux que pour eux, en cette fin de campagne. Le Cape Times leur a d'ailleurs consacrée une série de 94 portraits de ces jeunes, sur leur vision de la poltique, leurs aspirations et leurs attentes pour l'avenir. 

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Alors bien sûr lla grande majorité de ces jeunes choisis par le groupe de médias IOL a la ferme intention de se rendre aux urnes pour "y participer au changement" qu'ils veulent chacun à sa manière pour leur pays, mais ce volontarisme électoral semble loin d'être la norme dans leur génération. 

Nombreux sont plutôt ceux, nous dit Guga Resha, dans le Mail and Guardian du Zimbabwe voisin, qui s'abstiendront, qui bouderont leur devoir citoyen. On les dit "apathiques", désintéressés de la politique, mais c'est faux, corrige l'auteur de l'article, elle même étudiante et jeune universitaire. Ou en tous cas c'est à peine plus vrai, statistiquement, que pour le reste de la population sud-africaine : la différence, c'est que les plus de 25 ans ont connu une époque où des loi racistes les empêchaient de voter, ils ont conquis fièrement la démocratie-même, et  malgré la mutliplication des scandales de corruption, ils continuent à estimer que c'est un devoir autant qu'un droit, de participer aux élections. 

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Même chose avec l'attachement à l'ANC, l'ancien parti de Nelson Mandela, qui depuis 25 ans fait figure de quasi-parti unique en Afrique du Sud, qui reste favori selon les derniers sondages, même si son score, en baisse constante depuis une décennie au moins, devrait se rapprocher cette fois dangereusement de la barre des 50%. L'ANC, pas plus que les deux autres formations politiques en vue dans ce scrutin, n'est perçue par les "born-free" comme en phase avec leurs préoccupations. c'est ce que montre une étude d'opinion citée par le magazine Citizen. Les jeunes ne se sentent pas représentés, le système politique de leur pays a été structuré à une époque et selon des enjeux qui pour eux relèvent de la préhistoire, et comme ils sont frappés durement par le chomage, eh bien non, ils ne trouvent aucune motivation dans le vote et plus largement dans ces partis politiques qui ne s'intéressent à eux que quand il y a une élection à gagner. Mais "apathique", désintéressée de la politique, ça non : il suffit de voir le succès de la mobilisation contre la hausse des frais de scolarité, il y a trois ans, pour comprendre que la jeunesse d'Afrique du Sud est prête à se bouger, quand c'est elle qui prend les choses en mains. 

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Mais ne comptez pas sur elle pour voter par résignation, comme le confesse l'homme d'affaires Mavuso Msimang dans le Daily Maverick de Johannesbourg. Lui fait partie de l'ancienne génération des noirs qui se sont battus pour faire tomber l'apartheid; il nous explique qu'il votera pour l'ANC, malgré "les nombreux squelettes qui remplissent le placard" de ce parti, malgré la désillusion, parce que "quitte à voter pour un démon, autant voter pour celui que l'on connaît bien".

Et l'on se demande encore pourquoi la jeunesse d'Afrique du Sud ne se passionne pas pour cette élection ?!

Un peu plus encourageante, la décision annoncée hier par le patron du groupe d'assurances italien Generali.  

Generali qui selon Forbes fait partie des 50 plus grosses entreprises mondiales : un géant de l'assurance et de la finance européennes dont l'Assemblée Générale des actionnaires se tenait ce mardi à Trieste dans le nord de l'Italie. C'est donc là qu'a été annoncée cete décision de ne plus assurer l'un des plus gros pollueurs en Europe, j'ai nommé... la mine de charbon à ciel ouvert de Turow, dans l'ouest de la Pologne.  La mine, mais aussi la centrale à charbon qui se trouve à côté, précise d'ailleurs le site spécialisé World Coal, le Monde du Charbon

Il faut dire, avec le journal local Trieste Prima, que l'AG de Générali avait commencé par une manifestation de Greenpeace, rapidement délogée par les carabinieri, mais qui avait appelé l'assureur à tenir ses promesses de désengagement des énergies polluantes... à commencer par le charbon. 

