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John Bolton avec Donald Trump en mai 2019

Exit John Bolton, Donald Trump seul face à ses dangereux instincts diplomatiques

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Si la presse internationale semble saluer le départ de John Bolton de la Maison blanche, de nombreux éditorialistes craignent que la politique étrangère des Etats-unis n'en soit que plus chaotique encore. Au Brésil, un fils Bolsonaro critiqué pour avoir dit tout le mal qu'il pense de la démocratie.

John Bolton avec Donald Trump en mai 2019
John Bolton avec Donald Trump en mai 2019 Crédits : Brendan Smialowski - AFP

"La chute du faucon noir"... ça pourrait être le titre de notre revue de presse ce matin. 

Référence à un film (de guerre, forcément) de l'américain Ridley Scott en 2002 ; le faucon noir dont on commente tant la chute depuis hier, ce serait John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, ou plutôt son ex-conseiller, puisque le président des Etats-Unis a annoncé hier de manière lapidaire qu'il venait de lui signifier son limogeage. 

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Faucon, vous l'aurez compris, c'est le qualificatif qui collait à la peau de cet homme de l'ombre des politiques internationales américaines depuis des décennies, et qui, à lire The Middle East Eye, a toujours préféré la guerre, les bombardements, à toute tentative de dialogue diplomatique que ce soit en Iran, Irak, Afghanistan, Vénézuéla, Corée du Nord, etc. 

L'homme a tellement étendu à la planète entière son obsession de la confrontation militaire avec ceux qu'il considérait comme les "bad guys" que son limogeage fait réagir bien au-delà des frontières états-uniennes : Bolton s'en va, qu'il soit poussé dehors car considéré comme déloyal par Donald Trump ou qu'il ait décidé lui-même de partir vu ses désaccords constants avec le président, l'important, selon l'allemand Die Zeit, c'est de saluer "la bonne nouvelle de son départ. Bonne nouvelle pour la diplomatie mondiale dont il était l'un des principaux pourfendeurs. Sa mise à l'écart des affaires du monde était plus que nécessaire", écrit l'hebdomadaire de Hambourg, tant John Bolton a été l'artisan du chaos, au Moyen-Orient en particulier depuis l'époque où il conseillait George W Bush. 

"Bon débarras", confirme The Guardian depuis Londres : "personne ne regrettera John Bolton, mais il n'y a pas de quoi se réjouir pour autant" nous dit l'édito du jour. "Peu importe qui lui succèdera à la Maison Blanche, le problème ce n'était pas le faucon Bolton, mais bien le dysfonctionnement global de l'administration Trump", laquelle au passage doit se trouver un quatrième conseiller à la sécurité nationale en moins de trois ans.

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"Le problème, nous dit donc The Guardian, c'est le Boss", Trump en personne ; et toujours dans la presse britannique, The Independent confirme, sous la plume de Jay Caruso : "Quoi que vous pensiez de John Bolton, son départ est un signal inquiétant", en ce que Donald Trump va se retrouver avec autour de lui seulement des "Yes men", des conseillers qui ne seront plus là pour le conseiller mais pour dire "amen" à tous ses délires diplomatiques.  

Et voilà donc pourquoi Max Boot, dans The Washington Post, écrit que "le pire est peut-être à venir" tant John Bolton, quoi qu'on en dise, avait tout de même, par exemple, réussi à freiner les élans amoureux de Trump envers Kim Jong Un, évitant à l'Amérique de se ridiculiser dans le piège tendu par le dictateur nord-coréen.  

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A présent que Bolton est hors-jeu, confirme The New York Times, "Donald Trump va être son propre conseiller en matière de sécurité nationale, avec le risque que ses décisions en matière d'affaires mondiales soient dictées par l'impératif de sa propre réélection l'an prochain", plutôt que par la bonne marche du monde.

Au Brésil, un Bolsonaro peut en cacher un autre : c'est Carlos Bolsonaro, le fils du président qui fait parler de lui ces derniers jours.

Carlos a 36 ans, il est le deuxième des trois fils de Jair Bolsonaro mais aussi son plus fidèle conseiller en matière de communication sur les réseaux sosciaux où l'on le surnomme "le pitbull" ; il siège aussi au conseiller municipal de Rio de Janeiro depuis les dernières élections.  

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Mais s'il défraye la chronique brésilienne depuis lundi, c'est pour un tweet dans lequel il déplore la lenteur de la démocratie, qui empêche le camp présidentiel de mener les réformes qu'il souhaite à la vitesse qu'il souhaite. "Tout ce que je vois, écrit Carlos Bolsonaro, c'est une roue qui tourne à vide sur son propre axe, et qui fait que ceux qui nous dominaient par le passé continuent à nous dominer". 

Voilà donc pour la conception de la démocratie du fils du président, immédiatemment questionné et critiqué par une bonne partie de la presse brésilienne. Ces propos sur la démocratie sont d'autant plus inquiétants, à lire la Folha de Sao Paulo, que les Bolsonaro ont déjà à plusieurs reprises glorifiée la dictature militaire qui a dirigé le Brésil de 1964 à 1985. Et l'opposition de crier toujours dans la Folha, à quel point ce message sur Twitter "met en évidence cette veine dictatoriale qui irrigue toute la famille au pouvoir". 

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Plus surprenant, remarque la chaîne Globo 1, même des membres du gouvernement et de la majorité se sont désolidarisé de ces propos... d'autant plus gênants qu''ils sont lâchés au moment où le président ne peut y répondre : il est hospitalisé quelques jours pour une opération des suites de l'agression au couteau dont il avait été victime il y a un an.  

Alors bien sûr Carlos Bolsonaro s'est défendu contre ces critiques. : il a expliqué qu'il est très attaché à la démocratie, mais que "c'est un fait, la démocratie, le débat, ça prend du temps". Et pour prouver à quel point il aime le débat, il s'est empressé de dire tout le bien des journalistes qui ont relayé les critiques sur ses propos, les traitant de "scélérats", de "canailles"... ce qui est quand même rassurant en matière de valeurs démocratiques. 

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Un peu plus fin, peut-être, on citera tout de même un autre fils du président, le cadet Eduardo Bolsonaro, qui fait aussi parler de lui parce qu'il vient de se voir nommé ambassadeur du Brésil à Washington (ce qui bien entendu ne saurait avoir quoi que ce soit à voir avec du népotisme, nous dit O Globo qui cite en fait la décision du Sénat brésilien de ne pas renvoyer l'affaire devant la Cour Suprême). 

Eduardo Bolsonaro, donc, cité à nouveau par la Folha de Sao Paulo, volait hier au secours de son grand frère : sans doute mieux conseillé que ce dernier, il cite Winston Churchill et sa célèbre phrase "La démocratie est le pire des systèmes de gouvernement, à l'exclusion de tous les autres". Une citationqui grimpe décidément un peu plus haut encore au panthéon des phrases politiques les plus pratiques pour briller en société, d'autant plus pratique, comme le prouvent les Bolsonaro, qu'on peut lui faire dire tout et son contraire. 

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