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Donald Trump quittant la Maison-Blanche le 13/10/20

Trump démissionnaire et "auto-pardonné" : l'improbable scénario

6 min
À retrouver dans l'émission

Une rumeur agite Washington : des républicains conseilleraient à Donald Trump de démissionner, en cas de défaite à la présidentielle, pour se faire accorder le pardon présidentiel et éviter des procès en série. En Allemagne, plaidoyer pour une jeunesse érigée en bouc-émissaire du Covid-19.

Donald Trump quittant la Maison-Blanche le 13/10/20
Donald Trump quittant la Maison-Blanche le 13/10/20 Crédits : Alex Wong/Getty - AFP

L’élection présidentielle américaine, c’est dans moins de trois semaines, et ce qui pourrait se passer ensuite fait l’objet de toutes les spéculations.

On l’a déjà dit ici : il n’est vraiment pas sûr que l’on connaisse le nom du vainqueur dès le 4 novembre au matin, avec les complications liées au vote à distance. Et Donald Trump, pour le moment, a toujours refusé de s’engager à reconnaître pacifiquement sa défaite le cas échéant ; la menace d’un terrorisme intérieur lié au milices d’extrême-droite suprémacistes, acquises au président, est plus que jamais la menace sécuritaire n°1 aux Etats-Unis selon le FBI. Autant dire qu’on a connu plus serein comme climat pour aborder une élection aussi cruciale.

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Dans ce contexte, il y a un scénario qui agite le milieu des commentateurs politiques à Washington, d’après la correspondante du Temps suisse Valérie de Graffenried : ce scénario, ou plutôt cette rumeur de plus en plus insistante, veut que Donald Trump envisage de démissionner, avant la fin de son mandat, s’il perd la présidentielle début novembre avec un écart incontestable. Démissionner, donc, entre le 3 novembre et l’investiture de Joe Biden courant janvier, cela permettrait à Mike Pence l’actuel vice-président d’assurer l’intérim à la Maison-Blanche et d’utiliser ses pouvoirs pour gracier Donald Trump, lui accorder le pardon présidentiel qui le laverait de tous les crimes fédéraux qui pourraient lui être reprochés.

Alors, ça peut sembler tiré par les cheveux, comme plan, mais comme nous le rappelle Valérie de Graffenried, ça s’est déjà vu dans l’histoire des Etats-Unis, avec Richard Nixon qui avait évité un procès dans le scandale du Watergate en 1974 en obtenant, après sa démission, le pardon de son successeur et ancien vice-président Gérald Ford.

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Voilà donc pour la rumeur du moment à Washington ; reste à savoir d‘où elle vient, quels intérêts elle sert… et si elle est crédible ? D’où elle vient, sans surprise, du camp démocrate, notamment d’un certain Jon Cooper, proche de Joe Biden, qui a été le premier à lancer cette idée. Dans un message posté la semaine dernière sur Twitter, il affirmait s’appuyer sur une source de l’intérieur du parti républicain, lequel selon Cooper donc aurait dès la semaine dernière commencé à conseiller cette option de la démission et du pardon à Donald Trump pour lui offrir une porte de sortie honorable en cas de défaite, éviter qu’il ne décide s’accrocher au pouvoir coûte que coûte. 

Car selon ce qui ressort de la presse américaine ces derniers jours, le président commencerait à sentir que le vent a tourné, que les sondages le donnent perdant et assez largement, qu’il est désormais très seul à la Maison Blanche, en roue libre. La principale hantise de Trump serait de se retrouver, en janvier, sans immunité politique, face à ses créanciers et à toute une série de poursuites judiciaires déjà engagées contre lui ou à venir.

