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Train en gar de Chennai, Inde, le 08/09/2020

En Inde, la première vague de Covid-19 ne faiblit toujours pas

5 min
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Depuis 5 mois l'Inde est confinée pour tenter de limiter l'épidémie de Covid-19 qui poursuit malgré tout son inquiétante progression ; malgré tout, le pays se déconfine progressivement. Faut-il boycotter le remake de Mulan par Disney, tourné dans le Wi-Jiang chinois ?

Train en gar de Chennai, Inde, le 08/09/2020
Train en gar de Chennai, Inde, le 08/09/2020 Crédits : Arun Sankar - AFP

De nombreux chiffres sur l'épidémie de Covid-19 nous arrivent d'Inde depuis quelques jours.  

Des chiffres "record", à croire le journal de New Delhi The Hindustan Times selon qui l'Inde, avec ses 1133 nouveaux morts du Coronavirus pour la seule journée de mardi et ses près 73 000 décès depuis le début de la pandémie, est bel et bien devenue "le pays au monde qui connaît la plus forte augmentation de la mortalité", avec une courbe à la hausse quand celles des Etats-Unis, du Brésil ou encore du Mexique sont orientées à la baisse depuis août. 

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En tout, détaillent encore les infographies de l'Hindustan Times, l'Inde comptabilise plus de 4 millions 200 cas de Covid-19 détectés, mais pour un pays aussi peuplé, il faut parler en valeur relative : l'Inde compte 1,3 milliard d'habitants donc en proportion de sa population totale, elle affiche 54 morts par million d'habitant quand la France par exemple en déplore 456 et le Pérou 932 (ça fait presqu'un mort pour mille habitant et là c'est vraiment uneffrayant record). 

Ces données statistiques ne nous disent rien de la manière dont l'Inde et les indiens vivent cette situation, concrètement, au quotidien, au-delà donc de l'écran de fumée des chiffres ; pour ça rien, de mieux que de se plonger dans la presse nationale. Dans les pages du journal en ligne The Print, on prend le métro pour la première fois depuis plus de 150 jours avec le journaliste et caricaturiste Soham Sen, pour saluer la réouverture lundi de la ligne jaune du métro de Delhi et  celle aujourd'hui des lignes bleu et rose. Et c'est peu dire que la ville a changé, dans les yeux du dessinateur : on y voit "plus d'uniformes que de simples citoyens", tant il y a d'agents pour rassurer des voyageurs qui eux ne sont pas vraiment revenus, trop inquiets encore des risques de contamination dans ces souterrains. 

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Ce calme, ce peu de monde, c'est tout l'inverse du visage que montrent les stations d'ordinaires les plus fréquentées du centre-ville. Dans les dessins de Soham Sen qui illustrent l'article du Print, on voit les spectres de cette foule de voyageurs qui n'est plus là... et ça nous fait penser que la capitale indienne n'est encore, comme son économie d'ailleurs, que le fantôme de ce qu'elle était il y a encore cinq mois.

Et pourtant, l'Inde aborde son 4ème stade de déconfinement ces prochaines semaines. La prochaine grande étape ce sera la réouverture des collèges et lycées le 21 septembre, annonce le New Indian Express. Malgré donc l'épidémie qui continue à s'étendre, le ministère de la Santé a dévoilé ce mercredi le protocole de réouverture, entre distanciation physique, masques obligatoires, sports et rassemblements interdits. Entre retour en classe et cours à distance, la reprise se fera sur la base du volontariat et sera donc très partielle, avec de profondes inégalités qui devraient se faire jour entre les grandes métropoles et les régions rurales.  

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Des campagnes indiennes où, c'est vrai confirme la BBC India, on ne vit pas du tout l'épidémie de la même manière qu'en ville. D'abord parce que s'y sont réfugiés beaucoup d'habitants pauvres des villes qui ont perdu leur travail avec la crise et sont retournés vivre dans leur famille ;  ensuite parce que la défiance vis-à-vis des politiques de santé publique y est bien plus forte. Dans certains villages de l'Etat du Pendjab, au nord de l'Inde, des soignants venus mener des campagnes de dépistage ont été "accueillis par des foules en colère, des injures et des caillassages", raconte Arvin Chhabra de la BBC

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Car il y a des rumeurs qui circulent, sur le réseau Whatsapp en particulier, pour faire croire aux villageois que le Covid n'existe pas, que l'on fait croire aux personnes testées qu'elles sont malades pour les emmener dans des centres secrets où on va les tuer pour voler leurs organes. Impossible de savoir qui fait circuler ces rumeurs, certaines reconnait le journaliste, sont alimentées par des erreur commises par les services sanitaires quand ils rendent les corps des victimes du Covid-19 à leurs familles. Mais ce qui est sûr c'est que ce rejet du test dans une partie de la popualtion retarde considérablement la maîtrise du virus par les autorités indiennes. 

C'est aujourd'hui mercredi et l'on parle cinéma à présent.   

On parle surtout d'un film dont la sortie est décidément compliquée : j'ai nommé Mulan, remake par les studios Disney de leur dessin animé de 1998. Mulan version filmée 2020 qui vient de sortir sur le portail de vidéo à la demande Disney , et que l'on pourra voir dans les salles françaises en décembre... si l'on ne cède pas aux appels au boycott qui se multiplient ces derniers jours. 

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Ca a commencé, nous rappelle The South China Morning Post, avec des critiques courant août concernant l'actrice principale du film, Liu Yifeï qui avait l'an dernier affiché sur les réseaux sociaux son soutien aux policiers accusés de réprimer violemment le mouvement pro-démocratie à Hong-Kong. Du coup, poursuit The New York Times, les activistes hong-kongais avaient répondu en mettant en avant, sur des parodies d'affiches du film, leur propre héroïne et leader du mouvement Agnes Chow.

Ces derniers jours,  à nouveau les contempteurs de Mulan 2020 font entendre un autre reproche contre le film: le vrai "scandale Mulan" selon Isaac Stone Fish à lire  dans le Washington Post, c'est le fait que Disney a réalisé une partie du tournage dans la région chinoise du Xin-Jiang, avec la bénédiction des autorités locales qui, on le sait, sont très vivement critiquées pour mener une campagne d'éradication culturelle et religieuse de la minorité ouïghoure.  

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Regarder Mulan ce serait donc être complice de la machine répressive chinoise, lit-on dans la presse américaine. Mais pour Disney, cette publicité négative en Occident n'est peut-être pas si grave  : si les studio Disney ont consacré plus de 200 millions de dollars à ce remake, c'est bien pour amadouer le pouvoir de Pékin et conquérir le très convoité public chinois.

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