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Manifestants arrêtés par la police à Hong Kong le 10 mai 2020

La contestation reprend à Hong-Kong, la répression policière aussi

6 min
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Les manifestations pro-démocratie ont fait leur retour ce dimanche à Hong-Kong et ont donné lieu à des violences policières d'une intensité plus forte encor qu'avant la crise du coronavirus. Aux Etats-Unis, les tribus Sioux organisent des barrages routiers illégaux pour se protéger de l'épidémie.

Manifestants arrêtés par la police à Hong Kong le 10 mai 2020
Manifestants arrêtés par la police à Hong Kong le 10 mai 2020 Crédits : Isaac Lawrence - AFP

A Hong-Kong le mouvement pro-démocratie est de retour ... et la répression policière également.

A tous ceux qui se demandaient si cette vague de contestation pour sauvegarder les libertés politiques et contre le joug de Pékin à Hong-Kong, cette révolte qui durait depuis une année entière et avait fait descendre des millions de personnes dans les rues de la ville, si tout cela donc allait survivre à la crise sanitaire du coronavirus et à des semaines de mesures strictes de distanciation sociale... eh bien la réponse a été donné ce dimanche.  

En ce jour de Fête des Mères là-bas, comme le décrit The South China Morning Post, les bars et magasins rouvraient, il y avait du monde dans les allées des galeries commerçantes qui constituent le centre-ville, mais il y avait aussi des manifestants par centaines. Des rassemblements comme on en avait plus vu depuis des mois, pacifiques, jeunes, pour dire "nous sommes toujours  là"

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Et dans ces centre commerciaux clinquants et si fiers de rouvrir leurs portes, il y avait aussi des policiers. En très grand nombre. Au moins 4000 agents anti-émeutes, selon le Morning Post, sont mobilisés de manière constante en prévision du premier anniversaire du mouvement le mois prochain, avec une stratégie de maintien de l'ordre qui a clairement évolué : finie la simple intervention pour disperser les rassemblements au moment où ils se forment ; désormais les policiers hong-kongais appliquent la stratégie de la nasse et des arrestations massives, (peut-être inspirés par le modèle français en la matière), avec pour objectif clairement assumé de "frapper les esprits et dissuader les manifestants".

Ce qui a frappé la presse locale dimanche, c'est donc le nombre impressionnant d'arrestations (au moins 230) et leur violence, avec des manifestants molestés, aspergés de gaz au poivre à bout portant, etc. Le journal en ligne militant Hong-Kong Free Press relaie aussi l'indignation des organisations de journalistes de Hong Kong qui dénoncent des actes de violence et d'intimidation perpêtrés par la police comme jamais jusque-là contre les représentants de la presse venus couvrir les manifestations. 

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Sans distinction, des passants, des femmes avec enfants, des élus au Parlement de la ville ont été molestés  par les forces de l'ordre : "un jour terrible pour Hong-Kong", résume Benedict Rogers pour la Hong Kong Free Press qui rappelle que l'avant-veille, des députés pro-Pékin avaient tenté de s'emparer du perchoir par la force en s'en prenant là encore très violemment aux membres de de l'opposition pro-démocratie.

On le voit, les tensions politiques sont "déconfinées" à Hong Kong, et le pouvoir nommé par Pékin est accusé par Bloomberg (repris ici par The Japan Times) de détourner les lois anti-Covid19 pour tenter de museler le mouvement de protestation : et de constater que les règles de distanciation sociale et l'interdiction des rassemblements de plus de huit personnes sont très souples quand il s'agit de laisser le bon peuple s'entasser dans des centres commerciaux ou des bars, mais très strictes dès qu'il s'agit de tuer dans l'oeuf toute vélléité de contestation collective. 

