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MAnifestation anti-chinoise à ahmedabad en Inde le 16 juin 2020

Pugilat mortel sur la frontière entre la Chine et l'Inde

6 min
À retrouver dans l'émission

Un affrontement physique entre soldats indiens et chinois dans la région frontalière du Ladakh a fait une vingtaine de morts, une première depuis des décennies dans ce conflit en sommeil depuis 1962 mais jamais vraiment réglé. La presse britannique s'enflamme pour un "remède-miracle" à la Covid-19.

MAnifestation anti-chinoise à ahmedabad en Inde le 16 juin 2020
MAnifestation anti-chinoise à ahmedabad en Inde le 16 juin 2020 Crédits : SAM PANTHAKY - AFP

Aujourd'hui comme hier, l'actualité internationale nous appelle en Chine et en Inde.

Et même sur la frontière entre les deux géants asiatiques, pour autant que cette frontière existe : dans les hautes vallées du Ladakh, en plein Himalaya, je vous avais dit il y a deux semaines qu'on assistait à un regain de tensions entre les armées de Pékin et de New Delhi.  Eh bien ces frictions frontalières ont culminé ce mardi, comme nous l'annonce la chaîne indienne NDTV, avec des affrontements entre soldats qui ont fait 20 morts coté indien ; côté chinois c'est moins clair, on parle sans confirmation officielle de 43 victimes dont au moins un mort.

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Pour rappel du contexte géopolitique et historique, on se plongera dans l'article de Mark Santora dans le New York Times : on se souviendra que, pour le contrôle de ces vallées désolées du Ladakh, Pékin et New Delhi se sont affrontés, physiquement, en une guerre qui a duré un mois et un jour, en 1962 ; qu'ensuite des négociations se sont éternisées, jusqu'en 1980 où la LAC, la "ligne de contrôle véritable", a été définie, sur la carte, entre les deux voisins... sauf que sa transcription sur le terrain n'a jamais vraiment fait consensus, et qu'en fait, résume Mark Santora, "cette guerre du Ladakh n'a jamais vraiment pris fin".  

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Depuis 60 ans, donc, les deux armées s'observent, s'évitent, à une distance de plus en plus réduite : les Chinois ces derniers mois ont multiplié les manœuvres militaires, construit une autoroute et même une piste d'atterrrissage, grignotant à chaue fois un peu de terrain dans cette vallée de Galwan en particulier où a eu l'accrochage meurtrier.  

Jusque-là, jamais il n'y avait eu de morts à déplorer dans ces frictions, et même ce mardi on ne sait pas exactement ce qui a conduit à autant de pertes humaines : car, précise The Indian Express, il n'y a apparemment eu aucun échange de feu de part et d'autre ; l'affrontement a eu lieu, d'après ce qu'ont en sait et c'est bien peu, à coup de batons, de jets de pierre et à mains nues. D'autant plus paradoxal que l'on parle là, faut-il le rappeler, de deux puissances régionales qui possèdent l'arme nucléaire.

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Toujours est-il que cette fois les tensions au Ladakh ont fait des morts, et cela pourrait bien changer le rapport de force entre les deux pays. Car, c comme l'annonce The Wire côté indien, la Chine semble en sortir victorieuse puisqu'elle proclame désormais sa souveraineté sur la vallée de Galwan. C'est la première fois depuis des décennies qu'elle se permet cet affront aux accords précédents., mais pour les Chinois, vous vous en doutez et l'agence officielle Xinhua nous le confirme, ce sont les Indiens qui ont provoqué cette montée de tension en franchissant la ligne de contrôle et ce sont également eux qui doivent faire preuve à présent "de retenue et de dialogue".

Quelle attitude l'Inde de Narendra Modi va-t-elle adopter, face à ces nouvelles prétentions chinoises ? Le Premier ministre doit "garder la tête froide, sans s'écraser pour autant face à Pékin", lui conseille l'éditorial de l'Indian Express daté de ce mercredi. L'idée centrale, c'est qu'il ne faut pas se laisser embarquer dans l'escalade des tensions frontalières, ce piège tendu sciemment et en haut lieu par les Chinois.

