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Jair Boslonaro à Brasilia le 10/11/20

Au Brésil, la pandémie révèle les pires aspects de Jair Bolsonaro

6 min
À retrouver dans l'émission

Le président brésilien Jair Bolsonaro se réjouit de l'arrêt des tests cliniques d'un vaccin chinois anti-Covid, arrêt qu'il a semble-t-il lui-même orchestré pour fragiliser un rival politique. Un troisième président en 4 ans prend ses fonctions au Pérou, révélant une très profonde crise politique.

Jair Boslonaro à Brasilia le 10/11/20
Jair Boslonaro à Brasilia le 10/11/20 Crédits : Evaristo Sa - AFP

Une revue de presse sud-américaine ce mercredi : elle nous emmène d'abord au Brésil.

Alors que le monde entier hier s’enthousiasmait, un peu à tort et à travers, des bons résultats affichés par le vaccin Pfizer contre le Covid-19, alors que les éditoriaux se multipliaient sur "la lumière au bout du tunnel", "2021 année du vaccin", etc (on rappellera quand même avec l’agence Reuters  quand même qu’un vaccin qui doit être conservé à -70° C exclut de facto une bonne moitié de l’humanité qui vit dans des régions reculées et mal équipées d’Asie et d’Afrique), alors donc que le mot vaccin cristallisait tous les espoirs ce mardi, eh bien au Brésil nous dit le portail d’information G1, le président Jair Bolsonaro se réjouissait, publiquement, de l’arrêt dans son pays des tests cliniques d’un vaccin de fabrication chinoise. 

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"C’est une victoire pour Bolsonaro", pérorait le chef de l’Etat à la troisième personne sur les réseaux sociaux…,  alors donc que les tests étaient interrompus en urgence, explique l’Estadao de Sao Paulo , après le décès soudain d’un des cobayes. L’agence de santé brésilienne, apparemment sous influence de la présidence, a très vite accusé, sans preuve, le vaccin chinois d’avoir causé la mort du volontaire. Or, dans un rapport de police cité hier soir par la chaîne TV Globo, il apparaît que l’homme en question s’est suicidé, sans aucun lien à priori avec le fameux vaccin qu’il testait. 

Ce qui s’est passé, en fait, selon ce qu’en ont vite compris les médias brésiliens, c’est que Jair Bolsonaro a fait de cette histoire de vaccin une affaire politique, "au mépris des vies humaines en jeu" selon l’expression retenue par O Globo : les tests menés au Brésil sur ce vaccin chinois l’ont été, jusqu’à tout récemment donc, dans la région de Sao Paulo, le grand fief de la gauche brésilienne et en particulier du gouverneur Joao Doria, lequel par ses positions très proactives dans la lutte contre la pandémie est devenu depuis le printemps dernier un des ennemis politiques les plus virulents du président. Jair Bolsonaro l’a dit, quand il s’est félicité de l’arrêt des tests cliniques : c’est un échec cuisant pour le gouverneur Doria, et donc un succès éclatant pour lui, en mode cour d’école "je vous l’avais bien dit que c’était dangereux".

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Sauf que, on le redit, la mort du cobaye n’avait apparemment rien à voir avec le vaccin ; et l’arrêt des tests, avec tout ce qu’il va entraîner comme conséquences, comme retard pour la mise sur le marché du vaccin in fine, tout ça ce sont les conséquences d’une rivalité politique bien mal placée. "Bolsonaro se moque des vies qui pourraient être sauvées par ce vaccin", conclut froidement l’éditorialiste Francisco Leali dans les colonnes d’O Globo

Au-delà de cette histoire de vaccin, c’est toute la gestion de la pandémie par le président brésilien qui est à nouveau pointée du doigt. Une gestion résumée aujourd’hui encore par cette phrase qui choque les journaux au Brésil : Jair Bolsonaro déclare (je cite et je m’ne excuse par avance) qu’il faut "arrêter d’être un pays de 'maricas' (de pédés, il n’y pas de meilleure traduction) face au coronavirus, il faut bomber le torse, faire face sans toujours nos plaindre. De toute façon, nous allons tous mourir un jour"... argument imparable, vous en conviendrez, du grand sage de Brasilia. 

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Voilà donc comment on ajoute l’homophobie à l’indécence, fulmine le quotidien O Povo, en rappelant à toutes fins utiles que le Covid-19 a déjà fait plus de 162 000 morts au Brésil. L’irresponsabilité du pouvoir est telle, d’après le Correio Braziliense, que plusieurs organisations d’avocats et  de soignants ont décidé de déposer plainte contre Jair Bolsonaro devant la Cour Pénale Internationale, pour une non-assistance à population en danger qui confine, selon elles, au "crime contre l’humanité".

L’actualité sud-américaine nous emmène également au Pérou.

"Le Pérou, pays en décomposition", prévient d’emblée El Pais, non pas pour parler des ravages que le Covid a fait et continue à faire là-bas aussi mais pour nos dire la gravité de cette crise politique qui frappe le Pérou ces derniers jours. 

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Lundi, le président en poste depuis 2018, Martin Vizcarra, a été forcé de quitter ses fonctions, tel un paria, par une procédure d’impeachment approuvée par le Parlement : il est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin d’une entreprise qui bénéficie de gros contrats publics.

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Martin Vizcarra, nous rappelle Raul Tola d’El Pais, était arrivé au pouvoir un peu par hasard il y a deux ans quand le président élu Pedro Pablo Kuczinsky avait lui-même dû démissionner, déjà sur des accusations de corruption. En fait, selon le quotidien madrilène, si le Pérou est "en état de décomposition politique", c’est justement à cause de ces affaires de corruption que les différents partis ne cessent de se jeter au visage, à tort ou à raison, créant un climat de terreur paralysante dans l’élite politique et rejet absolu dans la population. Et derrière tout cela, reprend Raul Tola, il y un clan politique : celui de l’ancien président Alberto Fujimori au pouvoir pendant toutes les années 90 ; les partis qui lui sont fidèles sont toujours majoritaires au Parlement et ce sont eux qui avaient juré avoir la peau de Martin Vizcarra, à partir du moment où ce dernier a tenté de faire passer des réformes constitutionnelles pour assainir le jeu politique péruvien… 

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"L’histoire m’absoudra", dit aujourd’hui le président évincé remplacé ce mardi par un centriste, Manuel Mérino de Lama : il n'est autre que le président du Parlement et à ce titre artisan de la procédure d’impeachment. Manuel Mérino se retrouve donc accusé par La Republica de Lima d’avoir mené un véritable "coup d’Etat"… et cette accusation est aussi sur les lèvres et les banderoles de ces milliers de Péruviens,  jeunes pour la plupart, qui manifestent depuis deux jours à Lima pour dénoncer ce jeu délétère auquel se livrent les élites du pays. 

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"Des dizaines de manifestants ont été arrêtés" mardi, chargés par la police à coup de matraques et de canons à eau ; "des journalistes ont même été blessés par des policiers dans les cortèges", d’après les informations, inquiétantes elles aussi, livrés par le quotidien El Comercio.

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