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Manifestation contre la loi d'extradition à Hong-Kong

Les Hong-kongais mobilisés obtiennent le report d'une loi pro-Pékin

6 min
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Poussé par la pression populaire, le Parlement de Hong Kong reporte sine die l'examen d'un projet de loi très controversée permetyant d'extrader des Hong-kongais vers la Chine continentale. En Russie, la société civile n'en revient pas d'avoir fait plier le pouvoir et innocenter Ivan Golounov.

Manifestation contre la loi d'extradition à Hong-Kong
Manifestation contre la loi d'extradition à Hong-Kong Crédits : JEROME FAVRE - Maxppp

Société civile 2, pouvoir politique 0 : il y a des matins où l'actualité internationale peut se lire comme un résultat sportif.  

Un sport de combat qui se disputerait sur plusieurs terrains à la fois : en Russie, on va y revenir, mais avant tout ce matin à Hong-Kong, où la rue marque un point dans sa mobilisation contre le projet de loi dite d'extradition. 

Ce texte, voulu par Pékin pour faire entrer la Justice chinoise dans le système jusque-là autonome de Hong Kong, a déja poussé un million de personnes à manifester, dimanche dans la métropole du sud, et c'était du jamais-vu depuis sa rétrocession par les Anglais il y a 22 ans.

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Ce mercredi matin, le projet de loi devait être examiné en deuxième lecture par le Parlement local. Mais il ne l'a pas été : The Guardian publie une photo de l'hémicycle vide qui contraste avec celles de l'impressionnante foule massée tout autour du batiment. C'était là toute la stratégie des manifestants : après avoir campé la nuit dernière dans le parc voisin, nous raconte le South China Morning Post, à l'aube ils ont envahi et bloqué les principales artères qui mènent au Parlement, empêchant physiquement les députés de se rendre à l'examen du projet de loi. 

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Ca a marché : l'examen a été reporté. Pas annulé, mais bien (à l'heure où nous diffusions, NDLR) remis à plus tard. C'est tout de même une première victoire pour ceux qui ont fait de la loi sur l'extradition un marqueur de l'indépendance jalousement protégée de Hong Kong face au régime liberticide de Pékin, et qui jusque-là butaient sur l'intransigeance de l'exécutif local. 

Mais pour le moment les manifestants ne semblent pas vouloir se contenter de ce report : le South China Morning Post, qui couvre les évènements en direct, note qu'ils ne donnent aucun signe de dispersion malgré les appels en ce sens des policiers anti-émeutes. "Le face-à-face s'installe, on monte des murs de pavés déchaussés des trottoirs, on érige des barricades avec des barrières mmetalliques...

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La foule n'est plus la même que dimanche, quand un septième de la population de Hong-Kong manifestait? Cette fois, tels que les décrit The Guardian, les protestataires sont plus jeunes, masqués pour la plupart, organisés, pacifiques, mais déterminés... "Nous ne voulons pas de la violence, dit l'un d'eux qui vient de se faire asperger de gaz  au poivre et se fait soigner par des étudiants en médecine grévistes, mais face à un gouvernement qui reste sourd et ferme, nous ne savons pas comment les choses vont tourner".  

La correpondante sur place du quotidien britannique, Verna Yu, raconte que dans la foule, la nouvelle du report au Parlement a mis du temps à se propager, tant les réseaux téléphoniques étaient saturés ; mais quand la nouvelle a enfin circulé, les cris de joie et de victoire ont vite cédé le mégaphone à un mot d'ordre toujours aussi clair :  

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Ils exigent le "retrait" pur et simple du projet de loi, et ne lèveront pas leurs barricades sur la foi d'un simple report. 

"Pour Hong Kong, c'est une question existentielle", écrit enfin The Guardian dans son édito du jour consacré à ce combat pour la liberté qui selon le journal mérite notre soutien. Typiquement le genre de prise de position qui faisait dire hier aux autorités chinoises, par la voix de leur organe de presse officielle le Global Times, que la mobilisation à Hong-Kong est "pilotée depuis l'étranger et gangréné par l'opposition pro-occidentale".  

En Russie, c'est la mobilisation des médias et des défenseurs des droits humains qui a forcé le pouvoir russe à se dédire et à reconnaître ses torts, cinq jours après l'inculpation du journaliste Ivan Golounov.  

Golounov, dont je vous parlais lundi, a vu hier toutes les poursuites intentées contre lui levées, annulées. 

Kommersant revient ce matin sur cette image tellement iréelle, du Ministre de l'Intérieur en personne, venu expliquer que le plus célèbre des journalistes d'investigation en Russie, n'était pas finalement impliqué dans un trafic de drogues.  

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"Après toutes les vérifications effectuées, les expertises menées", dit donc le ministre Kolokoltsov, il n'y avait aucune preuve contre Golunov, qui est totalement blanchi et libéré de sonc contrôle judiciaire. La volte-face est donc totale, le désaveu complet, par rapport à ce qui avait été affirmé par les enquêteurs ces six derniers jours.

Le ministre ne dit d'ailleurs rien, insiste Kommersant, sur la provenance véritable de ces sachets de drogues, qui avaient soit-disant été retrouvés dans le sac et dans l'appartemment de Golounov ; il ne revient pas non plus sur les photos de la perquisition à son domicile, publiées dans la presse aux ordres, et dont la moitié (les proches du journalistes l'avaient démontré) n'avaient tout bonnement pas pu être  prises dans son appartemment.  

Mais pas besoin d'en dire plus : les médias russes, mêmes certains des plus loyaux envers le pouvoir, avaient compris depuis longtemps que tout cela n'étaient que de grossières manipulations pour faire tomber Golounov. Des procédés tristement classique, chez les policiers russes ajoute Kirill Martynov, dans son commentaire pour Noyava Gazeta : l'inattendu, l'improbable, c'est que les autorités en arrivent à se dédire, à relâcher celui qu'elles avaient accusé, à le laisser libre, face aux caméras, de savourer et de commenter sa victoire avec tous ceux qui l'ont soutenu. 

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La radio Echo de Moscou, à ce sujet, s'amuse du fait que "Golounov (désormais libre) n'a pas l'intention de se rendre à la manifestation qui était prévue pour exiger sa libération aujourd'hui dans la capitale",rassemblement qui (autre fait exceptionnel qui avait mis la puce à l'oreille de ses soutiens)avait été autorisée par les autorités. 

"Comment tout cela est-il possible ?", s'interroge encore Kirill Martynov de Novaya Gazeta  qui semble avoir du mal à y croire. Plus improbable encore, le fait que les deux généraux de la police moscovite impliqués dans l'affaire Golounov aient été suspendus de leur fonction sur ordre de leur ministre. "Leur sort sera tranché dans les prochains jours par Vladimir Poutine en personne" relaie, très appliquée, la Gazeta, comme pour montrer que la clémence du pouvoir, le ménage fait dans les mauvaises pratiques policières, vient forcément du Kremlin. 

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Mais tout de même : un journaliste innoncenté, libéré, et des généraux de police lâchés par leur hiérarchie... Décidémment, c'est la Russie à l'envers, confirme le site d'actualités Vzgliad, quand sur Republic.ru, Oleg Kashin salue un véritable "Miracle sur la Moskva" : l'opposant-journaliste dit aussi que "rien ne sera plus comme avant. L'affaire Ivan Golounov a fait trembler le coeur de Poutine : c'est ça, selon Kashin, l'information principale à retenir".

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