La piste du pardon présidentiel, voire de l’auto-pardon sans démissionner, est donc sérieusement agitée par des spécialistes du droit américain, côté démocrate, mais pas seulement. La chroniqueuse Sarah Carter de FoxNews relayait récemment une interview donnée sur MSNBC par Andrew Weissman, ancien procureur dans l’équipe du juge Robert Mueller qui avait enquêté sur les connivences présumées de Trump avec la Russie. Le magistrat Weissman évoque lui-même la possibilité pour le président de s’auto-pardonner. 

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Sur le site du réseau des radios publiques NPR, on apprend ce matin que cette hypothèse a même fait l’objet d’une question posée à la juge Amy Conney Barret, qui est audtionnée en ce moment au Sénat pour être nommée à la Cour Suprême. Amy Conney Barret reconnaît que la question d’un auto-pardon présidentiel mériterait d’être tranchée par la Cour… et ça fait une bonne raison de plus pour laquelle Donald Trump semble si pressé de nommer une juge conservatrice de plus à la juridiction suprême avant l’investiture du prochain président. 

On pourrait aussi citer cette colonne signée Sean O’Grady, dans The Independent à Londres, qui plaide de manière plus sarcastique pour que l’on accorde un pardon complet à Donald Trump, juste pour s’assurer qu’il débarrassera bien le plancher l’an prochain et que l’on n’entendra plus parler de lui, "pour le bien de l’Amérique et du monde entier" écrit O’Grady…

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Mais attention à ne pas prêter trop de crédit, tout de même, à ce scénario. Des juristes en atténuent largement la portée, de l’aveu même du Temps qui apporte cette précision importante : un pardon présidentiel épargnerait à Donald Trump toutes poursuites pour de crimes fédéraux… mais n’éteindrait en aucun cas les enquêtes lancées contre lui par des tribunaux locaux, comme à New York sur le dossier très sensible des impôts et des revenus du milliardaire Trump.

Dans la presse allemande, plaidoyers pour une jeunesse érigée en bouc-émissaire de la crise sanitaire.

Alors que l’Europe entière multiplie les mesures de restriction des sorties, des voyages, fermeture des discothèques et des bars, interdiction de vente d’alcool, interdiction même des rassemblements chez soi… comme partout, constate le Heilbronner Stimme, "c’est la jeunesse allemande qui a le plus à perdre" dans ces couvre-feux qui ressemblent bien à des éteignoirs de vie sociale, des mesures anti-fête et anti-fun. 

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La jeunesse allemande, coupable donc apparemment d’avoir continué à profiter des beaux jours de la fin de l’été, des retrouvailles de la rentrée aux terrasses des cafés ou en soirée, aurait renforcé la deuxième vague de Covid et obligerait aujourd’hui tout le monde à subir les étapes successives vers un nouveau confinement qui ne dirait pas son nom ? 

Dans le TagesSpiegel, Max Tholl met en garde contre cette vision de la situation bien trop culpabilisante, stigmatisante pour nos seuls jeunes. Le journaliste met surtout en garde contre le risque bien réel de dresser les plus vieux contre les plus jeunes, un "conflit générationnel" qui serait en germe dans les "procès en hédonisme irresponsable" en vogue en ce moment. 

Il est encore temps, écrit Max Tholl, de montrer de la compréhension envers cette jeunesse pour qui la question de la liberté individuelle de vivre, de sortir, de se rencontrer est si importante en matière de développement personnel. Une jeunesse dont nous louions, il y a encore quelques mois , le sens de l’engagement et de la responsabilité collective en matière de lutte contre le réchauffement climatique. 

L’article du TagesSpiegel fait d’ailleurs le lien entre ces deux sujets, COVID et climat, en nous rappelant que "si les jeunes se mobilisaient encore récemment pour la planète, c’est parce que les générations précédentes n’avaient pas été capables de le faire"… Alors aujourd’hui, devoir encaisser des discours et des mesures qui les accusent de ne penser qu’à eux-mêmes a quelque chose de profondément inaudible et injuste pour cette jeunesse... en Allemagne, et partout ailleurs.

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