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Facile à dire, reconnaît l'éditorialiste indienne Barkha Dutt dans le Washington Post : ce qui s'est passé hier au Ladak était "une agression caractérisée menée en terre indienne par les Chinois", une provocation frontale qui "doit ôter à l'Inde toute ses illusions sur la nature de ses relations diplomatiques avec Pékin". "Oubliez le Pakistan et le Cachemire, professe la journaliste, l'adversaire véritable de l'Inde aujourd'hui c'est la Chine ». 

Et comme l'affirme Julian Borger dans The Guardian, vues les manifestations anti-chinoises que l'on a vu éclater ce mardi dans plusieurs régions de l'Inde, vus les appels au boycott des produits chinois qui se multiplient avec un vrai discours nationaliste anti-chinois qui prend comme une traînée de poudre dans une bonne partie de la  population indienne, même si Narendra Modi s'en tient à sa ligne d'opposition soft à Pékin, il va se retrouver soumis à une pression politique très forte qui pourrait bien le forcer à hausser le ton. 

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Que peut-il se passer alors ? The Guardian parle d'une "spirale qui pourrait echapper au contrôle des deux puissances asiatiques". Pour le moment l'Amérique de Donald Trump regarde ailleurs mais elle pourrait se proposer comme médiatrice. Est-ce que ce serait vraiment de nature à nous rassurer ? Je vous en laisse juges.

On parle médecine à présent avec la presse britannique qui s'enthousiasme pour un soi-disant remède-miracle contre la Covid-19.

Un remède efficace, disponible et pas cher...mais surtout une "success-story 100% British", comme le souligne le responsable sciences du Times Tom Whipple : la dexaméthasone, puisque c'est le nom de cet anti-inflammatoire stéroïdien dont on nous dit qu'il permet de réduire d'un tiers le risque mortel pour les malades atteints des formes les plus sévères de la Covid-19, la dexaméthasone, donc, serait un exemple parfait de sérendipité pharmaceutique : ce genre de médicament que tous les hopîtaux ont dans leur pharmacie, que des médecins ont testé sur les malades du coronavirus, par bon sens mais un peu à l'aveugle au début il faut bien le dire, et qui ont vite donné des résultats plus que probants.  

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On les trouve, ces résultats, ébauchés dans l'article publié par la revue Nature sur les essais cliniques menés depuis Mars. La dexaméthasone, nous dit-on, est "le premier médicament dont on a pu prouver qu'il sauve bien des vies" : 20% de risque mortel évité pour les malades atteints de formes les plus sévères de Covid-19 et placés sous oxygène en réanimation, -35% de mortalité chez les patients sous respirateur.  

Les scientifiques en charge de l'essai clinique affirment à la BBC que, "si on avait donné ce corticoïde à tous les malades britanniques concernés, on aurait sauvé environ 5000 vies".

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Alors forcément, Boris Johnson le Premier ministre britannique a salué cette "grande réussite nationale", la NHS, la Sécurité sociale d'outre-manche, a immédiatemment fait savoir qu'elle débloquait ses stocks du fameux médicament. Et ça tombe bien puisqu'elle avait commencé à les remplir, ces stocks, en prévision depuis des mois, il y a donc 200 000 doses immédiatemment disponibles d'après le New York Times

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Car, et c'est ce sur quoi insistent les tabloïds ce matin, la dexaméthasone coûte peu cher : une demi-livre par jour pendant 10 jours de traitement. Vraiment pas cher, s'il s'agit de "vaincre la Covid", s'emporte déjà le Daily Mail en Une... Attention, tout de même : les résultats complets de l'éssai clinique vérifiés par des chercheurs indépendants nont pas encore été publiés ; il est donc sans doute un peu tôt, si l'on est pas un Britannique un brin revanchard sur la question du coronavirus, pour crier au "British miracle".

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