LE DIRECT
 Le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou et Donald Trump ainsi que les ministres des affaires étrangères émirati et Bahreïni ont signé hier les "Accords d'Abraham" à Washington

Emirats et Bahreïn : les nouveaux amis arabes d'Israël

4 min
À retrouver dans l'émission

Israël et les deux monarchies pétrolières du Golfe Emirats arabes unis et Bahreïn s'accordent sur leur reconnaissance réciproque. Quatre pays arabes ont pour le moment reconnu l'Etat d'Israël ; Donald Trump estime que cinq autres pourraient leur emboîter le pas.

 Le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou et Donald Trump ainsi que les ministres des affaires étrangères émirati et Bahreïni ont signé hier les "Accords d'Abraham" à Washington
Le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou et Donald Trump ainsi que les ministres des affaires étrangères émirati et Bahreïni ont signé hier les "Accords d'Abraham" à Washington Crédits : Chris Kleponis - Maxppp

Une "aube nouvelle qui se lève sur le Moyen-Orient": c'est en ces termes que Donald Trump a présenté la "signature d'une déclaration de principe endossée hier par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ainsi que par les chefs des diplomaties de Bahreïn et des Emirats Arabes Unis", rapporte ce matin le New York Times ; une déclaration de principe "que la maison blanche a baptisé "Accords d'Abraham", en référence au patriarche des trois religions monothéiste", poursuit le quotidien. Concrètement les trois pays vont ouvrir des ambassades et nouer des relations économiques dans les secteurs du tourisme, de la technologie et de l'énergie. Les deux monarchies du Golfe sont  les troisième et quatrième pays arabes à reconnaître Israël, après la Jordanie et l'Egypte, ce qui confère à ces accords un certain poids Mais pour autant, remarque Noa Landau dans les colonnes d'Haaretz, "si un extra-terrestre était descendu pour assister à la cérémonie, il aurait pu croire que ces accords mettaient un terme à une guerre longue et douloureuse. Mais de quelle guerre parle-t-on ? demande Noa Landau ; certainement pas d'un conflit avec les Etats du Golfe"... Israël n'a jamais été en guerre avec aucun d'entre eux. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Certes, il s'agit bien d'accords de paix qui ne mettent aucunement fin à la moindre guerre ; mais ils ont tout de même l'intérêt de suggérer que "les Emirats arabes unis et Bahreïn sont aujourd'hui moins pro-palestiniens que l'Europe", titre ironiquement le Times of Israel. "De manière assez incroyable, explique le quotidien, ces accords ne se réfèrent ni à l'initiative de Paix arabe, ni aux résolutions du conseil de sécurité de l'ONU, ni aux lignes de partage de 1967. Même le concept d'une "solution à deux Etats" est entièrement absent. Et les Palestiniens sont à peine mentionnés ! C'est assez incroyable, répète encore le quotidien... "au point que l'Union européenne n'aurait probablement pas pu signer un tel accord" avec Israël.

La presse arabe proche de l'Arabie Saoudite a accueillit positivement la reconnaissance d'Israël par les Emirats et Bahrein
La presse arabe proche de l'Arabie Saoudite a accueillit positivement la reconnaissance d'Israël par les Emirats et Bahrein

Dans la presse arabe, tout dépend de quel côté on se place : du côté de la presse pro-saoudienne, comme le quotidien Asharq Al Awsat publié à Londres par exemple, on couvre l’événement de manière sobre, et plutôt positive parlant d'accords de "normalisation" avec Israël, tandis que dans les médias financés par le Qatar, comme Al Jazeera ou le Middle East Eye on évoque plus volontiers la condamnation de ces accords par les leaders Palestiniens. Le portail de la chaîne Al Jazeera rendant même compte en Une de la manifestation d'hier à Ramallah où quelques centaines de Palestiniens ont défilé pour protester contre ces "Accords d'Abraham".

En Europe, c'est le sort de l'opposant russe n° 1 à Vladimir Poutine : Alexei Navalny qui occupe les éditorialistes. Le blogueur anti-corruption, bête noire du régime poutinien semble se remettre lentement. Pour la première fois, hier, il s'est exprimé publiquement par un post sur Instagram  auprès des quelque 1,7 millions de personnes qui le suivent sur le réseau social. Un post en une photo et un court texte expliquant qu'il arrivait dorénavant à respirer sans assistance médicale.

Alexei Navalny dans sa chambre d'hôpital avec son épouse et ses deux enfants. "Depuis hier je respire sans assistance" a posté l'opposant russe
Alexei Navalny dans sa chambre d'hôpital avec son épouse et ses deux enfants. "Depuis hier je respire sans assistance" a posté l'opposant russe Crédits : Radio France

A Moscou, le déni se poursuit. On se refuse toujours à parler d'empoisonnement de l'opposant. D'ailleurs, le patron du Renseignement de la Fédération de Russie, raconte le service en langue russe de la BBC, a assuré qu'"aucune trace d'empoisonnement n'avait jamais été retrouvé dans le corps de Navalny" quand il était hospitalisé à Omsk ; et, poursuit-il, ce n'aurait pas pu être un empoisonnement au Novitchok (le désormais célèbre agent chimique développé par les soviétiques et qui a failli tuer l'ancien espion Sergei Skripal et sa fille en Angleterre en 2018) parce que la Russie a détruit tous ses stocks de ce produit". Sergei Naryshkin, remarque encore la BBC, en viendrait presque à accuser l'Allemagne d'avoir elle-même empoisonné Navalny au Novitchok.

En la matière, "la réaction de Moscou est en tout point conforme, note encore le correspondant russe de la chaîne britannique, à sa politique bien connue : la meilleure défense c'est toujours l'attaque".  Pourtant, même en Russie, l'empoisonnement de Navalny ne semble pas vraiment faire de doute ; l'agence Reuters est ainsi allé interroger les secouristes qui sont intervenus auprès d'Alexei Navalny dès l'atterrissage d'urgence de son avion à Omsk le 20 août. Ils sont unanimes et avaient tous diagnostiqué un empoisonnement dès le début. 

Pour l'hebdomadaire allemand la complexité du poison utilisé contre Alexei Navalny implique nécessairement une complicité de l'appareil d'Etat russe.
Pour l'hebdomadaire allemand la complexité du poison utilisé contre Alexei Navalny implique nécessairement une complicité de l'appareil d'Etat russe.

Quant à la nature du poison, trois laboratoires indépendants, en Allemagne, en Suède et en France ont chacun identifié un agent de type Novitchok dans les échantillons prélevés sur Alexei Navalny...  "Les scientifiques de l'institut de pharmacologie et de Toxicologie des forces armées allemandes estiment que la substance découverte est une nouvelle version du composé Novichok, note Der Spiegel... un nouveau poison dix fois plus dangereux que les précédentes formes connues", précise encore l'hebdomadaire.

Et d'ailleurs, signale Der Spiegel, "la composition de ce poison est, pour les autorités allemandes la plus importante indication comme quoi le président russe Vladimir Poutine pourrait être directement impliqué" dans cette  tentative d'assassinat. En effet "plus la composition chimique du poison est complexe, plus elle est nouvelle et peu commune, plus il semble certain qu'il n'a pu être obtenu qu'avec l'aide de l'appareil d'Etat russe". Or l'appareil d'Etat aujourd'hui en Russie, c'est en grande partie... Vladimir Poutine.

Chroniques

7H40
46 min

L'Invité(e) des Matins

Jared Diamond est l'invité exceptionnel des Matins
L'équipe
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......