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Une attaque criminelle contre l'armée a fait 14 morts mardi dans l'Etat de Guerrero

Le président mexicain AMLO face au piège de la violence tendu par les cartels

6 min
À retrouver dans l'émission

En deux jours, la police et l'armée mexicaine ont été par deux fois confrontées à la violence des cartels dans le sud du pays. Un défi pour le président de gauche AMLO qui dit miser sur des politiques sociales plutôt sur sur l'affrontement. Mystères autour du crash d'un avion présidentiel en RDC.

Une attaque criminelle contre l'armée a fait 14 morts mardi dans l'Etat de Guerrero
Une attaque criminelle contre l'armée a fait 14 morts mardi dans l'Etat de Guerrero Crédits : FRANCISCA MEZA - Maxppp

Au Mexique la lutte de l'Etat contre les cartels connait un regain de violence depuis deux jours. 

Il est vrai qu'elle est endémique, la violence meurtière quasi-quotidienne des groupes criminels de trafiquants de drogue mexicains, entre eux mais aussi contre les forces de l'ordre. Mais depuis lundi la situation a pris une toute autre dimension, et la presse mexicaine s'en émeut donc tout particulièrement. 

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Lundi, donc, nous explique La Jornada, un convoi de véhicules de police est tombé dans une véritable "embuscade tendue par des sicarios", des membres des cartels dans l'Etat de Michoaca, commune d'El Aguaje, au sud de Mexico près de la côte Pacifique.  

Dans cette embuscade tendue en plein coeur du village, 13 policiers ont été tués et neuf autres blessés, un bilan particulièrement lourd, même dans cette région où, comme le reconnait le quotidien la violence des narcotrafiquants échappe aux autorités locales depuis des mois.

Le responsable de cette tuerie, pour La Vanguardia de Mexico, c'est le cartel Jalisco Nueva Generacion qui a d'ailleurs revendiqué son méfait. Ses membres auraient ciblé le convoi de 5 voitures de police "par erreur", nous explique le journal : ils craignaient une attaque d'un clan rival contre la femme d'un de leurs chefs.  Ce serait donc une "méprise" totale, puisqu'officiellement les policiers en question, au nombre de 42 en tout, se rendaient dans une commune voisine pour y escorter une jeune fille victime d'abus sexuels. 

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Mais quoi qu'il en soit, la réponse de l'Etat mexicain a été immédiate, poursuit la BBC : "l'armée a été déployée" dans cet Etat de Michoaca avec 80 soldats et un hélicoptère mobilisés en soutien de policiers qui ont la ferme impression d'avoir été "envoyés à l'abattoir" par leurs responsables dans cette affaire. C'est The Guardian qui reprend cette citation d'un policier mexicain, lequel malgré le fusil d'assaut dont on l'a équipé se sent bien démuni face à des narcotrafiquants qui contrôlent littéralement ces territoires et ces villages.  

Et puis, appeler l'armée en renfort, analyse aussi le Guardian, ce n'est pas anodin pour le président de gauche Andres Manuel Lopez Obrador dit AMLO : depuis son arrivée au pouvoir il y a un peu moins d'un an, ce dernier mise sur la prévention des crimes plutôt que sur la confrontation violente armée/cartels qui avait les faveurs de ses prédéscesseurs et qui selon AMLO n'ont fait qu'aggraver la violence de la situation.  

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L'armée mexicaine a donc été mobilisée lundi, et dès le lendemain une première confrontation virait au bain de sang :  

On est cette fois à 350 km plus à l'Est, de l'autre côté de l'Etat de Michoaca, dans le Guerrero voisin, commune de Tepochica, autre bastion des cartels ; là, nous dit le quotidien Milenio, des soldats de l'armée mexicaine qui s'étaient rendus sur place après un appel d'urgence ont été agressés par des civils armés ; ils se sont défendus et le bilan officiel fait état de 14 morts, un militaire et 13 civils.  