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Ce qui a changé entre l'avant et l'après-Covid19, selon la spécialiste de la Chine Maya Wang citée par The Guardian, c'est que Pékin et ses services policiers ont pris le temps de préparer mieux leurs collègues de Hong Kong à leurs méthodes radicales en matière de répression des manifestations. Ils ont donc fait évoluer la doctrine de maintien de l'ordre en la musclant considérablement et, en violation de tous les cadres juridiques, ils ont estimé que la police chinoise du continent pouvait désormais intervenir en renfort discret de celle de l'île.  

Il faut dire, toujours avec Helen Davidson du Guardian, que plus on se rapproche des élections au Parlement de Hong Kong en septembre et plus le pouvoir régional dirigé par Carrie Lam va vouloir affaiblir l'opposition pro-démocratie qui pourrait bien rafler la majorité à la faveur justement du mouvement de protestation démarré il y a un an.

Le mensuel américain The Atlantic, enfin, note la profonde injustice de la situation hong-kongaise, avec cette révolte menée par la population et en particulier par ses jeunes qui s'écrase contre le mur des mesures anti-Covid, alors que c'est elle, par sa dynamique populaire bien en place depuis des mois, qui a pris en charge de manière déterminée et efficace la lutte contre l'épidémie. 

Si Hong Kong a réussi à contenir le coronavirus, affirme Zeynep Tufekci, ce n'est vraiment pas grâce à ses dirigeants incapable de gérer la crise car englués dans la la propagande chinoise, mais c'est bien grâce aux citoyens et à leur capacité d'organisation spontanée (notamment en généralisant le port du masque alors que les autorités maintenaient l'interdiction prise l'été dernier pour empêcher les manifestants de dissimuler leur visage). 

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Quand l'Etat ne fait pas ce qu'il faut pour protéger sa population, celle-ci doit savoir se prendre en charge elle-même, c'est la leçon que nous donne les Hong-Kongais selon cet article de The Atlantic... une leçon qui résonne tout particulièrement dans l'Amérique actuelle.

Aux Etats-Unis justement, l'épidémie de Covid-19 frappe tout particulièrement les communautés autochtones, et pousse les Sioux à organiser leur propre protection.

Dans l'Etat du Dakota du Sud, titre CNN sur son site internet, "les Sioux refusent de lever les barrages routiers qu'ils ont installés" depuis quelques jours aux entrées de leur territoire. Des checkpoints y ont été improvisés pour contrôler tous les occupants de véhicules avant de les laisser passer en prenant leur température et en les faisant répondre à un questionnaire médical rapide. 

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C'est, disent les chefs tribaux, le meilleur moyen qu'ils ont trouvé pour faire barrage au coronavirus: avec leur relatif isolement, leurs réserves ont pour le moment plutôt été épargnées par la maladie, mais ils savent que s'ils ne s'organisent pas eux-mêmes, leurs très faibles moyens médicaux ne leur permettront pas de lutter efficacement. 

Sauf que cette initiative est illégale, et la gouverneure  du Sud-Dakota Kristi Noem a intimé aux Sioux l'ordre de lever leurs barrages... sans résultat. Elle porte désormais l'affaire devant la justice, nous apprend le site d'info The Hill, cette même gouverneure qui se veut intransigeante face aux autochtones alors qu'elle fait partie de ces gouverneurs républicains qui n'ont soutenu que du bout des lèvres les mots d'ordre de confinement de la population.

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Mais cette histoire fait surtout ressurgir les inégalités dont souffrent les descendants des Premières nations américaines, lesquelles se souviennent  bien que ce ne sont pas les batailles contre les colons blancs qui les ont le plus décimé il y a un siècle et demi mais bien les maladies importées par ces derniers. 

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"Le coronavirus a précipité chez les nations tribales une crise sociale d'une ampleur sans précédent", lit-on dans le New York Times : la fermeture de centaines de casinos au coeur des réserves a fait perdre une souce essentielle de revenus et d'emplois. "C'est comparable, selon un spécialiste de l'histoire des Premières nations, aux conséquences qu'avait eu sur eux l'extermination des bisons à la fin du XIXe siècle".   

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