En fait, Generali dès novembre dernier s'était engagée à ne plus assurer de nouveaux clients de la filière charbon, mais n'avait rien dit sur les contrats déjà existants. Cette fois l'assureur va plus loin, et renonce à un gros client pour être en phase avec l'image éco-responsable qu'elle veut se donner.  

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Forcément, les militants écologistes polonais s'en félicitent, ce matin, mais la satisfaction s'eprime aussi du côté de Greenpeace en République Tchèque : car le complexe mine centrale de Turow se trouve quasiment sur la frontière entre Pologne, Tchéquie et Allemagne. Un carrefour de l'Europe où, nous dit le média tchèque Ekolist, le projet d'expansion du site a de quoi inquiéter : les propriétaires polonais veulent en prolonger l'activité de 2020 à 2045 et d'étendre l'emprise de la mine.  

En plus des problèmes liés aux émissions de fumées, particules fines et gazs à effets de serre qui ne s'arrêtent pas à la frontière, du côté tchèque on craint que cette extension n'achève de vider les nappes phréatiques :  la ville tchèque, toute proche, de Liberec pourrait en être la principale vicctime, selon Ekolist.  

Alors bien sûr, reconnait World Coal, la décision de Generali de ne plus assurer Turow ne va pas à elle seule faire fermer la mine et la centrale, ce serait pourtant nécessaire d'ici 2030 pour se conformer aux engagements de la COP21. Mais quand le monde de la finance fait un vrai geste pour tenir ses engagements, ce serait dommage de ne pas le noter.   

Du charbon on passe à l'atome : il aura fallu plus de 30 ans pour que la télé s'empare de la catastophe de Tchernobyl.  

33 ans précisément après cette nuit du 26 avril 1986, où explosait le réacteur n°4 de la centrale soviétique, au nord de Kiev en Ukraine : voici donc venir sur les écrans mondiaux une mini-série coproduite par l'Américaine HBO et la britannique SkyTv.   

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Le premier épisode a été diffusé hier soir sur ces chaines, il l'est ce soir sur OCS Série en France, et la presse anglaise est partagée : le Telegraph est emballé par "ce drame magnifiquement réalisé, fascinant et tout à fait horrifiant" qui nous replonge dans le plus terrible accident nucléaire de notre histoire, ses drames humains et sa dimension politique. Pour The Guardian, c'est plus mitigé, trop de questions laissées en suspens, et un  spectateur qui en ressort confus, après avoir été plongé dans un univers forcément asphixiant et vertigineux. 

Mais Tchernobyl, c'est surtout une histoire soviétique, et ukrainienne. Alors, les médias à Kiev se demandent surtout pour le moment quand les téléspectateurs ukrainiens pourront voir cette histoire tirée d'un de leurs plus lourds traumatismes nationaux. Le site d'info Hromadske, à défaut d'avior vu le résultat, veille au grain de la manière dont la série a été documentée, réalisée : à priori la méthode semble avoir été sérieuse.

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On se fiera surtout à l'article de la rédaction ukrainophone de la BBC , dont les journalistes eux ont vu la série, et rassurent leurs lecteurs ukrainiens : leur histoire, leur mémoire collective semble avoir été bien traitée. Et ce n'était pas évident, tant il est difficile aujoud'hui encore en Ukraine de reparler de la catastrophe : en témoigne le manque de fictions produites dans le pays sur le sujet. 

Comme si les non-dits de 1986 et des années suivantes étaient toujours présents : ça tombe bien, nous explique enfin la BBC, la série parle surtout de ça, de la désinformation organisée par la bureaucratie soviétique contre son propre peuple. Comme un écho à "la guerre mondiale qui se joue aujourd'hui pour l'accès à la vérité". Ce n'est pas moi qui le dit c'est l'un des créateurs de la série.

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