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Sur les lieux de l'affrontement, des armes de gros calibres et trois voiltures volées ont été retrouvées ; là encore, ça semble porter la trace des groupes criminels qui considèrent qu'ils sont chez eux dans ces zones rurales. Ca ressemble à nouveau à un piège, une embuscade comme celle de lundi : plus largement les cartels semblent vouloir prendre AMLO au piège de l'engrenage des violences. Mais le président redit pour le moment au Guardian qu'il va continuer à s'en prendre aux racines de ce qu'il appelle la "décomposition sociale" dont le narcotrafic est selon lui le produit et non la cause.

En République démocratique du Congo, le crash jeudi dernier d'un avion présidentiel soulève de nombreuses interrogations.

Les faits remontent à jeudi dernier, comme nous en informe le site congolais Politico.cd. L'avion de transport de marchandise, de modèle Antonov 72 et de fabrication soviétique, avait décollé de Goma, dans l'extrême-est du pays, la région du Kivu ; il faisait route vers la capitale Kinshasa, avec 8 personnes à bord : quatre membres d'équipage, trois gardes du corps du président FélixTshisekedi, et son chauffeur... car du peu que l'on en sait, l'appareil transportait dans sa soute la jeep blindée du chef de l'Etat. 

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L'avion s'est donc écrasé jeudi dans la jungle, dans la région du Sankuru, à peu près à mi-chemin de son itinéraire prévu. Les débris ont été authentifiés officiellement hier, nous indique le site d'info 4e Pouvoir ; tous les passagers sont morts. 

C'est à partir de là qu'il devient difficile d'avoir des certitudes et que toutes les rumeurs ont circulé ces six derniers jours à Kinshasa : samedi, on a donc vu, rapporte MediaCongo, des centaines de partisans du président Tshisekédi manifester contre ce qu'ils pensaient être une tentative de coup d'Etat, d'assassinat de Félix Tshisekedi, fomenté par son prédescesseur Joseph Kabila qui est censé être son allié au pouvoir. 

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La fièvre complotiste est un peu retombée depuis, mais le flou persiste autour des causes du drame, ainsi qu'autour de la nature du vol et de sa cargaison.  Et l'on revient à cet article de Politico.cd, justement intitulé "ce qu'il faut vraiment savoir" en opposition donc à ces informations qui circulent à tort et à travers. On a par exemple appris, de source diplomatique russe, que parmi les 8 victimes se trouvaient deux citoyens russes, les deux pilotes ; et après vérification, il s'avère que l'un avait été condamné en 2011 à 8 ans et demi de prison au Tadjikistan pour "trafic, traversé illégale de frontière et violation des reglementations internationales en matière de transport" et que l'autre avait été arrêté en 2010 en Thaïlande avec 30 tonnes de munitions d'origine nord-coréenne à bord de son avion. 

Deux CV assez impressionnants, et des doutes également sur l'avion-même : cet Antonov-72, ajoute Politico, échappait depuis des années aux radars internationaux. Les débris de sa carlingue portent une immatriculation qui n'est pas à jour puisqu'elle remonte à une époque assez lointaine où l'appareil appartenait à une compagnie arménienne. Depuis, il a été revendu plusieurs fois à des sociétés dont on ignore à peu près tout. Tout récemmenton apprenait qu'il a été acquis par l'armée angolaise... mais il ne portait pour autant jeudi l'immtriculation en règle qu'il aurait du arborer. 

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Ca fait beaucoup de zones d'ombres pour un seul vol, alors la présidence de RDC a diligenté une enquête, à laquelle la Monusco, la force régionale de l'ONU s'est associée. Et figurez-vous que ce mystère de l'Antonov congolais a fait causer jusque dans la presse russe : des journaux comme le peu sérieux Moskovsky Komsomolets ont fait courir la rumeur que l'oligarque Evgueny Prigozhin, un proche de Vladimir Poutine, se trouvait à bord de l'Antonov et serait mort dans le crash. Il a tout de même fallu une dépêche de l'agence d'Etat RIA Novosti pour dissiper les doutes : Prigozhin est bien vivant, il devait aller à Kinshasa rencontrer Félix Tshisekedi jeudi dernier mais a finalement renoncé à ce voyage pour des raisons personnelles...

Comme quoi de Kisnhasa à Moscou, il est grand temps que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

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