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Réunion électorale du MSP (Mouvement de la société pour la Paix) à Alger le 08/06/21

Une bien terne fin de campagne des législatives en Algérie

5 min
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Le pouvoir algérien en place veut faire des législatives du 12 juin la conclusion d'une transition politique marquée par la chute de Bouteflika et le hirak. Mais les électeurs s'en désintéressent et les discours haineux comblent le vide. Suspense autour de la Copa America de football au Brésil.

Réunion électorale du MSP (Mouvement de la société pour la Paix) à Alger le 08/06/21
Réunion électorale du MSP (Mouvement de la société pour la Paix) à Alger le 08/06/21 Crédits : Ryad Kramdi - AFP

L’Algérie se prépare ce samedi à des élections législatives dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne déchaînent pas les passions.

Dans un pays où la volonté d’en finir avec le vieux régime Bouteflika et la soif de changement démocratique avaient soulevé un tel raz-de-marée populaire il y a encore deux ans, force est de constater avec El Watan, que l’électorat algérien semble aujourd’hui "complètement blasé" alors que vient de s’achever la campagne officielle de ces législatives. Ce seront les premières depuis que Bouteflika a été chassé du pouvoir, remplacé par Abdelmahjid Tebboune au cours d’une présidentielle qui, fin 2019, avait été boycottée par une grande partie du hirak, ce mouvement pro-démocratie et pro-changement qui n’en finit pas d’être réprimé depuis par le nouveau pouvoir.

Caricature de Dilem dans le quotidien algérien Liberté
Caricature de Dilem dans le quotidien algérien Liberté Crédits : Dilem

Selon Karim Kebir du quotidienLiberté, l’enjeu de ce scrutin de samedi c’est surtout, pour Tebboune et les siens, de se donner la légitimité électorale qui leur manque encore, de "parachever la normalisation institutionnelle" qui permettrait de dire que cette fois, avec un nouveau parlement élu, on peut refermer la page de la transition politique et avec elle, celle du hirak

Sauf que c’est loin d’être aussi simple, et ce qui frappe dans cette campagne qui se termine c’est "le manque d’engouement" constaté par les responsables des partis politiques, à nouveau dans El Watan. Ni les partis traditionnels proches du président ni ceux qui prônent l’élection comme moyen d’ancrer le hirak dans la durée n’ont su faire décoller une campagne qui, c’est vrai aussi, a été compliquée par les contraintes sanitaires liées au Covid-19. Et du coup, faute de grands meetings électoraux, la campagne s’est principalement déroulée sur les réseaux sociaux… et ce n’est pas forcément une bonne chose pour la qualité des débats, à lire ce qu’en écrit Liberté, qui alerte sur "ces ayatollah de la haine qui ont inondé la place publique et saturé l’espace médiatique", ces acteurs politiques en mal d’arguments qui multiplient impunément les provocations… en particulier, note cette fois le journal en ligne Tout sur l’Algérie, dans un registre raciste contre la communauté berbère de Kabylie. 

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"Les hyènes sont lâchées", insiste un autre article de Liberté selon qui cette dangereuse tendance, loin d’être inédite dans l’histoire algérienne et consitant à désigner la minorité kabyle comme responsable de tous les maux du pays n’est pas dénuée d’arrières-pensées politiques : on a vu ces deux dernières années les porteurs de drapeaux kabyles dans les manifestations du hirak se faire violemment interpeller et emprisonner ; en associant le mouvement d’affirmation kabyle aux troubles du hirak, on tente de diviser ce dernier, de l’affaiblir. 

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Voir ce genre de sombres procédés resurgir en fin de campagne électorale, selon Hamid Saïdani de Liberté, c’est le signe qu’il "y a quelque chose de pourri au royaume d’Algérie", et qu’il convient d’y remédier au plus vite. Sauf qu’au contraire, constate l’éditorialiste, les autorités algériennes font preuve d’une tolérance étonnante et coupable face aux voix de la haine qui monopolisent le débat et "mettent en péril la cohésion sociale". Comme si leur déchaînement dans les médias servait au final la cause des dirigeants en place. Tout parallèle avec la politique française serait, bien entendu, complètement fortuit…

Au Brésil la Cour suprême s’érige en arbitre du débat qui déchire le pays au sujet de l’organisation de la Copa America de football.

Le tournoi continental sud-américain aurait dû avoir lieu en Colombie et Argentine il y a un an, rappelle El Pais Brasil, mais il avait été reporté à cette année à cause du Covid-19 ; puis les troubles économiques en Argentine et politiques en Colombie ont poussé ces deux pays à y renoncer cette année encore… et à la surprise générale et au dernier moment la semaine dernière c’est le Brésil de Jair Bolsonaro, pourtant deuxième pays le plus touché au monde par la pandémie, qui s’est proposé pour organiser la compétition avec des matches à huis-clos. 

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Cette décision a soulevé un tollé dans le pays :  même l’équipe nationale brésilienne a dit ce mardi son refus de participer au tournoi, alors que le Covid-19 continue de faire des ravages et que l'on craint même une troisième vague de contaminations. La Folha de Sao Paulo précise que ce sont Marquinhos et Neymar, deux joueurs du Paris Saint Germain qui sont à la pointe de cette fronde aussi politique que sportive, aux côtés du sélectionneur national, Tite, qui est depuis quelques jours traîné dans la boue par l’entourage de Bolsonaro, dépeint comme un gauchiste, un communiste à la solde de l’ancien président Lula.

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En lisantl’Estadao, on apprend aussi que l’un des sponsors principaux de la compétition, Mastercard, vient de renoncer à voir son logo associé à cette Copa America qui semble vraiment mal venue au milieu de ce cauchemar épidémique que traverse le Brésil.

Finalement, conclut El Pais, ce sont bien les 11 juges de la Cour suprême saisis par un syndicat de la métallurgie et un parti de gauche qui vont devoir décider, à trois jours du coup d’envoi, si le tournoi doit avoir lieu ou non. Pour un Jair Bolsonaro qui, d'après Merval Pereira d'O Globo, pensait instrumentaliser l’engouement autour du football pour faire oublier sa gestion calamiteuse de la crise sanitaire, le pari de la Copa America pourrait bien se transformer en nouveau camouflet retentissant.

Chroniques

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L'Invité(e) des Matins

Violence contre les hommes politiques : entre haine et revendications. Avec Dominique Reynié, Matthieu Suc et Mélanie Gourarier
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